In de Warande (suite)
Selon la conclusion du bulletin du CRISP consacré au manifeste In de Warande, ce dernier serait l'expression d'une "Flandre néo-libérale, aux accents thatchériens et parfois, darwiniens, sûre d'elle-même", une "Flandre arrogante" et "donneuse de leçons". Pour une étude qui prétend vouloir apporter aux lecteurs "certains éclairages de nature objective" sur l'opuscule, les qualifications choisies sont pour le moins caricaturales.
L'étude du CRISP propose deux démarches. D'abord, un exposé "sans commentaire" et "sans interférence" des réflexions du groupe In de Warrande. Un effort quasi pédagogique qui a au moins le mérite de faire front au contenu du manifeste, plutôt que de détourner le regard, ce qui du côté francophone a été l'attitude la plus répandue. Vient ensuite une partie d'analyse destinée à donner aux lecteurs les éléments de contexte (réactions politiques au manifeste ; résolutions du Parlement flamand depuis 1999; "autres" manifestes flamands) propres à éclairer les intentions ou encore la légimité du manifeste.
Si les auteurs s'accordent pour dire que la valeur scientifique des chiffres des transferts est contestable, ils ne proposent, hélas, aucune analyse chiffrée personnelle. Le bulletin s'attèle à décrédibiliser le manifeste à travers quelques vastes réflexions, mais ne lui oppose aucune réplique sérieuse. Le voeu "d'objectivité" qui parcourt l'étude est trahi à maintes reprises par les préjugés des auteurs. D'après ces derniers, ceux qui considèrent que les problèmes économiques de la Wallonie alimentent le séparatisme et que les transferts empêchent les Wallons d'affronter lucidement leur situation seraient des partisans d'une "vision darwinienne" où "la solution des problèmes économiques passe par le démantèlement des avantages sociaux".
Qui peut croire que c'est avec ce genre d'arguments que l'on va s'opposer aux revendications flamandes ? A quand un débat plus serein ?


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