The Constant Gardener
Contrairement à la critique et à beaucoup de gens, je n'ai pas aimé "The Constant Gardener", le film issu du livre de John Le Carré. "Tiré par les cheveux" est l'expression qui résume mon sentiment à propos d'un film où tous les méchants (les multinationales, les gouvernements anglais et kenyan) sont opposés à quelques humanitaires, empressés de sauver des milliers d'ignorants utilisés comme cobayes par les méchants labos pharmaceutiques. Une histoire abracadabrantesque, comme dirait Chirac.
Nul doute que nombre de spectateurs sortiront de la séance en pensant que "c'est comme ça que ça se passe". Les multinationales occidentales sans scrupules, les gouvernements européens complices et les ministres africains corrompus. Le scénario pourtant est peu crédible et la chute finale ridicule.
Deux scènes m'ont plu car elles renvoient à notre responsabilité individuelle. Dans la première, l'héroïne veut prendre en voiture une femme qui vient d'accoucher et qui doit marcher 30 kilomètres pour rentrer chez elle; mais elle ne le fait pas car son mari lui dit que c'est le lot de toutes les femmes africaines. Dans la seconde, lors d'une attaque de rebelles, le pilote d'un avion humanitaire refuse de laisser monter à bord un jeune soudanais parce qu'il ne fait pas partie du programme de secours; le condamnant ainsi à une mort quasi certaine. En me plongeant dans mes souvenirs du temps de Médecins Sans Frontières, ces deux épisodes me semblent très réalistes. On ne peut pas toujours règler un problème, mais on peut toujours essayer de faire quelque chose.
The Constant Gardener de Fernando Meirelles avec Ralph Fiennes, Rachel Weisz, Danny Huston, Pete Postlethwaite, Bill Nighy, Donald Sumpter, Hubert Koundé. Actuellement en salle.
Entièrement d'accord sur le fond (sur base du roman car je n'ai pas vu le film). Cela reste une superbe histoire d'amour. Le hic : John Le Carré a un tel talent qu'on croie effectivement à son histoire. En interview, il avait déclaré : "Je suis très en-deçà de la réalité". Peu crédible mais beau roman.
Rédigé par: Mango | 28 janvier 2006 at 11:16
Je m'estime libéral; pourtant, j'ai aimé le film.
Certes, l'on a entendu, à droite à gauche, l'un ou l'autre son de cloche sur le manichéisme du film. Néanmoins, je pense que le spectateur avec un peu d'esprit critique sait très bien qu'un cas ne fait pas une généralité.
Je parlais encore de ce film avec des amis hier; voilà ce que j'en ai retenu (brièvement):
- de superbes images des panoramas africains;
- un thriller atypique (ce n'est pas parce que pour une fois les méchants sont dans le monde entrepreunarial qu'il faut jeter le film aux orties);
- une source de réflexion, tant au sujet du peuple africain qui se meurt que (et oui, désolé) de la propriété des médicaments.
Enfin, voilà ce que je retiendrai du film: un peu lent en première heure, mais de superbes images dans la seconde heure. Ma cote: 8/10.
Attention, pas de jugement hâtif quant au dernier tiret. Je ne vous ai pas fait part des conclustions; ne les anticipez pas!
Concernant le "peuple africain qui se meurt", peut-être les aiderait-on mieux en les responsabilisant plus qu'en les assistant continuellement. (Et je m'arrêterai là.)
Concernant la "propriété des médicaments", la réflexion n'a pas encore abouti à quelque chose. Je ne doute pas que certains d'entre vous chaque jour présents sur ce blog, sautant sur les mots et l'occasion, n'hésiteront pas à débroussailler une partie de la matière pour moi...
Bien à vous,
Olivier
Rédigé par: Anti-PS man | 28 janvier 2006 at 12:51
J'avais vraiment été pris par le livre que je me souviens avoir dévoré en 48h.
J'ai trouvé que le film ne resituait pas assez l'ambiance du protectorat brittanique et l'athmosphère qui règne au Kenya, tjs actuellement.
Quant à la trame, elle est évidemment romancée. Il faut bien entendu garder son sens critique et éviter les amalgames.
Comme le film est assez bien ficelé malgré tout, il y a un vrai danger de tirer des conclusions en sortant de la salle. La réalité semble en effet bcp plus complexe et moins simpliste.
Gardons surtout à l'esprit qu'il ne s'agit que d'un film ...
Rédigé par: baudouin | 28 janvier 2006 at 16:57
Allez, une réflexion:
Le 7 octobre 1871, Flaubert écrit à George Sand : " Dans trois ans tous les Français peuvent savoir lire. Croyez-vous que nous en serons plus avancés ? Imaginez au contraire que, dans chaque commune, il y ait un bourgeois, un seul, ayant lu Bastiat, et que ce bourgeois-là soit respecté, les choses changeraient ! "
Rédigé par: Alexandre Gilis | 29 janvier 2006 at 15:02
J'avais pour ma part trouvé le livre franchement mauvais.
Rédigé par: HP | 30 janvier 2006 at 10:22
Aaahhh... les méchantes multinationales et les gentils humanitaires ! Quelle vaste et sinistre blague. Cela alors que ces "humanitaires", ces "écologistes" sont à l'origine d'une des plus grandes tragédies dont souffre l'Afrique.
En effet, selon l'Organisation Mondiale de la Santé, ce sont 3.000 enfants qui meurent quotidiennement de la malaria. Les coupables de cette situation ? Au moins moralement... Encore une fois, nous retrouvons les "humanitaires" luttant contre les multinationales, qui dans leur sempiternelle lutte contre l'humanité réussirent à faire interdire une méthode efficace et bon marché pour combattre le moustique qui est le vecteur de la maladie. En effet, dès que fut effective l'interdiction de l'usage du DDT, la malaria, qui disparaissait au fil des années, reconquit de manière foudroyante tout le terrain perdu. Un beau succès de l'écologisme.
Une horloge permet de suivre le nombre des victimes des "humanitaires" :
http://www.junkscience.com/malaria_clock.htm
Comme le rappelle Steve Milloy dans ce site, en avril 1972, après sept mois d'audience, le juge administratif nommé par la EPA, Edmund Sweeney, conclut que "le DDT n'est pas cancérigène pour l'homme" et que "l'emploi de DDT selon les règles n'a aucun effet délétère sur les poissons d'eau douce, les organismes estuaires, les oiseaux sylvestres ou sur d'autre forme de vie sauvage".
Deux mois plus tard, l'administrateur de la EPA (membre et bénéficiaire de fonds de l'Environmental Defense Fund) William Ruckelshaus -qui jamais n'assista à aucune des audiences durant les sept mois que dura le procès du DDT et qui ne lut non plus les transcriptions des audiences- ignora royalement la sentence du juge Sweeney. Ruckelshaus déclara que le DDT était "potentiellement cancérigène pour l'homme" et l'interdit pour pratiquement tous les usages.
Rédigé par: Lucilio | 30 janvier 2006 at 10:54