Le plan Di Rupo (2)
Un brin de finances et de macro-économie. On nous serine les oreilles avec des chiffres qui frappent l'imaginaire : un milliard d'euros. 1,4 milliard pour être précis... On oublie de dire que là dedans, il y a des suppressions d'impôts locaux compensées intégralement par le budget régional et des budgets préexistants. Sans compter qu'une part non néligeable (40% environ) provient d'un emprunt que la Région wallonne devra conclure, et donc rembourser avec des intérêts. Les promesses d'aujourd'hui seront aussi les dettes de demain, qui viendront inévitablement amoindrir les marges futures de la Région. Il serait donc plus juste de dire que les moyens réellement nouveaux, hors emprunt, sont plutôt de l'ordre de 700 à 800 millions d'euros.
Quant à l'impact macro-économique de ce énième plan : il ne faut pas même chercher à l'évaluer (le gouvernement wallon n'annonce d'ailleurs aucun chiffre à cet égard). Si l'on compare à l'Objectif 1 dans le Hainaut, force est de constater que le poids relatif du Plan Marshall est 2,5 fois inférieur. En effet, l'Objectif 1 représente quelque 1,6% du PIB hennuyer chaque année, alors que le plan Marshall (même en surestimant généreusement au chiffre officiel de 1,4 milliard sur quatre ans) ne représente que 0,6% du PIB wallon. En outre, vu sa durée (on est aujourd'hui entré dans sa 13ème année), l'Objectif 1 aurait dû avoir un effet cumulatif que n'aura pas le Plan Marshall, limité à quatre ans. L'objectif 1 Hainaut, bien mieux doté en termes relatifs, plus long et bénéficiant de l'encadrement européen qui a au moins tenté de limiter les dérives de malgouvernance, n'a pas eu les résultats escomptés : les chiffres en témoignent. Le Hainaut ne cesse de décliner, à tel point que son PIB par habitant, exprimé en moyenne de l'Europe à 15, est passé de 77% à moins de 70% entre 1995 et 2002 : un recul, en termes relatifs, de plus de 10%.
A suivre ...
Les commentaires récents