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28 juin 2006

La crise est passée, rien n'est réglé

Nous traversons une grave crise de la démocratie et de la gouvernance publique. Bien sûr, la presse fait son travail de même que l'opposition. Chacun sent bien, comme dirait Didier Reynders, que ces pratiques se passent "ici et maintenant".

L'audit du logement social est catastrophique. Van Cau est réélu, on ne sait trop comment, avec 82%. Remarquable enquête hier du Soir sur les pratiques écoeurantes (désolé pour les âmes sensibles et politiquement correctes) des Daerden (ministre et député) à Liège.

Mais l'été est là, avec la chaleur, les apéros, la coupe du monde, la disparition tragique des deux petites filles,...

Elio Di Rupo et le PS peuvent souffler, la crise est passée. Les sondages ne sont pas bons, mais pas dramatiques non plus. Le PS a retrouvé son arrogance, distribuant les "c'est indigne, ...c'est indécent" et fustigeant tous ceux qui dénoncent un système plutôt que des dérives individuelles. Répétons-le : même si elles diffèrent en sens et en gravité, toutes les "affaires", depuis celle du cabinet de madame Arena, relèvent pourtant de la particratie institutionnalisée et de l'hégémonie du PS.

La crise est passée, rien n'est réglé.

Et puis, il y a la pension à 1.000 euros ... en 2011. Le PS retrouve son terrain favori, le social gratuit. C'est évidement démagogique et indécent, lorsqu'on sait que nombre de professions gagnent seulement 1.200 euros par mois et que le taux de remplacement de la pension dans le secteur privé n'est, aujourd'hui, que de 35% environ. Mais ça fonctionne toujours et en 2011 tout le monde aura oublié.

PS. Et avec l'été, on ne vous garantit plus un post quotidien...

12 juin 2006

Crise de régime et sursaut démocratique

Le Soir a publié ce week-end ma carte blanche intitulée "Crise de régime et sursaut démocratique".

03 juin 2006

Bon week end

Ce dimanche, je suis invité à "controverse", avec Pascal Vrebos, sur le thème "Les affaires PS : comment en sortir ?"

A ce sujet, voir "Grave crise de la gouvernance publique" publié sur ce blog le 26 mai.

26 mai 2006

Crise de la gouvernance publique

J'ai présenté aujourd'hui à la presse une analyse et dix propositions concrètes par rapport à la grave crise de la gouvernance publique que nous vivons actuellement et qui a des conséquences bien au-delà de Charleroi.

PS. Dimanche de 11 à 12 heures, je serai l'invité de Fabrice Lambert sur Radio contact.

"Belgique : le dernier quart d'heure ?"

Gendebien Je ne connaîs pas Paul-Henry Gendebien, mais il mérite mieux que le semi anonymat dans lequel il est retombé et la caricature que l'on fait parfois de ses propos. Du moins si j'en juge par la lecture de son dernier petit libre "Belgique : le dernier quart d'heure ?".

Il n'y a pas grand chose à ajouter à sa brillante étude de la Wallonie : "L'essentiel, c'est que le système reste en place" ou encore "La démocratie, c'est la révocabilité du pouvoir. En Wallonie le pouvoir n'est plus révocable!". Son analyse de "L'échec historique du fédéralisme belge" est également assez lucide et parfois cruelle. "La barrière francophone était en papier mâché ". On le suit jusqu'à la page 134, puis on tombe dans le plaidoyer pour le rattachement à la France et le RWF qui fait notamment l'impasse sur l'intérêt économique qu'aurait la Wallonie à se rattacher à la France. Certaines de ses 17 propositions pour une "citoyenneté républicaine" rejoignent celle de "Démocratie ou particratie : 120 propositions pour refonder le système belge" et mériteraient d'être au moins discutées.

A mon avis, la meilleure analyse récente du fonctionnement de notre système. On en recommande vivement la lecture.

19 mai 2006

Ducarme - Van Cau : destins croisés

Ducarme et Van Cauwenberghe : deux ex-ministres présidents, deux démissions, mais les ressemblances s'arrêtent là.

Le premier a commis une terrible erreur. Ayant omis de déclarer ses revenus, il n'a cependant jamais cessé d'être dans le collimateur du fisc qui n'ignorait rien de ses revenus. Tôt ou tard, il n'avait aucune chance d'échapper à la machine fiscale. D'où une démarche qui relève, à mon avis, davantage de la psychanalyse (une sorte de prise de risque permanente avec la vie et une tendance au suicide politique ?). Daniel Ducarme s'est mis en règle, mais chacun sent bien que sa carrière est brisée. Pas une interview sans qu'on lui rappelle ses "ennuis fiscaux". C'est désormais un homme seul, tombé de très haut en un seul jour ... Plus dure sera la chute.

Le second a construit au fil du temps un formidable appareil clientéliste. Maître inconstesté à Charleroi depuis 20 ans, il n'aurait rien à voir avec les scandales à répétition et les inculpations successives de ses proches. Dérives individuelles, certes, mais pas de mise en cause d'un système : "Pas d'amalgame" dit Di Rupo. Personne n'a trop cherché à creuser le conflit d'intérêt évident, qui aurait obligé Van Cau à la démission immédiate dans toute démocratie civilisée, entre ses fonctions publiques et son cabinet d'avocat privé alimenté pour l'essentiel par les sociétés publiques dirigées par ceux qu'il y avait placés. Responsable aussi pour toute une génération du drame économique et social de la ville de Charleroi et de sa région, malgré les aides européennes et les transferts de Flandre qui sponsorisent son pouvoir et masquent - un peu - son incompétence.

Mais depuis sa démission Van Cau parade, propose une constitution, qui a pour but ... "le bonheur des Wallons" (on ne rit pas) et, jusqu'à présent, est invité partout.

Ducarme - Van Cau : deux poids, deux mesures ?

18 mai 2006

Vive les cumuls !

Grâce au blog de Fabrice Grosfilley, puis au Soir, on a appris que le mayeur de Flémalle  était dans le collimateur du "comité d'audit du PS". La situation illégale de Gilbert Van Bouchaute est pourtant bien connue depuis longtemps de tous ceux qui - politiques et médiatiques - voulaient s'en donner  la peine. Si on connaît l'omerta qui règne souvent au sein du monde politique (critiquer un collègue qui viole les lois sur les cumuls que nous avons nous-mêmes votées, c'est du poujadisme paraît-il), on s'étonne davantage du long silence de la presse.

Puisque le cas est public, allons-y de quelques précisions. Van Bouchaute est directeur général de la Société Liégeoise du Gaz (SLG), une intercommunale 100% publique ... dont sa commune est actionnaire : bonjour le conflit d'intérêt. Pour le mayeur, ce job n'entre pas dans la loi limitant les cumuls de rémunérations à 150% de l'indemnité parlementaire car, il ne s'agirait pas d'une nomination politique ... Dans une intercommunale 100% publique, il faudrait expliquer. Pour tout autre directeur non politique, il s'agirait d'un boulot à temps plein, mais Gilbert cumule avec la SLG 33 mandats dont 13 rémunérés. En 2005, dans le cas de la SFL (100% publique), pour éviter la règle des 150%, il a abandonné son poste de président pour devenir ..."coordinateur-directeur" ... avec la même rémunération. Au total, un calcul sommaire, donne des rémunérations issues du seul secteur public largement supérieures à celle d'un ministre.

Problème : le législateur n'a pas prévu de sanction en cas de non respect sur le nombre de cumuls (c'est aussi le cas d'Yvan Mayeur) ou de la règle des 150%. S'il s'agit d'un parlementaire, le bureau de son Assemblée peut en discuter. Pour les bourgmestre et échevins, rien n'est prévu. Ce ne sont pas les règles internes du PS qui posent problème, mais l'application de la loi.

Ajoutons que Van Bouchaute est un des hommes clé du dispositif Daerden en région liégeoise et étonnons-nous si quelques brebis égarées en concluent qu'il y a quelque chose de pourri au Royaume de Wallonie et votent (oh horreur!) pour l'extrême droite.

04 mai 2006

Un Giro très politique ...

A quelques mois des communales (pur hasard), le Tour d'Italie cycliste traverse la Wallonie, ou plutôt le PS avec une étape Cdh.

Le prologue se déroulera le 6 mai, chez les Mathot, sous les télégéniques paysages de hauts fourneaux à l'arrêt. Le lendemain sera une étape Di Rupo - Van Cauwenberghe (programmée avant le scandale imprévisible de la Carolo, sinon c'était Mons-Mons). Le 8 mai, les cyclistes partiront de Perwez (dont le bourgmestre est le ministre Cdh Antoine) et rejoindront Namur (bourgmestre Anselme, PS). Enfin, le dernier jour, le président de la fédération PS de Huy Waremme et bourgmestre de Wanze Claude Parmentier donnera le départ de sa bonne commune (car à majorité absolue PS) vers celle .. du ministre Courard, bourgmestre de Hotton (autre bonne commune pour les mêmes raisons).

L'observateur perspicace des arcanes politiques wallonnes aura noté que toutes les provinces sont servies et qu'avec un passage par des villes au patrimoine aussi riche, le prestige wallon en sera rehaussé.

Attendons-nous, cet été, à un afflux de touristes italiens vers Seraing et Hotton.

PS. Pour les naïfs qui pensent que le PS bruxellois est différent du wallon, lire l'interview de Jacques Oberwoits sur IRIS (les hôpitaux bruxellois) dans la Tribune de Bruxelles. On y apprend par exemple que le populaire Yvan Mayeur a licencié 3 fonctionnaires dirigeants d'hôpitaux pour y placer des créatures PS.

16 mars 2006

L'absentéisme (suite)

J'ai lu les 46 réactions sur ce blog et la presse qui a, en général, correctement rendu compte de mon rapport. Ce qui m'attriste c'est de voir qu'une critique de la gestion publique puisse être assimilée par certains, comme le Ministre Dupont, à une critique des fonctionnaires.  En quoi critiquer les mauvaises politiques wallonnes constitue-t-il une critique des Wallons ?  En quoi critiquer l'absence de gestion d'un phénomène comme l'absentéisme est-il une critique des agents publics ? Il faut une bonne dose de mauvaise foi pour faire ce genre d'amalgame. Je demande à mes détracteurs : niez-vous les abus, niez-vous que l'absentéisme est un sérieux problème dans certaines administrations ? Les commentaires sur ce blog en apportent une série d'exemples manifestes. Le pire est l'accusation, que je trouve indigne, de "faire le jeu des flamands" : préférons la tête dans le sable pour ne pas affronter la réalité.

PS. voir le Forum sur Télémoustique

15 mars 2006

L'absentéisme dans le secteur public

Ce mercredi 15 mars, je publie un rapport sur l’absentéisme dans le secteur public qui présente une vue d’ensemble de la situation en Belgique.

LAbsentismee taux d’absentéisme pour cause de maladie du secteur privé (4,77%) est généralement nettement inférieur à ceux du secteur public. Les taux d’absentéisme les plus importants sont ceux de la Poste ( 8.81 %), de la Police (8%) et du TEC (entre 7.37 % et 9.69 %). Mais, tous les services publics ne sont pas pareillement touchés par le phénomène. A la Poste, les absences varient du simple ou double selon les provinces. Avec respectivement des taux de 3.8 % et de 3.78 %, le Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale et de l’enseignement flamand - qui font appel tous deux à des sociétés privées de contrôles médicaux - sont des exemples en matière d’absentéisme. En 2004, le taux d’absentéisme pour les employés du Ministère de la Région wallonne - 6.24 % - et du Ministère de la Communauté française - 6.55 % - représentaient presque le double de ceux de la Région bruxelloise et du personnel enseignant flamand ! Le contrôle médical y est assuré par le Medex du Gouvernement fédéral (anciennement Service de santé administrative).

Le contrôle médical privé apparaît plus efficace que le contrôle médical public.  Il faut donc soit sous-traiter aux entreprises privées spécialistes du contrôle médical, soit améliorer l’organisation des contrôles du Medex. Autre conclusion : le manque d’homogénéisation statistique dans l’évaluation de l’absentéisme complique considérablement la récolte d’informations comparables. Il est quasi impossible d’établir des relations entre l’absentéisme et des critères tels que l’âge, l’ancienneté, le sexe, le niveau de formation ou encore le niveau hiérarchique.  Il est nécessaire d'améliorer la connaissance des comportements d'absentéisme dans le secteur public pour mener des politiques préventives efficaces.

En effet, entre "l'absentéisme blanc" (les personnes malades) et "l'absentéisme noir" (les fraudeurs), existe une zone grise qui est influencée par les conditions de travail, l'environnement socio-économique, les structures d'accueil de la petite enfance, etc. A côté du contrôle, c'est sur ces facteurs qu'il faut agir en priorité car l'absentéisme dans le secteur public a un double coût : en termes financiers et d'organisation des services.

Je formule 8 propositions pour améliorer la situation.