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février 2006

28 février 2006

Le plan Di Rupo (2)

Un brin de finances et de macro-économie. On nous serine les oreilles avec des chiffres qui frappent l'imaginaire : un milliard d'euros. 1,4 milliard pour être précis... On oublie de dire que là dedans, il y a des suppressions d'impôts locaux compensées intégralement par le budget régional et des budgets préexistants. Sans compter qu'une part non néligeable (40% environ) provient d'un emprunt que la Région wallonne devra conclure, et donc rembourser avec des intérêts. Les promesses d'aujourd'hui seront aussi les dettes de demain, qui viendront inévitablement amoindrir les marges futures de la Région. Il serait donc plus juste de dire que les moyens réellement nouveaux, hors emprunt, sont plutôt de l'ordre de 700 à 800 millions d'euros.

Quant à l'impact macro-économique de ce énième plan : il ne faut pas même chercher à l'évaluer (le gouvernement wallon n'annonce d'ailleurs aucun chiffre à cet égard). Si l'on compare à l'Objectif 1 dans le Hainaut, force est de constater que le poids relatif du Plan Marshall est 2,5 fois inférieur. En effet, l'Objectif 1 représente quelque 1,6% du PIB hennuyer chaque année, alors que le plan Marshall (même en surestimant généreusement au chiffre officiel de 1,4 milliard sur quatre ans) ne représente que 0,6% du PIB wallon. En outre, vu sa durée (on est aujourd'hui entré dans sa 13ème année), l'Objectif 1 aurait dû avoir un effet cumulatif que n'aura pas le Plan Marshall, limité à quatre ans. L'objectif 1 Hainaut, bien mieux doté en termes relatifs, plus long et bénéficiant de l'encadrement européen qui a au moins tenté de limiter les dérives de malgouvernance, n'a pas eu les résultats escomptés : les chiffres en témoignent. Le Hainaut ne cesse de décliner, à tel point que son PIB par habitant, exprimé en moyenne de l'Europe à 15, est passé de 77% à moins de 70% entre 1995 et 2002 : un recul, en termes relatifs, de plus de 10%.

A suivre ...

27 février 2006

Le plan Di Rupo (1)

Depuis 1998 donc, année pendant laquelle la jeune Région wallonne atteignit l'âge de sa majorité, on a vu les plans se succéder, pour littéralement s'emballer ces derniers mois. On a eu droit à la déclaration de politique régionale complémentaire, qui déjà en 1998 tentait de masquer ce qu'on appelait à l'époque "l'absence de projet wallon". Vint ensuite le contrat d'avenir, et ses petits frères renouvelés et actualisés. Qui se souvient aujourd'hui du célébrissime CAWA qui faisait plutôt penser à la dénomination populaire d'un jus noir et chaud qu'on sert d'ordinaire au petit déjeuner? Après vinrent les plans stratégiques transversaux (PST pour les intimes), animés par des commissaires spéciaux.

Après "la Vérité des Chiffres" et les rapports tout aussi alarmants d'économistes labellisés, il nous fallait carrément un plan Marshall ! Un plan portant le nom d'un général étranger, mort depuis longtemps... Le prochain sera peut-être le plan quinquennal Napoléon, ou bien le Gos-plan Jules César? Ce plan devrait être nommé de son initiateur, le plan Di Rupo, car il faut que son échec - assuré, nous nous en sommes expliqués au risque de lasser - puisse être renvoyé à son auteur, et pas à un malheureux général Marshall qui n'en avait pas tant demandé.

Demain : Plan Marshall / Objectif 1, le match des chiffres

25 février 2006

Soutien à Ingrid Betancourt

Lorsque j’étais à Médecins sans frontières, j’ai vécu les prises d’otages de certains de mes compagnons. Je sais d’expérience que la mobilisation, la communication, la solidarité comptent énormément.

Ingrid Betancourt est maintenant prisonnière depuis 4 ans, 1460 jours. Plus que jamais, il faut essayer de la sortir de l’isolement. Lorsqu’elle a été libérée, Florence Aubenas, a raconté qu’elle avait pris connaissance pendant sa captivité du mouvement de solidarité en sa faveur. On peut imaginer l’effet d’apaisement et d’espoir d’une telle mobilisation pour ceux qui sont victimes d’une prise d’otage.

La liberté d’expression qui a été retirée à Ingrid Betancourt, nous pouvons en disposer et la mettre à profit pour faire entendre notre soutien. Notre soutien mais aussi notre consternation face à une situation inadmissible : 1600 otages détenus en Colombie, au mépris de la dignité humaine et de la liberté. Un vaste mouvement d’opinion pèse dans la balance. Il constitue une sorte de harcèlement constant des ravisseurs.

PS: Je pars quelques jours; mais je vous ai concocté à partir de lundi, une petite série sur le plan Di Rupo = le plan Marshall.
A bientôt.

23 février 2006

Rythmes et congés scolaires

A la veille des vacances de carnaval, je reçois d'un enseignant le témoignage suivant que je vous livre:

"Un exemple parmi tant d'autres du décalage qui existe entre les décisions prises par le ministère de l'enseignement et la réalité de terrain : les dates de congés scolaires. En cette dernière semaine de février, enseignants et élèves traînent la patte pour se rendre dans les écoles : une fatigue pesante a gagné chacun. Les enseignants doivent faire des efforts surhumains pour conserver l'attention de leurs élèves, qui, à la fin de cette septième semaine de cours, sont arrivés aux limites de leur capacité de concentration.

La chose est d'autant plus frustrante pour les enseignants que l'écart entre les vacances de carnaval et celles de Pâques est de seulement quatre semaines : comptons qu'il faut en moyenne une semaine après un congé pour ramener les élèves à un rythme de travail normal. Ajoutons à cela que les élèves sont généralement assez dissipés la semaine qui précède le congé de Pâques, cela implique qu'il nous reste à peine deux semaines réellement utiles entre ces deux périodes de congé. C'est d'autant plus frustrant que nous n'avons pas pu travailler efficacement les deux semaines précédant le repos de carnaval parce que la fatigue accumulée déconcentre les élèves.

Les enseignants sont généralement d'accord sur la répartition "idéale" : espacer les périodes de congés scolaires de cinq à six semaines, six semaines représentant le maximum maximorum au-delà duquel la fatigue des élèves se met en travers des processus d'apprentissage. Voilà une décision simple à mettre en oeuvre, et qui remporterait l'adhésion des enseignants. "

Je partage assez cet avis, étant moi-même confronté à cette situation.

Auderghem

Je mènerai la liste des libéraux bruxellois du MR aux élections communales. Réunis en Assemblée générale, sous la présidence de Christophe Hardy, les membres de ma section locale m'ont demandé de mener la liste et je les en remercie. La presse en fait aujourd'hui assez largement écho.

22 février 2006

Créer 60.000 emplois ?

Une analyse très intéressante a été présentée lundi 13 février au SPF Sécurité sociale sur base du modèle macro économique sectoriel du Bureau Fédéral du Plan. L’impact a été mesuré à 7 ans.

Selon cette analyse, la diminution de 5 % des cotisations sociales employeurs entraînerait en Belgique la création de 24.310 emplois et une hausse de 0,24 % du PIB à salaires bruts inchangés. La mesure coûterait 1,226 milliards d’euros à l’Etat (soit à peu près l’équivalent du Plan Marshall dont le caractère créateur d'emplois reste à démontrer).

Mieux : une réduction de 50 % des cotisations sociales patronales ciblées sur les bas salaires entraînerait une augmentation de l’emploi de 60.590 personnes si les salaires bruts restent inchangés. En l’absence de blocage des salaires, la mesure n’entraînerait « que » une création de 34.040 emplois. Cette mesure coûterait, cette fois, à l’Etat, 1,465 milliards d’euros.  A comparer avec le coût de 60.590 chômeurs.

21 février 2006

Factures de téléphone

L'annonce de l'arrivée de Carrefour sur le marché du portable est une bonne nouvelle. Plus il y aura de concurrence, plus les prix baisseront. Pendant trop longtemps l'opérateur historique - Belgacom -a maintenu des tarifs excessifs alors que le prix des communications chutait. La redevance constitue encore maintenant une ponction injustifiée au plan économique. Elle devrait être ramenée aux frais d'investissement et d'entretien du réseau.

Par des questions parlementaires, j'ai tenté en vain de savoir ce qu'elle couvrait. Par habitude ou lassitude, nombre de citoyens ignorent que les opérateurs alternatifs (sic) proposent des communications moins chères mais la redevance reste un monopole probablement abusif. Pour les portables, le problème est le manque de transparence du marché. Le consommateur est face à plus de deux cents offres guères lisibles. Il n'a aucun contrôle sur les communications de l'étranger et le roaming. Les prix pratiqués dans ce domaine sont parfois proches du vol.

Mais que faire? L'IBPT (l'organisme belge de régulation) s'y est cassé les dents ; la Commission européenne aussi. La concurrence fait baisser les prix mais elle est faussée par l'opacité du marché qui est, je crois, organisée pour transformer l'usager en pigeon.

J'applaudis Belgacom lorsqu'elle vient concurrencer le monopole des cablo-opérateurs sur le marché de la télévision. Je l'aime moins lorsque je dois payer une redevance injustifée.

20 février 2006

Le PS au PASS

J'ai bien rigolé en voyant que le PS s'était réuni au PASS. Le Parc d'aventure scientifique de Mons-Frameries est une des plus grandes gabegies d'argent public des dix dernières années avec les Fonds européens de l'objectif I : plus de 60 millions d'euros engloutis.

Espérons au moins que cette réunion aura permis de faire un peu de pub pour le PASS qui manque de visiteurs.

19 février 2006

Grande Pologne

Au cours de la Seconde guerre mondiale, six millions de Polonais sont morts dont trois millions de juifs, presque tous les juifs de Pologne. Varsovie a été entièrement rasée en 1944 lorsque Staline décida d'arrêter son offensive au bord de la Vistule pour laisser les nazis anéantir la courageuse insurrection de Varsovie. Le communisme n'a été qu'une longue période de répression triste et de marasme économique. Ces faits ne sont presque pas enseignés dans les écoles. Ils sont pourtant au coeur du projet européen. La frontière psychologique du rideau de fer reste ancrée dans les esprits. Nous n'arrivons pas à intégrer dans un espace symbolique l'unicité européenne, celle du XIXème siècle et de l'entre-deux-guerres. Trop peu de Belges profitent des opportunités de cette nouvelle Europe. Saluons monsieur Delbart qui , avec un capital de départ de 1 000 euros, se trouve aujourd'hui à la tête d'une des plus grandes sociétés d'intérim de Pologne : la fortune sourit aux audacieux. Saluons aussi les syndicats européens qui viennent de se prononcer pour la levée des restrictions à la libre circulation des travailleurs de "L'Europe des dix".

18 février 2006

Sans commentaire (3)

Dans Libération, jeudi 9 février, Alain Finkielkraut :
« Nous voici maintenant confrontés à la planétarisation de la haine. Un convive inattendu s'est invité au banquet du sans-frontiérisme : après les médecins, les pharmaciens, les infirmiers, les avocats et les reporters, le temps est venu des fanatiques sans frontières. »

Dans Le Nouvel Observateur, numéro du 9 au 15 février, Jacques Juliard :
« Démocratie, liberté : ce que nous demandent les intégristes de l’islam, c’est de renoncer à être nous-mêmes. »