Ma Photo

Inscription

Blog powered by TypePad

« mars 2006 | Accueil | mai 2006 »

avril 2006

29 avril 2006

Marijuana médicale

Sous le titre "Marijuana is medically useful, whether politicians like it or not", The Economist de cette semaine (29 avril) consacre un intéressant article au potentiel médical de la marijuana, empêchée de se développer pour des "raisons idéologiques".

"Si le cannabis était découvert aujourd'hui, il serait considéré comme une grande percée médicale" tant il serait riche de potentialités. Mais la puissante FDA américaine (Food and Drug Administration) bloque les études pour des raisons qui tiendrait davantage de la politique que de la science.

Fumer sous forme de "joint", le cannabis serait toxique à cause des substances qui y sont associées. Sous d'autres formes (orale,nébulisateur,...), il aurait de grandes vertus thérapeutiques, par exemple pour certaines douleurs ou spasmes neurologiques liés au SIDA, à la sclérose en plaques ou à la polyarthrite rhumatoïde. Pour avancer, il faudrait entre autres que les chercheurs soient autorisés à cultiver des variétés de plants, ce qui est impossible aux Etats-Unis. Pour The Economist, il faut favoriser les études cliniques, en Europe si ce n'est pas possible aux Etats-Unis.

28 avril 2006

Archives et mémoire

Réunion passionnante et très technique hier au sénat avec M. Karel Velle, Archiviste général du Royaume. Il était invité suite aux problèmes mis en évidence par le rapport intérimaire du CEGES dans le cadre de l'étude que j'ai initiée avec Philippe Mahoux.

Les Archives générales du Royaume gèrent 220 km d'archives, avec une croissance de 7 kilomètres par an ! Et rien que dans les autres différents services fédéraux sont stockés plus de 400 km de documents, pas toujours dans des conditions idéales. On apprend entre autres 1. que la France et les Pays Bas envoient certaines archives en Inde pour qu'elles soient saisies sous forme électronique; 2. que la numérisation est chez nous un vrai défi; 3. qu'il y a de nombreux problèmes de gestion (valeur des archives, espace de stockage, personnel spécialisé), et qu'ils sont fortement compliqués par la régionalisation de l'Etat ; 4. que la "règle centenaire" avant divulgation publique devrait comme ailleurs être ramenée à trente ans; 5. que 25% du budget passe dans des frais d'énergie; 6. qu'il n'y a aucune obligation légale en ce qui concerne les cabinets ministériels qui, étant un élément essentiel de la décision publique, sont très importants pour reconstituer les faits historiques.

Un vaste chantier sans doute davantage pour le(s) gouvernement(s) que pour le parlement.  Un chantier indispensable pour préserver notre histoire commune, notre mémoire.

PS. Contrairement à ce qui s'écrit sur quelques blogs, j'ai bien soutenu l'appel du groupe mémoire (des résistants et déportés de la Seconde guerre mondiale) visant à l'inéligibilité des personnes condamnées pour non respect de la Convention européenne des droits de l'homme.

27 avril 2006

Joe (suite)

J'apprends à l'instant l'arrestation du présumé meurtrier de Joe. Le gouvernement fédéral a pris hier une série de mesures que j'approuve. Comme on l'a déjà souligné sur ce blog, il faut souvent une crise ou un drame pour que des réformes soient entreprises; même si c'est beaucoup moins vrai sous Verhofstadt que sous Dehaene. Rappelons nous l'affaire Dutroux, le Rwanda, la dioxine qui ont entrainé des réformes de la police, de l'armée, de la sécurité alimentaire. Beaucoup de questions demeurent. Comment mettre en oeuvre concrètement une politique de "tolérance zéro" vis-à-vis de la délinquance ? 1200 mesures de travail d'intérêt  général chaque année (moins de 4 par jour), c'est fort peu par rapport au nombre d'infractions. Comment responsabiliser les parents : ce "stage parental" qui est proposé me laisse un peu sceptique, de même que les "cours d'éducation civique". Quel est le rôle des images violentes (films, jeu vidéo,...) ? Sans stigmatiser personne, il faut aborder sereinement des questions complexes comme l'origine socio économique ou le facteur ethnique (pour reprendre les mots d'une carte blanche) ou l'immigration illégale ? Un échevin me confiait hier qu'il estimait à environ dix mille le nombre d'illégaux dans sa commune de 25 000 habitants, etc. Toute contribution positive m'aide à préparer le débat de mardi prochain au Sénat.

PS Epinglé cette remarque dans l'édito de David Coppi dans Le Soir "Dewael n'est pas Sarkozy, le ciel nous en préserve!". Cela mériterait un débat. Malheureusement, il n'est pas encore possible de réagir en ligne aux articles en ligne (ça viendra).

26 avril 2006

Réglementer la psychanalyse ?

Après la France (le fameux amendement Accoyer), le débat agite la Belgique. Le ministre Demotte veut réglementer la profession de psychanalyste. On leur reprocherait l'absence de reconnaissance de leur formation par l'université, la multiplication des écoles, voire l'ombre des sectes ! Certes, le métier n'est pas régulé. Les formations actuelles sont assurées par plusieurs écoles (freudiennes, lacaniennes,...) sans aucune aide de l'Etat. La décision de recourir à un pyschanalyste est un choix personnel et les prestations ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. La régulation par l'Etat ne risque-t-elle pas de poser davantage de problèmes ? Quelle autorité va "agréer" les thérapeutes? L'université, où elle est contestée - voir le récent Livre noir de la psychanalyse - peut-elle former des psychanalystes alors que le coeur  de cette formation par les associations les plus sérieuses réside dans une psychanalyse personnelle d'au moins 5 ans ?  Dans aucun pays au monde, on ne délivre de diplôme de psychanalyste. La régulation ne devrait-elle pas se limiter à une information du candidat à une analyse sur la formation et l'expérience de l'analyste ? La psychanalyse reste en fin de compte une expérience psychique intime. L'Etat doit-il s'en mêler ? L'Etat doit-il se mêler de tout surtout dans le domaine de la santé mentale ?

25 avril 2006

Acteurs du chômage

On a trouvé une petite perle : "Les acteurs bruxellois de l'emploi et de la formation". Comment s'y retrouver dans ce dédale politico-administratif? Ce document est extrait d'une publication sur l'emploi et la formation à Bruxelles de 182 pages (sic) du Centre de Documentation et de Coordination sociales, qui se dit "passeur de frontières, facilitateur de dialogue, vecteur de (re)connaissance et clarificateur du meccano institutionnel bruxellois"...

Le budget consacré à l'ORBEM a encore augmenté de 16,37 % (on passe de 26.532.000 en 2005 à 31.729.000 en 2006). Pas mal de moyens donc ... et pourtant le chômage bruxellois continue à augmenter.

PS (16H30) Ce soir sur Arte l'émission Thema continue à traiter du chômage. Epoustouflant numéro la semaine dernière comparant la (non) reconversion industrielle de Longwy en France à celle du Yorkshire, suivi d'un brillant dialogue entre deux anciens ministres du SPD allemand et du parti travailliste sur les réformes. Il faudrait offrir la cassette à tous nos ministres socialistes (et à quelques autres)!

24 avril 2006

Joe

80 000 personnes dans la rue, ce n'est plus un drame personnel mais un signal politique fort. Je n'ai pas voulu aller à la marche. Une femme ou un homme politique peut évidemment être aussi ému et sensible que tout autre citoyen, mais la participation d'un personnage public à une telle manisfestation ne peut être totalement désintéressée ... à moins d'y aller déguisé. D'un autre côté, si aucun "politique" n'y avait été, certains n'auraient pas manqué de crier à l'indifférence. Instruit par les (mauvais) précédents de Jean-Luc Dehaene lors des affaires Dutroux et des paras au Rwanda, Guy Verhofstadt a, me semble-t-il, constamment trouvé le ton juste.

Sur le fond, au delà de l'émotion et de l'indignation, comment interpréter  une telle mobilisation ? Le texte de la pétition n'aide pas nécessairement. Il y a longtemps que plusieurs personnes attirent mon attention sur les actes de délinquance dont sont victimes les jeunes dans la rue ou les transports en commun. Force est de constater que "à gauche", certains (mais pas un Picqué par exemple) ont trop longtemps minimisé ces faits. On se souviendra par exemple dans quelles conditions le ministre Verwilghen a du retirer son projet de "comparution immédiate pour des 'petits délits' ". A Bruxelles en tout cas, un problème est que beaucoup de jeunes délinquants sont arrêtés par la police, puis relâchés sans jugement, ni peine quelconque comme des travaux d'utilité générale. Le commissaire en chef de la Ville de Bruxelles affirmait il y a quelque temps que sur dix arrestations de jeunes délinquants, un seul passait devant les tribunaux. Enfin, merci au blog de Prométhée d'attirer notre attention sur celui de Rachid Madrane qui, à mots soigneusement choisis, n'hésite pas à faire du libéralisme une sorte de terreau de cette tragédie (sans que l'internaute puisse réagir).

21 avril 2006

Rwanda - Invitation à Shooting Dogs

Après le 7 avril 1994, menacés par les Interhahamwe, des centaines de Rwandais se sont réfugiés à l'ETO, l'école technique officielle Don Bosco de Kigali, où était cantonné un groupe de Casques bleus belges. Quelques jours plus tard, ils reçurent l'ordre d'évacuer l'école abandonnant les réfugiés à leurs bourreaux. Pour se frayer un passage à travers les familles terrorisées, nos soldats durent  démarrer leurs jeeps à la sauvette et tirer en l'air. Dans les heures qui suivirent, au terme d'une véritable "marche de la mort" , des centaines de Tutsis et quelques opposants Hutus, furent massacrés. On peut aujourd'hui encore voir leurs tombes à quelques kilomètres de l'école.

Cet épisode trop peu connu constitue avec Srebrénica en Bosnie un des cas les plus honteux d'abandon par l'ONU et la communauté internationale de populations en danger, vivant de plus sous leur protection directe. Connaissant quelques survivants, j'ai essayé plusieurs fois d'attirer l'attention sur cet épisode tragique, notamment au moment de la commission d'enquête du Sénat sur le Rwanda.

Cette histoire fait l'objet du film Shooting Dogs que je vous invite à voir ensemble.

PS. Projection privée du film "Shooting Dogs" le mardi 2 mai à 19h00 au cinéma Vendôme (chaussée de Wavre, 18 à Ixelles). La projection sera suivie d'un débat. Le prix d'entrée est de 8 euros. La vente des tickets débutera dès 18h30. Réservation indispendable avant le 26 avril par e-mail: destexhe@senators.senate.be

Adoption et Tour Madou

Tour_madou_2 1. Vote serré au Sénat hier soir sur l'adoption par des couples homosexuels. 34 pour et 33 contre. J'ai voté contre. Vote trop serré à mon avis pour un sujet de société qui divise nos compatriotes. Sans compter que dans plusieurs partis, la discipline imposée a amené quelques parlementaires à voter contre leur conviction intime. Comme nous ne sommes que 71 et que ce genre de débats dure un certain temps, on finit par savoir ce que chacun en pense vraiment. Dommage que même sur des sujets éthiques, les partis s'en mêlent (pas au MR, heureusement). Guy Verhofstadt voulait absolument que la proposition de loi soit votée et il a passé quelques coup de fils juste avant le vote ... qui ont porté leurs fruits.

2. La Tour Madou, flambant neuve, est vraiment très belle : une rénovation réussie, à mon avis, de la plus haute tour de Bruxelles.  Un peu partout dans le monde, en Asie surtout mais aussi en Europe, les hautes tours, les gratte-ciels, les "skyscrapers", reviennent en force. En Suède, on vient de boucler une Tour de 400 mètres tandis que la Défense, à Paris, entend rester le plus grand centre d'affaires européen et prévoit la construction de 4 tours, dont une dépassera 400 mètres. A propos, quelle est la plus haute tour du monde ?

PS. Vers midi, un nouveau post avec une invitation à voir "Shooting Dogs" le film sur la tragédie de l'ETO à Kigali au Rwanda en 1994.

Sans commentaire (11)

"Au lieu de s'étriper avec les bourgmestres de la côte pour savoir si on va construire 15,5 éoliennes au large de Knokke ou d'une autre partie défigurée de la côte belge, étudions au niveau européen comment en construire dix mille, à trois cents kilomètres au milieu de l'océan."

Olivier Deleuze, Le Soir du 21 avril

19 avril 2006

Complexités bruxelloises

Les déclarations de Yves Leterme sur Bruxelles suscitent un certain émoi. Comme d'habitude, chacun réagit, dans son rôle, selon une lecture exclusivement communautaire (Picqué et Di Rupo). Mais ce n'est pas parce que Yves Leterme pose une question avec de lourdes arrières pensées qu'elle n'est pas pertinente.

Regardons les faits. Est-il encore justifié d'avoir 19 communes sur un territoire si étroit ? Les limites géographiques n'en sont-elles pas souvent aberrantes (Bruxelles Ville par exemple)? Qu'est ce qui justifie un parlement de 89 membres (davantage que le Sénat ou le Parlement wallon ou flamand) pour une ville d'un million d'habitants ?  Et la Cocof ? Et 178 bourgmestres, échevins ou présidents de CPAS ! Pourquoi une si lourde dépense publique de nature administrative et une telle complexité ? Avec de terribles conséquences en matière d'aménagement du territoire, d'urbanisme, d'infrastructures, de culture, etc. Regardez l'éclairage urbain, la voirie, le mobilier urbain, la signalisation routière ... et comparez avec Paris, Londres, Amsterdam. Chacun sait que le moindre projet est freiné par la complexité d'institutions forgées pour les mandataires publics davantage que pour les citoyens ... D'ailleurs on ne leur demande jamais leur avis.

Oui, je sais, il y a toujours des explications bien belgo belges. Rassurez-vous, on les connaît toutes. Mais en ce qui concerne notre capitale, n'est-il pas possible d'élargir la réflexion au delà du débat communautaire? N'est-il pas hypocrite de camper sur des positions communautaires pour refuser de voir les problèmes majeurs d'organisation et de gouvernance publique qui se posent à Bruxelles? Et pourquoi des politiques francophones ne pourraient-ils aussi faire ce constat ?