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03 juillet 2006

Sacrées soldes

Deux fois par an, en janvier et en juillet, c’est la ruée. Dès le petit matin du 2 janvier ou du 1er juillet, on se presse dans les magasins pour profiter des soldes. Certains économisent pour s’offrir l’impayable blouson, l’inaccessible paire de chaussure à –30 ou –50%. Parfois même, c’est l’ "émeute". Les soldes sont certes permises à d’autres moments, pour travaux d’embellissement, lors de fermeture ou de déménagements, mais la période reste limitée.


Aux Etats-Unis, les soldes sont permanentes. Les magasins présentent les nouvelles collections au consommateur. Dès la moitié du stock écoulé, le reste est soldé à des prix défiant toute concurrence. Tout le monde s’y retrouve : les gens aisés, impatients, achètent sans tarder la nouvelle collection et en font profiter les gens plus modestes qui, à intervalle régulier, peuvent se payer des chemisiers ou des chaussures de grande marque pour quelque 20 dollars. Les vendeurs, également restent rarement avec des invendus et peuvent proposer quatre fois par an au lieu de deux des nouveaux produits.

En Belgique, le maintien des soldes deux fois par an répond-il encore à l’évolution des habitudes de consommation et au besoin des commerces ? Beaucoup de commerçants semblent demandeurs d’une évolution plus souple en la matière.

30 juin 2006

Des Bulgares néerlandophones!

L'entreprise flamande Imro a décidé de développer ses activités de "call centers" en Bulgarie. Le résultat est stupéfiant. Si les locuteurs francophones parlent déjà le français avant d'être engagés, plus de 350 jeunes bulgares ont déjà appris le néerlandais lors de stage d'immersion de 8 semaines, une durée suffisante pour maîtriser 2 500 mots. Si on vous propose un nouvel opérateur pour l'électricité, un billet d'avion ou si vous appelez pour une réclamation, vous avez de plus en plus de chance de tomber sur un opérateur de l'Est de l'Europe ou du Maghreb.

Pour l'entreprise, il s'agit d'un développement, non d'une délocalisation. D'une part, les activités de comptabilité, prospection, marketing,... restent en Belgique. D'autre part, chez nous, le taux de rotation du personnel est très élevé : 2 mois en moyenne. Peu de personnes acceptent de faire ce travail pour de longues périodes. En échange de leur formation, les Bulgares s'engagent à prester 6 mois, mais la plupart restent beaucoup plus longtemps car la rémunération est supérieure aux salaires du marché local.

L'entreprise belge peut ainsi pleinement profiter des opportunités du marché en plein développement des centres d'appels. Un exemple positif de mondialisation, qui bénéficie à des entrepreneurs belges audacieux ainsi qu'à l'emploi en Bulgarie et en Belgique.

27 juin 2006

Le rail (suite)

Avec l’aide d’une part des chiffres de l’Ifrap (www.ifrap.org) et du dernier rapport annuel de la SNCB, on peut faire une comparaison approximative (tenant compte des deux ans d'écart) des performances japonaises, françaises et belges.


Le Japan Railways Group (JRG), société publique a été privatisée en 1987. Il transporte 90% des passagers japonais et exploite 95% des lignes. Entre 1980 et 2000, le nombre de travailleurs est passé de 413.000 à 172.000 agents. L’endettement de la Japan National Railway (dont le JRG fait partie) a baissé de 4.600 milliards de yen d’endettement à 1.200 milliards entre 1987 et 2000.


Côté belge, en dépit d’un accroissement constant de la productivité et une baisse régulière des effectifs (- 5% en 2004), du chemin reste à faire. Ainsi, le nombre de voyageurs transportés par agent est de 50.000 environ au Japon pour 5.500 à la SNCB, soit dix fois moins (tableau : ligne 2/ligne 3). Le nombre de voyageurs transportés par km par an (ligne 2/ligne 1) est également environ dix fois moins important que les chiffres japonais : 50.424 contre 433.920. Le nombre de voyageurs par agent par kilomètre est de 2,52 au Japon et 1,56 en Belgique.


Ces comparaisons ne disent rien bien sûr de la géographie, du confort (en nette amélioration à la SNCB) ou du nombre de voyageurs par train ou encore des Japonais réputés « travailleurs stakhanovistes ».


Mais, même avec leurs limites, ces questions méritent d’être posées à une société – la SNCB - soutenue par l’Etat et qui affiche un endettement de 8,345 milliards d’euros (y compris investissement TGV) en 2005, soit environ 850 euros par habitant (contre 2,130 milliards en 1999, merci Etienne Schouppe). De façon sans doute plus pertinente encore, Karel Vinck comparait la SNCB avec son homologue suisse, où la productivité par agent était supérieure de 50%.


Quant à la SNCF, autre fleuron du service public européen, avec à peu près le même personnel, le JRG japonais transporte dix fois plus de passagers par km que la SNCF et neuf fois plus de passagers par agent. Selon l’Ifrap, « si on appliquait les normes japonaises à la SNCF, celle-ci fonctionnerait avec 14.500 agents au lieu de 145.000 pour le trafic voyageurs. Idem pour le fret, la JRG a besoin de quatre fois moins de personnel par tonne transportée. Appliquée à la SNCF, cela ferait une économie de 4,95 milliards d’euros. »

SNCF (2002)*

JRG (2002)*

SNCB (2004)

1

Longueur des lignes en km

31.735

20.165

3.536

2

Nb de voyageurs transportés par an

870 millions

8.750 millions

178,3 millions

3

Personnel

178.893

172.000

32.289

*Avec l'aimable autorisation de l'IFRAP

PS : Lire aussi "SOS NMBS", de Paul Huybrechts, Editions Houtekiet (en néerlandais). L'auteur revient sur la gabegie et l'incurie des chemins de fer belges (résumé dans Trends Tendance - 1er juin 2006).

23 juin 2006

Injustice sociale

Je reçois ce témoignage d’un indépendant de 66 ans :

« J’ai 66 ans. Je suis arrivé en Belgique en 1975. Après environ 12 mois de travail comme salarié, je m'installe comme indépendant en 1976. Fin 2004, à 65 ans, j’ai fait valoir mes droits à la pension. J’espérais à peu près 500 euros par mois étant donné que j’ai une carrière équivalant environ à 2/3 de la pension minimale d'indépendant (750 euros pour 45 ans de carrière). A ma stupéfaction, l’administration (l'INASTI ) m’a fait savoir que, puisqu'elle a découvert que j'avais une carrière mixte, cette carrière ne compte maintenant que 28,25/30èmes, et que pour obtenir 2/3 de la pension minimale, je devais travailler et cotiser au moins encore 5 trimestres (la 2ème moitié 2004 et, au moins, les 3 trimestres 2005). Je me suis exécuté et ai continué à travailler jusqu'à la fin 2005 (un trimestre de plus donc) en payant les cotisations fixées par l'administration.

Fin 2005, je refais valoir mes droits à la pension espérant enfin atteindre les 2/3 de carrière. Mais non : cette fois-ci, l’administration me signifie dans sa décision que mes cotisations pour les derniers 2 trimestres 2004 et les 4 trimestres 2005 ne seront pas non plus comptées pour ma carrière car elle (administration) les considère comme "période pour laquelle des cotisations d'un montant inférieur au seuil minimum ont été payées pour une activité principale exercée après l'âge de la pension". Pourtant, je répète, c'est elle-même qui m'avait fixé ce montant. A qui est donc la faute ?

L'administration me propose de me rembourser la pension due à partir de mes 65 ans ainsi qu'une partie de mes cotisations à la caisse d'assurance sociale versées "inutilement" pour les derniers 6 trimestres, et elle ne me fixe qu'une pension de 306 euros par mois à partir du 1er janvier 2006.

Evidemment, je ne suis pas satisfait de cette solution et me renseigne à droite et à gauche sur mes chances de gagner si je vais en recours au Tribunal du travail. Le délai de recours étant écoulé, je décide quand même d'accepter l'offre de l'administration. Je lui remets donc le formulaire Mod. 74 (93) rempli. Mais il se produit un nouveau coup de théâtre : l'administration révise sa décision (offre) précédente. Cette fois-ci elle refuse de compter pour ma pension encore 2 trimestres de ma carrière d'indépendant, à savoir les 2 premiers trimestres 2004. Et ceci sous le prétexte que d'après ses renseignements obtenus entre temps, mon revenu pour l'année 2001 avait été inférieur (de 200 euros seulement !!) au revenu minimum fixé pour cette année. Or, l'administration ne m'a jamais informé de l'existence de cette condition "revenu minimum annuel". Ainsi, ma pension déjà honteusement misérable est réduite de 306 à 291 euros par mois.


Tel est donc le fruit de mon travail et de cotisations ininterrompues à la caisse d'assurance sociale pendant presque 30 ans.
A la lumière de ce qui m’arrive, il me semble que la pension « solidaire » par répartition est plutôt du vol qualifié. Si toutes les cotisations sociales accumulées, je les avais placées  en banque, j’aurais certainement aujourd’hui une pension nettement plus importante. Par ailleurs, je constate que la pension de survie (pour les personnes n’ayant jamais cotisé) est nettement supérieure à la mienne. Vous avez dit justice sociale ? »

22 juin 2006

Emploi: les conseils de l'OCDE

L'OCDE vient de sortir l'édition 2006 de ses "Perspectives de l'emploi" et du rapport qui l'accompagne: "Stimuler l'emploi et ses revenus".

Si l'organisation basée à Paris remarque que tant des pays à forte protection sociale qu'à faible protection obtiennent d'excellentes performances en matière de création d'emploi, ces pays utilisent toutefois des recettes communes. A partir de celles-ci, l'OCDE, préconise de :

  • "Définir des politiques macroéconomiques qui visent la stabilité des prix et l'équilibre des finances publiques, tout en évitant que les récessions ne conduisent à un recul permanent de l'emploi";
  • "Faire qu'il soit plus intéressant pour les gens de travailler que de continuer de percevoir des prestations" (pièges à l'emploi - 100.000 Belges concernés selon Trends-Tendances);
  • "Assurer aux bénéficiaires de prestations des services de grande qualité, en particulier pour les accompagner dans leur recherche d'emploi, et de suivre attentivement leurs démarches, tout en y associant des menaces de sanction sur les prestations". On vise ici le coaching des chômeurs couplé à une limitation des allocations dans le temps;
  • "Adapter les réglementations et les politiques fiscales de manière à encourager les entreprises à étoffer leur effectif plutôt qu'à éviter les recrutements". L'institution vise ici la taxation directe sur le travail;
  • "Renforcer la concurrence sur les marchés de produits";
  • D'assurer une formation permanente aux actifs.

Le plus difficile, estime l'OCDE à juste titre, c'est la volonté politique de convaincre une population inquiète et réticente de l'utilité de ces réformes pour l'avenir.

21 juin 2006

In de Warande (suite)

Crisp Selon la conclusion du bulletin du CRISP consacré au manifeste In de Warande, ce dernier serait l'expression d'une "Flandre néo-libérale, aux accents thatchériens et parfois, darwiniens, sûre d'elle-même", une "Flandre arrogante" et "donneuse de leçons". Pour une étude qui prétend vouloir apporter aux lecteurs "certains éclairages de nature objective" sur l'opuscule, les qualifications choisies sont pour le moins caricaturales.

L'étude du CRISP  propose deux démarches. D'abord, un exposé "sans commentaire" et "sans interférence" des réflexions du groupe In de Warrande. Un effort quasi pédagogique qui a au moins le mérite de faire front au contenu du manifeste, plutôt que de détourner le regard, ce qui du côté francophone a été l'attitude la plus répandue. Vient ensuite une partie d'analyse destinée à donner aux lecteurs les éléments de contexte (réactions politiques au manifeste ; résolutions du Parlement flamand depuis 1999; "autres" manifestes flamands) propres à éclairer les intentions ou encore la légimité du manifeste.

Si les auteurs s'accordent pour dire que la valeur scientifique des chiffres des transferts  est contestable, ils ne proposent, hélas, aucune analyse chiffrée personnelle. Le bulletin s'attèle à décrédibiliser le manifeste à travers quelques vastes réflexions, mais ne lui oppose aucune réplique sérieuse. Le voeu "d'objectivité" qui parcourt l'étude est trahi à maintes reprises par les préjugés des auteurs. D'après ces derniers, ceux qui considèrent que les problèmes économiques de la Wallonie alimentent le séparatisme et que les transferts empêchent les Wallons d'affronter lucidement leur situation seraient des partisans d'une "vision darwinienne" où "la solution des problèmes économiques passe par le démantèlement des avantages sociaux".

Qui peut croire que c'est avec ce genre d'arguments que l'on va s'opposer aux revendications flamandes ?  A quand un débat plus serein ?

20 juin 2006

In de Warande en français

Manifeste Un des enjeux des élections législatives de 2007 sera l'avenir de notre pays. Début décembre 2005, un groupe de personnalités flamandes publiait le “Manifeste In de Warande ”, un appel clair à l’indépendance de la Flandre. L’originalité du Manifeste est sa focalisation sur des critères socio-économiques et non, comme par le passé, sur un tissu de revendications identitaires. Le manifeste est désormais disponible en français. En voici, sans commentaires, les thèses principales.

La Flandre contribuerait largement au niveau de prospérité du sud du pays. Le Manifeste évalue à 10 milliards d’euros par an les transferts nord-sud : 2 milliards pour Bruxelles et 8 pour la Wallonie. Soit près de 1.800 euros par an et par Flamand et près de 7% de la richesse régionale flamande. Par comparaison, l’Allemagne de l’Ouest ne verserait «que» 4% à l’Allemagne de l’Est.

La structure fédérale actuelle de la Belgique nuit à la capacité d’adaptation du pays. Non seulement elle est inefficace (effritement du processus de décision) mais une partie des objectifs vise à atteindre un consensus pour le maintien du système lui-même et non des décisions indispensables à la modernisation de l’outil.

Les difficultés des trois Régions sont très différentes. La Wallonie connaît un chômage d’environ 15% avec des poches supérieures à 25%. La qualité de l’enseignement est au plus bas. Le taux de personnes avec le niveau d’école primaire y est plus élevé. La Flandre n’est pas à l’abri des difficultés pour s'adapter à la mondialisation. Bruxelles connaît un chômage très élevé (20%) et une paupérisation croissante mais son statut de Ville internationale et de Capitale des deux communautés lui donne un atout particulier.

L’environnement politique en Flandre est radicalement différent de la Communauté française-Wallonie-Bruxelles. Le centre de gravité en Flandre se trouve au centre-droit tandis que celui de la CFWB se trouve au centre-gauche. Le Sud tient un discours « très 19e siècle et marxisant ». La place de l’Etat est radicalement différente également : Etat-Providence au Sud, plutôt obstacle à l’initiative individuelle au Nord malgré un poids presque tout aussi pléthorique du secteur public. Toute réforme émanant de Flandre est systématiquement bloquée par l’immobilisme PS.

Conclusion du Manifeste : avec 6 millions de Flamands et 3,2 millions de Wallons, on peut former deux pays plus adaptés aux défis. On ne peut attendre que « l’Europe des Régions » vaporise le sentiment national. Le séparatisme est également une chance pour le sud du pays car lui seul créera le choc salutaire aux remises en question.

Demain, la critique du Manifeste par le CRISP.

PS. A lire sur ce thème dans les pages forum du Soir, l'interview de Pieter Leuridan, journaliste à "Gazet Van Antwerpen".

14 juin 2006

Manoeuvres sur le câble

Il y a quelques jours, on vous parlait des grandes et très discrètes manoeuvres dans l'électricité. Depuis quelques jours, les journaux font état d'autres grands travaux dans le milieu des câblos-distributeurs.

Il s'agit d'un enjeu crucial. La situation actuelle recouvre une série de petits monopoles avec pas moins de 9 opérateurs à Bruxelles et en Wallonie. L'utilisateur n'a pas le choix de l'offre (par exemple BBC world à Bruxelles est disponible dans certaines communes et pas dans d'autres) et les prix varient d'environ 20%, sans raison économique.

Elio Di Rupo et le PS ont-ils compris quelques chose à la crise de la gouvernance publique ? Le premier est à la manoeuvre ... en tant que président du PS. Selon plusieurs journaux, le Boulevard de l'empereur aurait ficelé un scénario pour l'avenir du câble wallon. Seul problème, ce scénario risque d'être considéré comme illégal, y compris par les autorités européennes de la concurrence, et surtout le gouvernement et le Parlement wallon sont ..totalement absents des discussions.

Bonne gouvernance, quand tu nous tiens ...

07 juin 2006

La bataille du rail

Malgré des milliers de privatisations réussies, les chemins de fer britanniques symboliseraient l'échec de ces politiques appliquées un peu partout dans les années 80 et 90. Le rail britannique affiche pourtant ces dernières années, proportionnellement au nombre de voyageurs transportés, nettement moins d’accidents que la SNCB.

Désormais, les chemins de fer privés britanniques coûtent moins cher aux contribuables et les transportent dans des conditions de sécurité identiques, voire meilleures, que chez nous.

Car, à en croire les chiffres d’eurostat (il est vrai pas toujours complets), le rail britannique afficherait en 2004 moins de collisions que la SNCB (32 contre 33) et moins de déraillements (37 contre 39) alors qu’il transporte presque 5 fois plus de passagers. Les Britanniques affichent le plus petit nombre d’accidents aux passages à niveau.

Au niveau des victimes, la situation est également très contrastée. 177 passagers ont été blessés ou tués au Royaume-Uni en 1996, 73 en Belgique (soit proportionnellement 2 fois plus), 43 en France et… 542 en Allemagne. Les années suivantes figurent dans le tableau ci-dessous et tournent, cette fois, à l’avantage de la Belgique sauf en 2001 (à cause de l’accident de Pécrot : 8 morts).

Globalement, le rail britannique – qui a été privatisé en héritant d’un réseau ferré en très mauvais état - s’améliore. Le coût passager à la SNCB exigerait de meilleurs résultats puisque selon Trends-Tendance (01.06.06), avec une ponction de 700 euros auprès de chaque contribuable, la SNCB « détient le record du monde du déraillement budgétaire ».

Nombre de passagers (en Mio. Passagers-km en 2002)

UE 15

Belgique

Allemagne

France

RU

307.657

8.259

71.366

73.227

39.900

Nombre de collisions (entre trains)

1999

2000

2001

2004

Belgique

23

28

32

33

Allemagne

70

56

55

400

France

47

72

63

13

RU

94

106

?

32

Nombre de déraillements

1999

2000

2001

2004

Belgique

28

35

35

39

Allemagne

15

9

10

162

France

37

51

35

10

RU

89

93

?

37

Nombre d’accidents au passage à niveau

1999

2000

2001

2004

Belgique

20

28

28

20

Allemagne

294

242

223

246

France

181

171

176

49

RU

32

27

?

21

Nombre de tués (toutes causes confondues)

1997

1998

1999

2000

2001

Belgique

1

3

3

3

10

Allemagne

49

129

29

42

13

France

22

14

11

15

11

RU

26

20

47

20

?

Source eurostat. Les années 2002 et 2003 sont indisponibles.

02 juin 2006

Manoeuvres dans l'électricité

Le marché de l'électricité est en pleine évolution, mais celle-ci est différente dans les trois régions du pays. Avec la libéralisation du marché (qui existe déjà en Flandre et deviendra effective en Wallonie au 1er janvier 2007), l'attention se porte surtout sur le contrôle du GRD, le réseau de distribution terminale, celui qui touche directement les foyers. Traditionnellement un monopole des communes, il est géré depuis des lustres par des intercommunales pures (comme l'ALE à Liège) ou, plus souvent, par des intercommunales mixtes avec Electrabel (Suez) où ce dernier est en pratique l'opérateur du réseau et procure au passage de substantiels revenus financiers aux communes et de nombreux avantages à quelques élus locaux.

En Flandre et à Bruxelles, notamment pour éviter la position dominante d'Electrabel, on a légitimement sorti Electrabel des GRD, mais en Wallonie ça coince. L'enjeu, c'est qu'au lieu de l'émiettement actuel, il n'y a, selon les spécialistes, que la place pour un seul opérateur de GRD pour toute la Wallonie. Ce dernier peut être, soit un "privé" choisi sur appel d'offres international (il existe des gestionnaires de réseaux), soit une structure publique, opérant à l'échelle de la Wallonie. Du côté de Charleroi et du côté socialiste, on freine de quatre fers. Certains barons se battent pour le maintien d'Electrabel dans les GRD, une situation confortable qui n'entraînent aucune responsabilité (Electrabel fait tout), mais procure nombre d'avantages et de privilèges matériels ou clientélistes. D'où aussi une alliance entre mandataires socialistes et le (méchant) "grand capital de Suez", qui a été cassée en Flandre et à Bruxelles.

Un sujet rarement abordé qui est crucial pour la Wallonie et un formidable enjeu de pouvoir wallon qui se discute en ce moment, loin des médias.

PS. La facture moyenne d'électricité d'un ménage moyen est d'environ 440 euros en Flandre et de ... 560 en Wallonie, soit une différence de 25%! Depuis la libéralisation, ce prix en Flandre a légérement baissé venant de 460 au 1er janvier 2004. Dans le même temps en Wallonie, il est passé de 520 à 560 euros. Electrabel représente 92% de la production d'électricité, 94% des importations de gaz et 100% des capacités de stockage du gaz.