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02 juin 2006

Manoeuvres dans l'électricité

Le marché de l'électricité est en pleine évolution, mais celle-ci est différente dans les trois régions du pays. Avec la libéralisation du marché (qui existe déjà en Flandre et deviendra effective en Wallonie au 1er janvier 2007), l'attention se porte surtout sur le contrôle du GRD, le réseau de distribution terminale, celui qui touche directement les foyers. Traditionnellement un monopole des communes, il est géré depuis des lustres par des intercommunales pures (comme l'ALE à Liège) ou, plus souvent, par des intercommunales mixtes avec Electrabel (Suez) où ce dernier est en pratique l'opérateur du réseau et procure au passage de substantiels revenus financiers aux communes et de nombreux avantages à quelques élus locaux.

En Flandre et à Bruxelles, notamment pour éviter la position dominante d'Electrabel, on a légitimement sorti Electrabel des GRD, mais en Wallonie ça coince. L'enjeu, c'est qu'au lieu de l'émiettement actuel, il n'y a, selon les spécialistes, que la place pour un seul opérateur de GRD pour toute la Wallonie. Ce dernier peut être, soit un "privé" choisi sur appel d'offres international (il existe des gestionnaires de réseaux), soit une structure publique, opérant à l'échelle de la Wallonie. Du côté de Charleroi et du côté socialiste, on freine de quatre fers. Certains barons se battent pour le maintien d'Electrabel dans les GRD, une situation confortable qui n'entraînent aucune responsabilité (Electrabel fait tout), mais procure nombre d'avantages et de privilèges matériels ou clientélistes. D'où aussi une alliance entre mandataires socialistes et le (méchant) "grand capital de Suez", qui a été cassée en Flandre et à Bruxelles.

Un sujet rarement abordé qui est crucial pour la Wallonie et un formidable enjeu de pouvoir wallon qui se discute en ce moment, loin des médias.

PS. La facture moyenne d'électricité d'un ménage moyen est d'environ 440 euros en Flandre et de ... 560 en Wallonie, soit une différence de 25%! Depuis la libéralisation, ce prix en Flandre a légérement baissé venant de 460 au 1er janvier 2004. Dans le même temps en Wallonie, il est passé de 520 à 560 euros. Electrabel représente 92% de la production d'électricité, 94% des importations de gaz et 100% des capacités de stockage du gaz.

09 mai 2006

(Im)mobilité (2)

Matins et soirs, les navetteurs vivent, notamment à Bruxelles, les affres des bouchons sur un ring étriqué dont les deux bandes de droite sont occupées par des camions, souvent étrangers, et qui ne l'utilisent que comme transit entre Manche et Rhür, Île de France et Pays-Bas. Certains de ces navetteurs passent souvent trois heures par jour sur les routes. Que faire?

Outre, bien sûr, la mise en route du RER dont le maillage complet est reporté d'année en année (on l'espère pour 2012) et la prolongation, soigneusement planifiée, du métro lourd (voir immobilité 1), mettons une seconde l'imagination au pouvoir - sans trop de réalisme à ce stade - avec quelques idées tests.

- Mettre en place des trains-trams (1) qui circuleraient à la fois sur les lignes de train et de tram.

- Envisager l’éventualité d’un second ring nord qui rejoindrait (en partie sous terre pour préserver le caractère champêtre du Brabant flamand) Louvain, Malines et Alost. Ces lourds investissements pourraient être financés par un système de péage entièrement électronique. Les poids lourds qui n'entrent pas dans Bruxelles seraient "invités" à l'emprunter prioritairement. Cette éventualité est d'autant plus nécessaire eu égard à la volonté de la Flandre de faire de Zaventem un pôle majeur de compétitivité.

- Le ring actuel pourrait aussi être élargi à une quatrième bande (ceci a déjà été envisagé entre l'autoroute d'Anvers et de Liège par... Steve Stevaert et salué par Hervé Hasquin). Cette bande pourrait être réservée au co-voiturage (car-pooling), comme cela se pratique sur les autoroutes nord-américaines (une idée qui circule dans les milieux écologistes). Une ville de l'importance stratégique de Bruxelles, poumon économique et financier du pays, peut certainement se permettre un ring à 8 bandes de circulation.

- La mise en place de péages dissuasifs à l'entrée de la ville et dont les recettes seraient utilisées prioritairement pour l'achat de matériel roulant compétitif pour le RER.

A défaut de solutions innovantes, la paralysie de Bruxelles guette.

(1) "Karlsruhe a lancé son train-tram en 1992 par une ligne de 135 km vers Bretten. Après 13 ans, le réseau compte 8 lignes (535 km) pour un investissement de 1,5 milliards d'euros, et est emprunté annuellement par 160 millions de passagers (soit 4 fois plus qu'en 1992). Tant les ministres que la SNCB se sont dits favorables à un tel concept pour Bruxelles, et la SNCB va réaliser une étude de faisabilité technique pour la fin de l'année 2005". (source:SNCB). Selon l'encyclopédie en ligne Wikipédia, des expériences de train-tram ont été lancées à Zwickau. En Amérique du Nord, le train-tram Riverline à Camden-Trenton dans le New Jersey (USA) a été mis en service en 1999. Aix-la-Chapelle envisage ce système.

07 mai 2006

Sans commentaire (13)

"Quand la Flandre dénonce la situation kafkaïenne à Bruxelles, je dis qu'elle a raison!"

Lors de l'assemblée générale de l'Union des entreprises de Bruxelles, son président Claude Desseille a fustigé la chaos engendré par les 800 taxes communales qui frappent les entreprises à Bruxelles.

Trends tendances, semaine du 4 mai 2006.

Lire aussi dans le même numéro l'enquête de Jean-Marc Damry et Jean-Yves Huwart sur "Bierset, la plus grande buvette de Wallonie".

25 avril 2006

Acteurs du chômage

On a trouvé une petite perle : "Les acteurs bruxellois de l'emploi et de la formation". Comment s'y retrouver dans ce dédale politico-administratif? Ce document est extrait d'une publication sur l'emploi et la formation à Bruxelles de 182 pages (sic) du Centre de Documentation et de Coordination sociales, qui se dit "passeur de frontières, facilitateur de dialogue, vecteur de (re)connaissance et clarificateur du meccano institutionnel bruxellois"...

Le budget consacré à l'ORBEM a encore augmenté de 16,37 % (on passe de 26.532.000 en 2005 à 31.729.000 en 2006). Pas mal de moyens donc ... et pourtant le chômage bruxellois continue à augmenter.

PS (16H30) Ce soir sur Arte l'émission Thema continue à traiter du chômage. Epoustouflant numéro la semaine dernière comparant la (non) reconversion industrielle de Longwy en France à celle du Yorkshire, suivi d'un brillant dialogue entre deux anciens ministres du SPD allemand et du parti travailliste sur les réformes. Il faudrait offrir la cassette à tous nos ministres socialistes (et à quelques autres)!

21 avril 2006

Adoption et Tour Madou

Tour_madou_2 1. Vote serré au Sénat hier soir sur l'adoption par des couples homosexuels. 34 pour et 33 contre. J'ai voté contre. Vote trop serré à mon avis pour un sujet de société qui divise nos compatriotes. Sans compter que dans plusieurs partis, la discipline imposée a amené quelques parlementaires à voter contre leur conviction intime. Comme nous ne sommes que 71 et que ce genre de débats dure un certain temps, on finit par savoir ce que chacun en pense vraiment. Dommage que même sur des sujets éthiques, les partis s'en mêlent (pas au MR, heureusement). Guy Verhofstadt voulait absolument que la proposition de loi soit votée et il a passé quelques coup de fils juste avant le vote ... qui ont porté leurs fruits.

2. La Tour Madou, flambant neuve, est vraiment très belle : une rénovation réussie, à mon avis, de la plus haute tour de Bruxelles.  Un peu partout dans le monde, en Asie surtout mais aussi en Europe, les hautes tours, les gratte-ciels, les "skyscrapers", reviennent en force. En Suède, on vient de boucler une Tour de 400 mètres tandis que la Défense, à Paris, entend rester le plus grand centre d'affaires européen et prévoit la construction de 4 tours, dont une dépassera 400 mètres. A propos, quelle est la plus haute tour du monde ?

PS. Vers midi, un nouveau post avec une invitation à voir "Shooting Dogs" le film sur la tragédie de l'ETO à Kigali au Rwanda en 1994.

19 avril 2006

Complexités bruxelloises

Les déclarations de Yves Leterme sur Bruxelles suscitent un certain émoi. Comme d'habitude, chacun réagit, dans son rôle, selon une lecture exclusivement communautaire (Picqué et Di Rupo). Mais ce n'est pas parce que Yves Leterme pose une question avec de lourdes arrières pensées qu'elle n'est pas pertinente.

Regardons les faits. Est-il encore justifié d'avoir 19 communes sur un territoire si étroit ? Les limites géographiques n'en sont-elles pas souvent aberrantes (Bruxelles Ville par exemple)? Qu'est ce qui justifie un parlement de 89 membres (davantage que le Sénat ou le Parlement wallon ou flamand) pour une ville d'un million d'habitants ?  Et la Cocof ? Et 178 bourgmestres, échevins ou présidents de CPAS ! Pourquoi une si lourde dépense publique de nature administrative et une telle complexité ? Avec de terribles conséquences en matière d'aménagement du territoire, d'urbanisme, d'infrastructures, de culture, etc. Regardez l'éclairage urbain, la voirie, le mobilier urbain, la signalisation routière ... et comparez avec Paris, Londres, Amsterdam. Chacun sait que le moindre projet est freiné par la complexité d'institutions forgées pour les mandataires publics davantage que pour les citoyens ... D'ailleurs on ne leur demande jamais leur avis.

Oui, je sais, il y a toujours des explications bien belgo belges. Rassurez-vous, on les connaît toutes. Mais en ce qui concerne notre capitale, n'est-il pas possible d'élargir la réflexion au delà du débat communautaire? N'est-il pas hypocrite de camper sur des positions communautaires pour refuser de voir les problèmes majeurs d'organisation et de gouvernance publique qui se posent à Bruxelles? Et pourquoi des politiques francophones ne pourraient-ils aussi faire ce constat ?

30 mars 2006

(Im)mobilité

La congestion des grandes villes belges, Bruxelles en particulier, ne cesse de s’aggraver. Dans les années 80, on prévoyait une saturation totale du Ring de Bruxelles à l’horizon 2005. Ces prédictions ne sont pas loin d’être réalisées.

Si le parc automobile ne cesse d’augmenter, on a aussi, dans le souci honorable de « rendre la ville à ses habitants, piétons et cyclistes », réduit considérablement les voies d’accès et l’espace dévolu aux voitures et camions. Cette évolution était sans doute nécessaire, mais quelle alternative à l'automobile ?

En raison d’une opposition parfois idéologique au « métro lourd », Bruxelles attend toujours une vraie ligne nord-sud. Alors que Lyon propose quatre lignes de métro et Barcelone cinq, la capitale belge possède seulement une ligne Ouest-Est à deux fourches qui s’arrête aux 19 communes et une ligne circulaire (non achevée) sur la Petite Ceinture. Leur succès est éclatant puisqu’elles transportent la moitié des usagers de la STIB ! Il semble que ni le tram ni le bus ne constituent à eux seuls des alternatives valables pour les automobilistes, comme l'a montré le parking Stalle couplé au tram. Leur vitesse commerciale globale est « bloquée » à 17 km/h malgré les investissements consentis ces dernières années. Le RER se fait attendre.

Pascal Smet, ministre de la Mobilité, propose pour 2006-2010 d’effacer 250 points noirs et de porter à 90% le taux des lignes de tram en site propre. Le parc roulant va être largement amélioré. Mais aucun nouveau « tunnel pour tram » n’est envisagé (notamment Chaussée de Charleroi et Chaussée d’Alsemberg). Or, les automobilistes ne quitteront leur engin que pour une alternative rapide et confortable. Seuls le métro et le RER me paraîssent remplir ce contrat.

Je crois qu'il faut donc poursuivre le réseau du métro. Le coût du kilomètre de métro varie entre 25 millions et 50 millions d'euros, l'équivalent de 12 km de site propre de tram. Mais Bruxelles est, par habitant, la seconde région la plus riche d'Europe et ... sa capitale. Peut-être que ce titre envié mérite un métro digne de ce nom ?

PS. Votre blog favori -:) est le "Blog de la semaine" de la Tribune de Bruxelles (interview dans la version papier). A noter aussi que Emir Kir nie toujours le génocide arménien. Le Soir consacre 5 pages à "La société belge est-elle capable de se réformer". J'y exprime mes différences avec Laurette Onkelinx. Des interventions très intéressantes d'Alain Eraly (cela n'étonnera personne), Marcel Gauchet, Michel Jadot, Pierre Pestiau et d'autres sur l'Irlande, la France,.... A lire et à garder.

28 mars 2006

Harvard - ULB : le match

Visite à l'ULB, orientée "recherche". Le président du Conseil propose lui-même la comparaison entre l'ULB et Harvard: les deux universités ont à peu près le même nombre d'étudiants, vingt mille. Harvard est numéro 1 dans le classement reconnu de l'Université Jiao Tong de Shanghai; l'ULB se situe dans un groupe entre la 101ème et 152 ème place avec Gand, l'UCL et la KUL. Harvard compte quatre fois plus de doctorants, publie six fois plus dans les meilleures revues mais dispose de ... onze fois plus de moyens. Ajoutons que son prestigieux Conseil d'administration est composé de ... 6 membres, celui de l'ULB en compte, Belgique oblige, pas moins de ... 35. Et le président de conclure un brin provocateur: "l'ULB est à l'Université ce que la Chine est au textile". A méditer, même si je reviendrais sur la grande qualité de la recherche.

PS 1. Comme me l'a justement fait remarquer un internaute sur ce blog, on dit Université Harvard, du nom de son fondateur et non Université de Harvard.

PS 2. La "commission de l'enseignement supérieur et de la recherche du parlement de la communauté française de Belgique" (ouf) est présidée par le sieur Frédéric Daerden, fils de son père. Le rendez-vous est fixé à 9 heures à l'ULB. A 9h40, les plus hautes autorités académiques, les chercheurs les plus titrés et dix parlementaires attendent encore le jeune président de la commission, par ailleurs échevin de Herstal, réviseur privé de plusieurs entreprises publiques wallonnes (il est député wallon) et, grâce à ses nombreux travaux scientifiques, chargé de cours à HEC - Ecole de gestion de l'Université de Liège (où l'on n'enseigne sans doute pas le conflit d'intérêt). Après quelques excuses (le trafic), Frédéric Daerden commence par une brève allocution de 10 minutes. Le programme commencera avec 50 minutes de retard ... Inimaginable à Harvard et sans rapport avec le manque de moyens: sous-développement quand tu nous tiens...

02 mars 2006

Le patrimoine urbanistique de Léopold II

Serres_laeken Musee_afrique_centrale_150 Cinquantenaire

Qui n’a jamais fait visiter Bruxelles à un groupe d’amis sans souligner les aménagements du roi bâtisseur ? L’héritage urbanistique de Léopold II est partout présent dans la Capitale. Le patrimoine de l’ère du roi bâtisseur comprend des œuvres monumentales, mais aussi la création d’espaces verts. La transformation du Palais Royal, les arcades et le parc du cinquantenaire, les serres de Laeken, le musée et l’arboretum de Tervuren, les nombreux parcs, le tracé de grandes avenues, ainsi que l’assainissement et l’embellissement des vieux quartiers du centre de Bruxelles peuvent être regardés dans leur ensemble, comme des éléments représentatifs d’une vision urbanistique audacieuse et innovante.

Au mois de novembre 2005, j’ai déposé une résolution au Sénat et au Parlement bruxellois visant à inscrire l’héritage urbanistique de Léopold II, en particulier les Serres de Laeken, à l’UNESCO.

L’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO offrira non seulement des garanties supplémentaires de conservation mais aussi une promotion internationale à la hauteur de la Capitale de l’Europe ! Le concept de « paysage culturel » , développé par l’UNESCO en 1992, reconnaît comme patrimoine mondial les interactions majeures entre les hommes et le milieu naturel. Ce critère spécifique est différent de ceux, plus connus du grand public, qui reconnaissent les ensembles architecturaux cohérents.

Les idées de grandeur du roi Léopold II ont parfois été qualifiées de mégalomanes. Certaines études se sont attelées à démontrer que derrière l’image idyllique des chefs- d’œuvre architecturaux se cachait une réalité douloureuse voire criminelle (destruction de logements, exploitation du Congo). Mais au delà des polémiques, l’UNESCO reconnaît les œuvres de l’homme sans les détacher de leur contexte économique et social spécifique.

10 février 2006

Accueillir les travailleurs polonais ?

Rencontre avec le Sénat polonais. Débat animé. Nos collègues sont blessés d’être traités comme des citoyens de seconde catégorie dans l’Union européenne. Ils détestent l’image du plombier polonais. Ils rappellent que leurs citoyens ne quittent pas par plaisir leur pays, que seuls les plus dynamiques le font, que la plupart y reviennent ; qu’ils effectuent des tâches que souvent les Belges ne veulent plus faire, qu’ils comblent des pénuries bien réelles, qu’ils cherchent du travail, pas la sécurité sociale. Ils n’ont été que deux mille à partir dans la proche Suède sociale (et parmi eux beaucoup de médecins, de précieux cerveaux dont la Pologne aurait besoin) et 80 000 en Irlande et 160 000 en Grande Bretagne.

La Commission européenne leur donne raison. Dans son rapport du 8 février, elle demande la levée des restrictions. Elle rappelle que la libre circulation des travailleurs est l’une des quatre libertés fondamentales de l’Union européenne ; que les restrictions ont des effets néfastes comme le travail en noir, le pseudo travail indépendant et qu’elles retardent les réformes structurelles du marché du travail.

Selon la commission, les trois pays (Suède, Irlande, Royaume Uni) qui n’ont pas adopté de restrictions ont bénéficié de cet apport et leur taux de chômage est bas. Les flux migratoires sont déterminés par les conditions de l’offre et de la demande de travail, pas par des politiques restrictives. Il n’y a pas de lien  évident entre ces dernières et les flux de mobilité venant des nouveaux pays de l’Union, qui sont très faibles (moins d’un pour cent de la population en âge de travailler).  Et l’immigration en provenance de pays non communautaires est un phénomène beaucoup plus important. En Belgique, les 10 nouveaux Etats membres ne contribuent que pour 0,2% de la population résidente en âge de travailler (contre 5,8 pour l’Europe des quinze et 2,8% pour les non européens)

Chez nous, il est plus simple – et électoralement plus rentable - comme le ministre bruxellois Cerexhe de prôner la prolongation de la période transitoire arguant du haut niveau de chômage. Cela relève, je crois, d'une méconnaisssance des facteurs de croissance et du marché du travail et surtout d’une volonté de retarder (ce qui a toujours un coût) des adaptations inévitables : dans trois ans, la liberté de circulation devient la règle.

L’ouverture des frontières aux travailleurs polonais est donc un problème plus politique qu’économique. L’enjeu est d’essayer d’expliquer à nos compatriotes que des équations comme « plus de Polonais légaux = plus de chômage bruxellois » sont fausses. Et de ne pas préférer la situation actuelle avec ses dizaines de milliers d’illégaux.