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19 juin 2006

Le quartier Saint-Léonard de Liège

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La bonne surprise du jour est mon arrivée dans le fameux baromètre trimestriel de la Libre Belgique où je réalise à Bruxelles le troisième résultat des libéraux de la Région après Jacques Simonet et Armand De Decker.

Anniversaire et actualité aidant, j'ai envie d'évoquer ce quartier Saint-Léonard à Liège où j'ai grandi et passé toute mon enfance. C'était déjà un quartier populaire, mais les immigrés, au demeurant très bien intégrés, étaient surtout Espagnols et Italiens. A l'école primaire de la Vieille montagne, mes meilleurs amis s'appelaient Angelo Arena et Francisco Arguëles. Le quai Saint-Léonard, parallèle à la rue du même nom, comprenait plusieurs rangées de trottoirs, une piste cyclable, une rligne d'arbres et une pente douce vers la Meuse, avec la possibilité de se promener au bord de l'eau. Puis est venue la folie du béton avec la suppression de la pente, des arbres, de la piste cyclable et de toute verdure au profit d'une voie rapide sans âme. Il y eût même le creusement d'un tunnel pour le métro qui ne vit jamais le jour. Un jour, au milieu des années 70, mon père nous annonça le déménagement de l'Ecole internationale (anglophone) qui se trouvait sur le quai vers ... Maastricht, tout un symbole.

Dans le quartier, l'Athénée Royal de Liège II offrait un des premiers enseignements "rénovés". Mes parents étant très réticents devant cette réforme, je me suis retrouvé à l'Athénée de Liège I où l'enseignement restait "classique", ... avant que le rénové n'emporte tout.

16 juin 2006

Tests standardisés à l'école

Histoire vécue par beaucoup de parents. A l'école, tout va bien, les résultats sont bons, voire très bons. Puis vient l'examen diocésain ou cantonal et l'enfant échoue ou obtient des résultats très moyens. Pour l'enseignant, il n'y avait pas de problème, mais l'évaluation externe relève qu'il y en a pourtant bien un !

Je crois dans l'utilité des tests standartisés, en français et en mathématiques, à l'échelle de la communauté française, qui permettront aux élèves, aux parents, comme aux professeurs de mieux évaluer les problèmes afin d'y remédier. Nous avions proposé cette mesure dans "L'école de l'échec : comment la réformer ?" et elle vient d'être adoptée par le gouvernement de la Communauté française.

Dans chaque classe, quel que soit le niveau, les résultats des élèves tendent à se distribuer selon une "courbe de Gauss". Mais ces courbes sont parfois très loin de se recouper étant donné les énormes différences entre classes et entre écoles. D'où aussi, l'intérêt de ces tests qui contribueront à mieux renseigner parents et enseignants. Et, à mon avis, pousseront la qualité du "système scolaire" vers le haut : une priorité en communauté française comme l'ont montré les résultats de l'étude internationale PISA.

13 juin 2006

Echanges belgo-belges

Pour favoriser l'apprentissage des langues et encourager la mobilité entre les communautés française, flamande et germanophone, un Erasmus belgo-belge permet depuis 2004 des échanges d'étudiants entre les trois communautés.

Selon le Vif/L'Express, depuis l'année scolaire 2004-2005, les étudiants du supérieur (universitaire ou non) peuvent ainsi passer de trois mois à un an dans une Haute école ou une université d'une autre communauté.

Pour l'année 2004-2005, 244 élèves des Communautés flamande et francophone ont participé au programme. On recensait plus du double d'élèves du côté francophone (167) que du néerlandophone (77).

Les trois communautés ont décidé de lancer le même programme pour les enseignants du supérieur, universitaire ou non, à partir de l'année scolaire 2006-2007.

Ces initiatives sont soutenues par la Fondation Prince Philippe dont l'un des objectifs est de promouvoir le dialogue entre les communautés.

01 juin 2006

Le chinois à l'école et le Dalaï Lama

Première langue dans le monde en nombre de locuteurs, le chinois est parlé par 20% de la population mondiale. Héritière d'une très riche culture, la Chine est en passe de devenir la deuxième économie mondiale. Partout, l'enseignement du chinois est en pleine expansion. Aux Etats-Unis, il connaît un grand succès; en Angleterre, certains collèges le rendent obligatoire comme seconde langue; en France plus de 7000 personnes l'étudient déjà dans le secondaire,...

En communauté française, une seule école (Sainte Véronique à Liège) offre des cours à option dans le secondaire et madame Arena ne prévoit rien. Hier, j'ai déposé une résolution visant à organiser au moins une offre de cours de chinois en 3ème langue, à Bruxelles et dans chaque province de Wallonie. A mon niveau, j'essaye ainsi de moderniser notre pays et de l'adapter aux enjeux contemporains.

Hasard du calendrier, nous recevons aujourd'hui le Dalaï Lama au Sénat. Guide spirituel ou leader politique? Comme beaucoup de monde, j'ai une vague sympathie pour cet homme (et pour le bouddhisme qui m'apparaît plus tolérant que les monothéismes). Mais, il y a quelques années, j'ai lu une réflexion de Pascal Bruckner, que j'ai trouvée pertinente, sur l'échec total de son combat politique. De fait, cet homme souriant a échoué à faire de l'occupation du Tibet un enjeu international. Ainsi donc, en ménageant un peu le calendrier, on peut le recevoir en grande pompe dans l'hémicycle du Sénat sans fâcher sérieusement Pékin, alors que notre auguste Assemblée ne veut pas recevoir l'ambassadeur de Taiwan, une authentique démocratie, même pour une audition en commission. Décidément, il y aura toujours quelque chose qui m'échappera dans la real politik.

PS: Retrouvons-nous à mon "Grand Barbecue d'été" ce dimanche 18 juin à Auderghem?

24 mai 2006

Enseignement sponsorisé au Royaume Uni

Tony Blair, le premier ministre britannique… travailliste, relance l’idée exprimée en début de mandat, d’élargir le concept d’écoles sponsorisées par les entreprises, Blair entend ainsi « sauver l’école publique en difficulté grâce au monde des affaires ». L’idée ? Outre une enveloppe budgétaire publique, les lycées seraient soutenus financièrement par un sponsor au même titre que certains musées ou une équipe de football mais moyennant une solide "charte pédagogique" et un contrôle public.

Plusieurs « Académies », comme on les appelle, sont en voie d’être créées ou déjà opérationnelles. C’est le cas de la « King’s Academy » sponsorisée par Peter Vardy, un magnat de l’industrie automobile, « très fier de son école ». Celle-ci n’est pas plus chère pour les parents. Aucune sélection à l’entrée n’est opérée. Mais, en bout de course, on vise l’excellence.

Soucieuse de l’égalité des chances, la gauche britannique entend ainsi faire profiter à tous, y compris les classes défavorisées, du concept des écoles privées britanniques. Celle-ci sont d’un très haut niveau mais chères (environ 1.700 euros par an et par enfant) et présentent de solides files à l’entrée.

Des entreprises dans les écoles et l'égalité des chances conçue comme un meilleur accès aux écoles privées ? Voilà qui devrait susciter le débat chez nous où l'égalitarisme abstrait prédomine alors que dans la réalité chacun sait que les écoles sont très inégales.

16 mai 2006

Directeurs impuissants

Depuis des années, on parle d'un nouveau statut des directeurs d'écoles. C'est (presque) chose faite : le gouvernement de la communauté française a pondu un texte de 151 articles et 135 pages !

Qu'attendre d'un directeur ? Rêvons un peu. Le directeur pourrait diriger l'école, engager les nouveaux enseignants, animer une équipe de professeurs, gérer un budget de fonctionnement, prendre des initiatives, rendre compte à un conseil d'administration proche de l'école, composé de représentants du pouvoir organisateur et des parents.

De tout cela, il ne fera presque rien. Le projet de décret en fait surtout un superbureaucrate. Les syndicats participeront "en tant qu'observateurs" au processus de recrutement. Une fois nommé, lorsqu'il sera "évalué" (par une commission qui risque d'être politisée), même s'il est très mauvais, il devra au pire suivre une formation ou voir sa "lettre de mission" modifiée (mais ni son statut, ni sa fonction, ni son salaire).  Une "évaluation" qui ne peut déboucher sur une sanction ne mérite à l'évidence pas ce nom. Il n'a rien à dire sur l'engagement des nouveaux professeurs et ne dispose de quasi aucune autonomie pour gérer un budget. Plutôt que de s'attacher à réduire la paperasserie - le cadre réglementaire de l'enseignement, c'est plus de 1.600 textes normatifs et environ 300 circulaires par an - ils se verront attachés du personnel supplémentaire à cette fin.

En bref, ce "nouveau" statut est une véritable caricature de la malgouvernance et de la "vraie fausse réforme" qui n'arrange rien. Par rapport à la situation désastreuse mise en évidence par PISA, il s'agit d'une nouvelle occasion manquée. Chaque parent le sait : le rôle du directeur est décisif dans la réussite d'un projet scolaire et d'une école.

09 avril 2006

Enseignement : comment l'améliorer ?

"Notre enseignement ne souffre pas d'une insuffisance de moyens financiers, ni d'un nombre trop faible d'enseignants". Robert DESCHAMPS, chercheur à la Faculté des Sciences économiques de l'Université de Namur, dans une étude récente (mars 2006) intitulée "Enseignement francophone: qu'avons-nous fait du refinancement ? ", dénonce le paradoxe de notre enseignement : "beaucoup de moyens et de trop faibles résultats" !

Quels sont les moyens budgétaires à destination de l'enseignement francophone depuis le refinancement des Communautés en 2001 ? Entre 2001-2006, les dépenses d'enseignement ont augmenté de 916 millions d'euros, soit plus du double du refinancement de la Communauté française qui atteint  403 millios d'euros en 2006. Les dépenses de l'enseignement obligatoire, compte non tenu des bâtiments scolaires, ont crû de 20.2 % (692 millions d'euros). Un taux de croissance supérieur à celui des recettes totales de la Communauté française qui augmentaient de 16.01 % (1.030 millions d'euros).

Selon Deschamps, les comparaisons internationales montrent que les dépenses publiques d'enseignement, en pourcentage du PIB, sont en Communauté française les plus élevées du monde après le Danemark. Le taux d'encadrement est aussi plus favorable que la moyenne européenne. Nous dépensons par élève autant que la Flandre qui est plus riche. "Malgré le niveau et la hausse des moyens, les performances ne sont pas brillantes" ! Plutôt qu’à un déficit, nous sommes confrontés à une utilisation inadéquate des moyens. Notre enseignement souffre aussi du cloisonnement entre les réseaux et les écoles.

Comment remédier au retard et à la détérioration de notre enseignement ? Dans un livre intitulé « L’école de l'échec : comment la réformer ? » (2004), Vincent Vanderbergue et Guy Vlaeminck et moi-même identifions des propositions d'actions - qui rejoignent quelques-unes des pistes de réflexion de l'étude de l'Université de Namur. Il est nécessaire de faire confiance aux professeurs et de les remotiver en leur proposant un contrat d’objectifs, d'arrêter de gérer le système scolaire par la pédagogie imposée et la circulaire administrative au profit de l’autonomie de gestion des établissements et d’une évaluation externe des résultats, moteur principal de l’amélioration des performances. Si j'ai évolué depuis sur certains aspects, je reste convaincu que ces deux derniers points sont fondamentaux si nous voulons relever la qualité de l'enseignement.

PS. Première pause de ce blog après 3 mois. Je vous retrouve le mardi 18 avril, juste après Pâques.

29 mars 2006

Recyclage pour enseignants

Un enseignant m'a fait parvenir un nouveau témoignage, que je vous livre ci-dessous :

"Hier, j'étais "invité" à une journée de formation obligatoire au titre particulièrement attirant : "L'évaluation dans le cadre de la pédagogie des compétences". Conditionné par l'expérience, j'ai l'habitude de penser que ce genre de journée de formation nous tient inutilement éloignés de nos classes, ne nous apprend rien, et ne nous apporte que peu d'outils utilisables en classe. La journée devait hélas confirmer mes appréhensions.

Le rendez-vous était à 9h00 dans une école bruxelloise. Bons élèves, la plupart des enseignants étaient sur place entre 8h30 et 8h45. Les inspecteurs, qui organisaient la formation, sont arrivés entre 9h15 et 9h20. Les règlements ne sont apparemment pas faits pour ceux qui les font.

A 9h30, nous pénétrons dans les salles de cours. L'inspecteur qui nous dispense la formation nous apprend qu'il attendait une quarantaine d'enseignants. Nous sommes  moins, mais c'est fort heureux, car nous trouvons à peine assez de bancs pour nous asseoir. Prévoyance, quand tu nous tiens.

L'inspecteur distribue un premier paquet de photocopies ... avant de se rendre compte qu'il s'est trompé de documents. Il faut au final plus de vingt minutes pour que chacun finisse par se trouver en possession de l'entièreté des documents. En classe, ce genre d'opération nous prend en moyenne trois à cinq minutes : la perte de temps doit être réduite au minimum afin de ne pas empiéter sur le cours proprement dit.

Nouvelle déception : la majorité des professeurs présents dans la salle enseignent en humanités techniques ou professionnelles. Les exemples distribués concernent tous l'enseignement général, dont les programmes et les "profils de compétences" sont fort différents. Il faudra attendre la fin de la journée de formation pour enfin voir un exemple d'application dans l'enseignement technique, exemple dont nous apprenons qu'il nous sera de toute façon peu utile puisqu'il n'a pas encore été "validé par l'inspection".

Autre perle de la journée : l'inspecteur insiste sur la nécessité de rédiger les questions d'interrogation dans un français simple pour "éviter que les élèves qui ne maîtrisent pas le français soient désavantagés". Vous avez dit "nivèlement par le bas" ?

La pédagogie des compétences semble, lorsqu'on y regarde de plus près, un fort intéressant outil pédagogique. Malheureusement, l'incompétence et l'amateurisme qui règnent au ministère ont rendu son application pénible et difficile à comprendre pour les vrais "acteurs de terrain", les professeurs au sein de leurs classes. Les "formations" laborieusement dispensées ne lèvent aucune incertitude et n'offrent aucune aide concrète aux enseignants qui tentent vaille que vaille d'appliquer le nouveau système.

Une dernière absurdité pour la route ? La définition du terme "compétences" dans le décret-mission de la Communauté Française n'est pas la même que celle utilisée par les commissions chargées de
rédiger les programmes."

28 mars 2006

Harvard - ULB : le match

Visite à l'ULB, orientée "recherche". Le président du Conseil propose lui-même la comparaison entre l'ULB et Harvard: les deux universités ont à peu près le même nombre d'étudiants, vingt mille. Harvard est numéro 1 dans le classement reconnu de l'Université Jiao Tong de Shanghai; l'ULB se situe dans un groupe entre la 101ème et 152 ème place avec Gand, l'UCL et la KUL. Harvard compte quatre fois plus de doctorants, publie six fois plus dans les meilleures revues mais dispose de ... onze fois plus de moyens. Ajoutons que son prestigieux Conseil d'administration est composé de ... 6 membres, celui de l'ULB en compte, Belgique oblige, pas moins de ... 35. Et le président de conclure un brin provocateur: "l'ULB est à l'Université ce que la Chine est au textile". A méditer, même si je reviendrais sur la grande qualité de la recherche.

PS 1. Comme me l'a justement fait remarquer un internaute sur ce blog, on dit Université Harvard, du nom de son fondateur et non Université de Harvard.

PS 2. La "commission de l'enseignement supérieur et de la recherche du parlement de la communauté française de Belgique" (ouf) est présidée par le sieur Frédéric Daerden, fils de son père. Le rendez-vous est fixé à 9 heures à l'ULB. A 9h40, les plus hautes autorités académiques, les chercheurs les plus titrés et dix parlementaires attendent encore le jeune président de la commission, par ailleurs échevin de Herstal, réviseur privé de plusieurs entreprises publiques wallonnes (il est député wallon) et, grâce à ses nombreux travaux scientifiques, chargé de cours à HEC - Ecole de gestion de l'Université de Liège (où l'on n'enseigne sans doute pas le conflit d'intérêt). Après quelques excuses (le trafic), Frédéric Daerden commence par une brève allocution de 10 minutes. Le programme commencera avec 50 minutes de retard ... Inimaginable à Harvard et sans rapport avec le manque de moyens: sous-développement quand tu nous tiens...

23 février 2006

Rythmes et congés scolaires

A la veille des vacances de carnaval, je reçois d'un enseignant le témoignage suivant que je vous livre:

"Un exemple parmi tant d'autres du décalage qui existe entre les décisions prises par le ministère de l'enseignement et la réalité de terrain : les dates de congés scolaires. En cette dernière semaine de février, enseignants et élèves traînent la patte pour se rendre dans les écoles : une fatigue pesante a gagné chacun. Les enseignants doivent faire des efforts surhumains pour conserver l'attention de leurs élèves, qui, à la fin de cette septième semaine de cours, sont arrivés aux limites de leur capacité de concentration.

La chose est d'autant plus frustrante pour les enseignants que l'écart entre les vacances de carnaval et celles de Pâques est de seulement quatre semaines : comptons qu'il faut en moyenne une semaine après un congé pour ramener les élèves à un rythme de travail normal. Ajoutons à cela que les élèves sont généralement assez dissipés la semaine qui précède le congé de Pâques, cela implique qu'il nous reste à peine deux semaines réellement utiles entre ces deux périodes de congé. C'est d'autant plus frustrant que nous n'avons pas pu travailler efficacement les deux semaines précédant le repos de carnaval parce que la fatigue accumulée déconcentre les élèves.

Les enseignants sont généralement d'accord sur la répartition "idéale" : espacer les périodes de congés scolaires de cinq à six semaines, six semaines représentant le maximum maximorum au-delà duquel la fatigue des élèves se met en travers des processus d'apprentissage. Voilà une décision simple à mettre en oeuvre, et qui remporterait l'adhésion des enseignants. "

Je partage assez cet avis, étant moi-même confronté à cette situation.