Complexités bruxelloises
Les déclarations de Yves Leterme sur Bruxelles suscitent un certain émoi. Comme d'habitude, chacun réagit, dans son rôle, selon une lecture exclusivement communautaire (Picqué et Di Rupo). Mais ce n'est pas parce que Yves Leterme pose une question avec de lourdes arrières pensées qu'elle n'est pas pertinente.
Regardons les faits. Est-il encore justifié d'avoir 19 communes sur un territoire si étroit ? Les limites géographiques n'en sont-elles pas souvent aberrantes (Bruxelles Ville par exemple)? Qu'est ce qui justifie un parlement de 89 membres (davantage que le Sénat ou le Parlement wallon ou flamand) pour une ville d'un million d'habitants ? Et la Cocof ? Et 178 bourgmestres, échevins ou présidents de CPAS ! Pourquoi une si lourde dépense publique de nature administrative et une telle complexité ? Avec de terribles conséquences en matière d'aménagement du territoire, d'urbanisme, d'infrastructures, de culture, etc. Regardez l'éclairage urbain, la voirie, le mobilier urbain, la signalisation routière ... et comparez avec Paris, Londres, Amsterdam. Chacun sait que le moindre projet est freiné par la complexité d'institutions forgées pour les mandataires publics davantage que pour les citoyens ... D'ailleurs on ne leur demande jamais leur avis.
Oui, je sais, il y a toujours des explications bien belgo belges. Rassurez-vous, on les connaît toutes. Mais en ce qui concerne notre capitale, n'est-il pas possible d'élargir la réflexion au delà du débat communautaire? N'est-il pas hypocrite de camper sur des positions communautaires pour refuser de voir les problèmes majeurs d'organisation et de gouvernance publique qui se posent à Bruxelles? Et pourquoi des politiques francophones ne pourraient-ils aussi faire ce constat ?
Le problème des Francophones et de la majorité de leurs élus, c'est qu'ils ont la facheuse tendance à crier au lion flandrien sans vouloir admettre que le coq chante les pattes dans le guano. Il ne s'agit pas de dire que les revendications flamandes sont pertinentes et justifiées, mais comme vous, j'estime aussi qu'il est hypocrite de se réfugier dans des positions communautaires pour refuser de voir les problèmes structurels qui accablent Bruxelles (et la Wallonie).
Avec bientôt 30% de chômeurs à Bruxelles et une Wallonie passablement sinistrée, il est peut-être d'autres priorités que de camper dans des sophismes d'extension territoriale et de privilégier enfin des actions concrètes face aux problèmes.
Rédigé par: Promethee | 19 avril 2006 at 13:24
Et que dire des problèmes de sécurité. Voir les policiers longer les voiries qui structurent la frontière linguistique, et constater qu'ils ne veulent pas intervenir si quelque chose se passe "à gauche" de la rue...
Rédigé par: Alexis de Tocqueville | 19 avril 2006 at 14:36
New-York 10 millions d'habitants et 1 maire
Bruxelles 1 million, 19 maires et 1 gouvernement
Pourtant New-York regroupe plus de 80 nationalités et beaucoup de langues et de dialectes sont parlés.
Faut-il que les Belges, Bruxellois, Flamands et Wallon soient masochistes pour financer un système qui n'est que lourdeurs et complications.
Puisque la région Bruxelloise à son gouvernement, quelle est encore l'utilité réelle des 19 communes ? Ne pourrait-on les fusionner et les faire passer sous la tutelle du gouvernement de la région.
Pauvre utopiste que je suis.
Rédigé par: Jean-Philippe | 19 avril 2006 at 16:50
La Belgique, c'est un mystère magritien fait de savants compromis institutionnels qui font tenir la maison sur ses fondations, mais au prix d'une lourdeur politique et administrative unique. Bruxelles étant évidemment la quintessence de ce schéma....
Rédigé par: Promethee | 19 avril 2006 at 16:58
Bravo pour votre position non démagogique et donc courageuse. Notre fédéralisme est un échec et particulièrement le fédéralisme à trois puisque deux régions (Bruxelles et la Wallonie) se positionnent constamment contre la troisième (solidarité Wallonie-Bruxelles...). Ce type de fédéralisme, hautement centrifuge, doit donc disparaitre.
La Confédération Helvétique, plus unitaire dans les faits que la Belgique (les partis y sont nationaux)est divisée selon des critères non linguistiques (cantons). Pourquoi n'adoperions nous pas un fédéralisme basé sur nos 9 provinces ?
Rédigé par: PB44 | 19 avril 2006 at 16:58
Le problème exposé aujourd'hui des "postes-gaspis" en surnombre [doux pléonasme...] est révélateur d'anachronismes bien plus anciens. En Wallonie, on qualifie cela de "mentalités sous-sous-régionalistes", éventuellement "d'esprit de quartier". Idem d'ailleurs dans la Flandre de Mr Leterme (avec les nuances culturelles qui s'imposent)! En RBC, il nous fallut donc trouver un pendant. Dès les réformes lancées durant les années '70s (puis un re-do en RBC 1989), les dominants PSB et PSC d'alors se devaient de "répartir" les compétences et des postes historiques "qui allaient avec". Cette pertinente métaphore s'applique parfaitement aux services publics.
Il suffit d'invoquer le mot "besoins" + adj. "humains" pour qu'aussitôt on ajoute des constructions institutionnelles (plus un cadre bien proportionné, renforcés par des staffs à statut ambigu), etc. Chacun s'est offert alors un quartier de la grande tarte sans avoir jamais questionné si les morceaux n'étaient pas devenus indigestes aux yeux d'une population irritée mais passive (le créneau était ouvert pour que l'écologie politique s'y trouve une place...)
Une fois les quartiers découpés au prorata de l'influence, Y-a-Ka les manger. Si les portions sont trop grandes, on invitera un plus grand nombre à table. Beaucoup de mandataires de tous niveaux ont eu intérêt à se conforter dans les termes parfois obsolètes de la Loi communale ("droits démocratiques acquis"), sinon plus largement d'invoquer d'autres lois et coutumes dont certaines empruntent aux privilèges du moyen-âge. Cfr. Fusions des communes de 1977. Ils furent ainsi adaptés par couches successives au fil des ans, sans jamais avoir imaginé d'en faire une "remise à plat". Avez-vous déjà noté les réactions qui vous sont opposées à l'idée d'entreprendre cette "ré-ingénierie" juridique, une révision des Codes ...? Dérangeant! Illustrations récentes: voyez les attitudes v-à-v des réformes "provinces et intercommunales wallonnes" qu'avaient initiées Ch. Michel avant 2004, sinon l'idée par D. Ducarme d'une fusion des intercommunales "eaux" en RBC. Rassurez-vous, Misters Courard & DiRupo vont arranger tout cela...
Et ça marche, bêtement, aussi longtemps où la pompe permet(tait) d'alimenter les budgets et les dotations. "Gérer" a souvent consisté à rogner les bics et les papiers toilette. Jamais à compter les postes en surnombre: le statut et la mobilité y relèvent du tabou, du sacré. La presse et des milieux concernés ont beau l'invoquer, motus!
Imaginez maintenant de devoir réduire à la juste proportion - face à des besoins qui ont évolué (en moins nécessaires) - on vous répondra les deux bras au ciel: "au scandale social". Mazette, avec le nombre de malades artificiels que compte notre société de nantis, et les clients-électeurs potentiellement révoltés, on comprend la démarche (particulièrement au P.S., mais aussi ailleurs).
Solution de toujours? On va taxer, indirectement: les entreprises, les gens, les ceci, les cela. Et l'U.E. ajoutera un jour prochain une couche de perceptions directes (projet en cours), sans enlever bien sûr aux droits acquis ...
Rédigé par: E.G. Simon | 19 avril 2006 at 21:41
Et la mobilité ? Les sens uniques et plans de circulation, décidés par les communes. On a vu les dégâts lorsque la Ville de Bruxelles a décidé toute seule de modifier le plan de circulation dans le Bois de la Cambre.
Rédigé par: Louis Fernandez | 19 avril 2006 at 22:13
Simplifions le paysage institutionnel belge, c'est tellement simple et concevable qu'on ne comprend pas pourquoi ce n'est pas encore réalisé ...
Sans doute parce que certains pensent que cela crée de l'emploi (pensez à tous ces mandataires publics qui ne disposeront plus de leurs avantages, d'autant de cumul de mandats) et y voient aussi un intérêt politique (clientélisme, retour d'ascenseur, ..).
N'y a-t-il pas moyen de former une majorité/coalition alternative pour réformer ce pays en profondeur ou apporter des améliorations conséquentes au système ?
Rédigé par: Adam Smith | 19 avril 2006 at 22:18
Merci de lancer ce débat qui parait complètement tabou pour les bourgmestres bruxellois.
Est il normal que la politique sportive, la politique d'urbanisme, la politique sociale soient différentes en se déplacant de quelques mètres dans notre ville ???
Et comme solution, pourquoi pas une "régionalisation à l'envers" c'est à dire plus de pouvoir à la Région et moins aux Communes ?
Rédigé par: alain | 19 avril 2006 at 23:30
Je ne sais pas si l'intérêt est de favoriser la Région au détriment des Communes, mais il apparaît nécessaire à tous de procéder à une "liposucion" des strates institutionnelles intermédiaires. La perspective d'un noeud de pouvoir unique comme à Anvers m'inquiète un peu, ne serait-ce qu'en termes de concentration de pouvoir pour un parti dominant en Wallonie et à Bruxelles..le jackpot assuré (et toute l'arrogance habituelle et l'incompétence propres à certains)!
Rédigé par: Promethee | 20 avril 2006 at 07:43
Le problème c'est que Leterme se fiche pas mal de la gestion de Bruxelles et de son efficacité, des communes et leurs bourgmestres: il met la pression pour le prochain round de 2007, c'est tout, en espérant encore flamandiser un peu plus Bruxelles. Les formidables Flamands qui gèrent très bien leurs affaires publiques auront un retour de manivelle, économique ou politique, comme l'histoire l'a chaque fois démontré, pour peu que les francophones soient lucides sur les intentions flamandes (une nation en marche!!).
Je signale au passage qu'il y a proportionnellement encore plus de communes pour les 6 millions de Flamands.
Rédigé par: joe | 20 avril 2006 at 07:58
Il est facile d'écrire que "les formidables Flamands qui gèrent très bien leurs affaires publiques auront un retour de manivelle, économique ou politique, comme l'histoire l'a chaque fois démontré", juqu'à preuve du contraire, ce qui intéresse les Bruxellois et les Wallons, c'est ce qui se passe d'abord chez eux...et puis quand bien même les Flamands vivent une meilleure situation socio-économique, ils n'ont pas volé leur prospérité...
Au lieu de regarder ce qui se passe de l'autre côté de la frontière linguistique en termes de "travers", l'épouvantail Vlaams Belang en tête, pour mieux édulcorer l'incurie de nos propres élus, nous ferions mieux de réaliser que notre coq chante toujours, certes, mais les pattes dans le guano...quand à l'Iris, il est bon pour le compost!
Rédigé par: Promethee | 20 avril 2006 at 08:39
La région bruxelloise est une aberration institutionnelle. Le FDF est complètement à côté de ses pompes et je ne vois pas pourquoi le MR s'encombre encore de ces revendicateurs unilingues et fiers de l'être d'un autre âge (voir Persoons dan le genre). 19 communes biscornues ça veut dire que rien ne peut se faire sans une multitude d'avals de mandataires conservateurs de leurs petits privilèges.
Franchement, en tant que Bruxellois, je préférerais revenir au Brabant ou n'importe quoi d'autre plutôt que cette région à deux francs qui coûte cher et qui ne sert qu'à financer la STIB et Yvan Mayeur.
Au fait, comment ça se passe à Auderghem pour vous Monsieur Destexhe? Pas trop de problèmes non plus avec Simonet le Rouge? Pouvez-vous me dire comment peut-on voter libéral à Bruxelles? Parceque à part vous lr MR bruxellois n'est pas à la traîne du PS question gaucho.
Rédigé par: Bruxellois qui en a marre | 20 avril 2006 at 08:50
"Pouvez-vous me dire comment peut-on voter libéral à Bruxelles? Parceque à part vous lr MR bruxellois n'est pas à la traîne du PS question gaucho."
Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
Une réfléxion qui semble être de plus en plus importante à interroger certains sympathisants. Du reste, en lisant la presse du jour, je lisais encore que l'on citait Destexhe au titre de "plus électron libre que jamais", ils n'ont certes pas encore compris que les gens en ont peut-être un peu marre d'une ligne politique floue, d'absence de projets et d'un parti qui ressemble plus à l'arche de Noé qu'à une formation moderne, ouverte et à la ligne politique assumée.
C'est peut-être le genre de choses que l'on aime pas lire mais considérant l'uppercut à venir, en octobre prochain, certains caciques devraient peut-être penser à aller chercher du boulot dans le privé...
Rédigé par: Promethee | 20 avril 2006 at 09:05
Dire que j'entendais encore sur les antennes de la RTBF ce matin que la multiculturalité "génère des problèmes mais est quand même une réussite dans notre pays" alors qu'on arrive même pas à vivre avec les Flamands sans se bouffer le nez...
Fusionnons tout cela, un seul gouvernement au suffrage universel et nous verrons bien comment se compose la majorité.
Rédigé par: SFo | 20 avril 2006 at 09:50
moi j'aime bien, cette politique de proximité, où finalement chaque quartier vit suivant ses besoins propres, cette politique qui tient compte des avis des habitants,pour l'embellissement des rues, les écoles, la gestion du parking,ect...C'est quand même notre qualité de vie qui en dépend, même si cela coûte cher à mon portefeuille.
Rédigé par: barjomen | 20 avril 2006 at 10:04
Alain Destexhe a bien sûr raison, mais attention à ne pas empirer la situation.
Le problème à résoudre n'est certainement pas un manque de centralisation, mais une "offre" politique surabondante, nuisible et coûteuse. Plutôt que de se livrer à un petit jeu de transvasements d'une entité politique vers une autre, éloignant au passage encore un peu plus le pouvoir du citoyen, il faudrait diminuer à la tronçonneuse le nombre de mandataires et fonctionnaires divers et surtout limiter les "compétences" publiques de manière plus drastique encore.
On ne soigne pas une indigestion politicienne par des mesures politiciennes, n'en déplaise aux homéopathes de tout cru.
Rédigé par: melodius | 20 avril 2006 at 10:47
Ce n'est pas la complexité (ni même le coût) des institutions bruxelloises qui pose un réel problème mais bien le rapport entre cette complexité et son efficacité, ses résultats. Et là, on peut en effet parler de calamité. Il y a trop peu de résultats positifs (urbanisme, infrastructure, mobilité,...) pour trop de complexité.
Une simplification ne sera pas garante d'une meilleure efficacité (avec ou sans le communautaire).
Par contre, un autre type d'organisation, éventuellement également complexe, mais orientée en fonction des vrais besoins de la région (et non pas des arrangements politiciens de ses mandataires - flamands comme francophones) pourrait améliorer la situation.
Rédigé par: Pijean | 20 avril 2006 at 11:27
Bruxelles dans le
Frigo communautaire (avant 1981) ne fonctionnait pas mieux. La complexité institutionnelle a été voulue par la Flandre pour garantir les droits de la minorité flamande.
Quelles solutions? Brussels DC? Les deux Brabants + Bxl comme Région (serait la plus prospère d'Europe)? Bxl flamande mais avec garantie à la minorité francophone bruxelloise désormais flamande? Bxl dérégionalisée et gérée par les deux autres Régions? Suivre l'exemple des capitales fédérales type Otawa ou Berne?
Biffez la mention inutile.
Rédigé par: Alexis de Tocqueville | 20 avril 2006 at 11:29
Si les structures publiques ne mettaient pas le nez partout, la question de la représentation de la minorité flamande en leur sein serait moins importante. La vraie solution, c'est de désétatiser, pas de creuser un trou pour en boucher en autre.
Rédigé par: melodius | 20 avril 2006 at 11:46
"La vraie solution, c'est de désétatiser, pas de creuser un trou pour en boucher en autre."
Attention, Melodius, tu vas finir par te faire traiter de chevalier de l'apocalypse ;))
Rédigé par: Promethee | 20 avril 2006 at 12:11
Je reprendrai ici deux des paragraphes de mon 9/04:
""Nombre d'organisations humaines se comportent comme les EPONGES. Elles ont la propriété d'absorber les "ressources liquides ( € )" qu'on leur déverse. La différence par rapport à la variété marine réside dans le fait qu'elles sont rarement engorgées (c-à-d que leur capacité d'absorption est incommensurable)!
Les organisations publiques sont plus grosses éponges que d'autres. Raison première = elles pêchent par un déficit de "bonne Gouvernance". Déficit de gouvernance: celle politique, autant que celle administrative, ou vice-versa. Car celle de l'Administration est devenue totalement subordonnée à la première, sans pouvoir lui manifester un sens critique des nombreuses intelligences qu'on y recense pourtant. De surcroît, lorsqu'un monde change si profondément que l'actuel le fait ... depuis plus de 30 ans ..., le STYLE de gestion et la LOGIQUE des systèmes sur lesquels s'appuie cette gestion eussent dû s'ajuster en conséquence. Haro donc sur les emplâtres et les ajustement "cosmétiques" déjà pratiqués. ""
"INNOVONS pour le futur" nous ressassent inlassablement les organes de l'U.E.. Alors, outre leur propre "approfondissement" sur lequel ils jargonnent depuis 10 ans sans l'avoir eux-mêmes véritablement entrepris, peut-être pourraient-ils nous déléguer un comité de leurs "experts" pour conseiller les huiles de nos divers partis en BE?
Sinon: OU, QUOI et COMMENT agir de manière "FAISABLE, PRAGMATIQUE", sans le Y-a-Ka que je viens de lire cinq ou six fois ci-dessus ???
Rédigé par: E.G. Simon | 20 avril 2006 at 16:00
Autre propos:
C'est bien aujourd'hui le dernier vote en séance pléniaire au sujet du projet de loi pour l'adoption par les couples homosexuels?
Je n'ai pourtant rien entendu au préalable comme moyens mis en oeuvre par les politiques opposés à ce projet (projet de manif, lobbying...)
Est-ce donc considéré acquis?
Rédigé par: Pijean | 20 avril 2006 at 16:28
Bonjour, il me semble qu'une bonne part de la complexité bruxelloise est liée à l'exigence de bilinguisme parfait qui a été exigée et obtenue par la communauté flamande...
Les flamands de Bruxelles représentent moins de 10% de la population mais on exige du moindre postier un bilinguisme parfait, qui n'est dans les faits le cas que pour les flamands d'origine, la conséquence c'est que les postiers ou les agents des administrations communales bruxellois sont flamands comme un nombre important d'autres fonctionnaires navetteurs, ils y travaillent, mais ils n'y payent pas d'impôts et ne participent aucunement au financement de la région.
Dans toutes les administrations et dans une bonne part des entreprises nationales qui ont leurs sièges à Bruxelles, les postes à responsabilités sont trustés par des flamands (voir le cercle de Warande). C'est eux qui organisent les sélections de leurs employés et au nom de cette exigence absurde, se cooptent entre eux...les propos de la ministre Grauwels, sont à cet égard très illustratif de la tactique employée...car il faut savoir que cette sélection se fait le plus souvent au détriment des compétences...
Les compétences linguistiques étant le premier et plus important critère de sélection pour trouver un emploi à Bruxelles, il suffirait dès lors de renforcer l'apprentissage des langues à Bruxelles...Fausse bonne idée...Car le plus important, c'est évidemment la bonne volonté des examinateurs...les boards de médecine de Floride et de Californie (voulant se garantir d'une invasion des médecins du reste des Etats-unis à l'heure de la retraite) sont connus pour avoir recalé plusieurs prix nobel de médecine!!!
Les flamands procèdent de la même façon...une amie juriste flamande m'a même avoué qu'elle n'était pas sûre de réussir l'examen de bilinguisme néerlandais (réservé aux candidats francophones) requis pour les magistrats!!! Vous avez beau comprendre et vous exprimez correctement en néerlandais, si votre interrogateur se met à parler patois, vous n'avez aucune chance...ils ne se comprennent parfois pas entre eux!!!
Cette tactique est à nouveau à l'oeuvre dans les propos récents de Monsieur Leterme...il faut renforcer le bilinguisme...la sévérité des examens, les contrôles etc...une mauvaise foi évidente et les francophones vont accepter comme à chaque fois ce piège grossier...ce qu'il faut, c'est nous comprendre...la connaissance d'une langue véhiculaire comme l'anglais, ou une connaissance scolaire de l'autre langue nationale serait parfaitement suffisante dans la majorité des cas, le recours à des services de traduction ou à de parfaits bilingues permettrait de solutionner le reste...mais la conséquence, ce serait une résorption significative du chômage des Bruxellois ( pour rappel plus de 25% de la population) et une augmentation significative des revenus de la région (moins de chômage, plus de revenu des impôts pour la région, une redynamisation des activités commerciales locales, etc...Mais cela les flamands n'en voudront jamais!!! Ils préfèrent des bruxellois pauvres...
En cas d'orage communautaire, il me semble que la région bruxelloise devrait revendiquer son autonomie et une répartition des exigences linguistiques plus appropriées à sa population à une énorme majorité francophone ou internationale, pourquoi pas limiter l'exigence de bilinguisme parfait à sa représentation dans sa population.
Rédigé par: Philip Hermann | 20 avril 2006 at 16:50
Bruxelles a toujours été une ville où on s'exprimait en Néerlandais (et non pas en "Flamand") et en Français. C'est une partie de notre identité et de notre richesse, et d'ailleurs, on aura beau avoir toutes les autonomies que voudrez, on ne s'affranchira pas de la géographie qui nous a mis entre des populations de langue néerlandaise et des populations de langue française. C'est donc rendre un très mauvais service aux francophones que d'encourager la mentalité encore trop commune du "le flamand, j'ai comme un blocage" dont les Flamands ont en effet bien profité pour s'imposer partout. On ne se vante pas de son ignorance Monsieur Hermann, on n'y cherche même pas d'excuses, on tâche de la réduire.
Rédigé par: melodius | 20 avril 2006 at 17:31