Ma Photo

Inscription

Blog powered by TypePad

« Sacré Martou ! | Accueil | Histoire, mémoire et politique »

31 janvier 2006

Réponse à Guido Fonteyn

Dans une carte blanche (1) bizarrement intitulée, « Personne ne m’entendra jamais dire que tout n’est que gâchis en Wallonie » (mais qui a dit cela ?), Guido Fonteyn défend deux thèses. La première est que l’Etat-PS - il existe donc bien - est « la résultante démocratique de la présence massive de travailleurs dans les bassins industriels ».

Certes, mais cela ne justifie pas le clientélisme politique. Ce phénomène a bien été analysé par Rouquié, Hermet et d’autres. Il est considéré par tous les auteurs comme une perversion de la démocratie qui débouche, en Amérique latine, sur le caudillisme dont Charleroi, Mons et Liège connaissent des formes larvées. La seconde est que, la Wallonie étant jadis la première région industrialisée d’Europe, il était logique qu’elle subisse la première les délocalisations. Guido Fonteyn trouve donc « injuste de faire le procès de la classe politique wallonne » ce dont il m’accuse. Mais les délocalisations massives se sont produites, il y a 30 ans ! L’Angleterre, dont l’industrialisation est au moins aussi ancienne, a bien réussi cette reconversion, ainsi que d’autres régions d’Europe.

Ce qui nous ramène, non à la « classe politique » mais à … l’Etat PS et à son immobilisme. Pourquoi Schröder, Blair, les socialistes scandinaves réussissent-ils à faire des réformes courageuses et nécessaires, et pas notre PS ? Bien entendu, il ne me viendrait jamais à l’idée de qualifier Guido Fonteyn de sous-marin du socialisme wallon (2).

(1) Le Soir du 26 janvier 2006.

(2) Van Cau avait qualifié Alain Destexhe de « sous-marin de la Flandre » (Sud-Presse)

Ce billet a été publié le 1er février dans Le Soir, courrier des lecteurs

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/671263/4155257

Voici les sites qui parlent de Réponse à Guido Fonteyn:

Commentaires

Quitte à faire des comparaisons socio-historiques, disons que le système de clientélisme socialiste dont souffre la Wallonie, plus que du caudillisme sud-américain, se rapproche du système mafieux qui plomba la vie politique du sud de l'Italie durant 50 ans.

Rappelons que Guido Fonteyn a la détestable habitude de défendre les Wallons en Flandre mais de la plus inutile manière soit : refuser de leur mettre leur nez dans leur caca. Fonteyn a ainsi déclaré que Van Cau était un rempart contre l'extrême droite (avec un FN à 17% à Charleroi...). A mon avis, le clientélisme fait au contraire, à long terme, le nid de l'extrême droite.
Fonteyn, socialiste flamand, critique aussi régulièrement le sp.a lorsque celui-ci propose des réformes comme transformer l'ONEM en véritable organisme de placement.
Mais comme il n'est pas flamingant, les médias francophones lui déploient le tapis rouge.

Davantage d'accord avec Lucilio que, pour une fois, avec Tocqueville. Le PS est loin d'être seul en cause. Au service d'une grande entreprise filiale d'un grand groupe belge il y a quelques années, je n'ai pu que constater que la direction de cette firme bien privée avait connaissance et tolérait dans ses rangs des pratiques que l'on a connues en Italie: blanchiment, proxénétisme et trafic de stupéfiants... parce que c'était en Wallonie! Même une fusillade dans une localisation de l'entreprise avait été banalisée car "oui mais c'est à Liège". A chacun de balayer devant sa porte, citoyen ou entreprise privée, et de dire "non" au système.

J'habite la région liégeoise depuis 12 ans. Si on me demande ce qui a évolué positivement à Liège ces dernières années, j'ai beaucoup de mal à répondre. Quand le lève les yeux, je vois, pour l'instant, une grue, seule et immense : Une nouvelle gare, prestigieuse s'élèvera bientôt aux Guillemins. A la gloire des Liégeois, si braves, si chaleureux.
La crasse était à peu près partout quand je suis arrivé. Elle est toujours partout
aujourd'hui. Liège a le record européen en matière de criminalité urbaine et de taux de suicide chez les jeunes. C'est un peu comme les résultats des jeunes de l'enseignement secondaire (enquête PISA) en Communauté française : cela ne se peut ! Les enquêteurs se sont trompés. Un peu comme quand Mr Di Rupo dit à Mr Destexhe, les statistiques que vous avancez sont fausses. Point final.
Bref, Fonteyn ne va pas nous faire progresser.

[... l’Etat-PS est « la résultante démocratique de la présence massive de travailleurs dans les bassins industriels »...] De telles absurdités me laissent perplexe quand aux sources de réflection utilisées par des personnes telles que Guido Fonteyn, et sont symptomatiques de la mentalité également partagée par les socialistes wallons. Ces politiques s'arrogent la conviction d'être suivis par les masses en toutes circonstances, et justifient ainsi leur égémonie, mais que penser de tout cela en voyant la séparation de plus en plus marquée entre les syndicats , contact direct avec les dits ouvrier, et le parti(voir FGTB vs Di Rupo). La remise en question du clientélisme politique socialiste n'est plus à l'ordre du jour, c'est un fait avéré, car même pour celui qui la nierait contre toute évidence, son existence reste envers et contre tout le pilier du PS. Et ne croyez pas que je parle ici de choses m'étant étrangères, dont découle le manque d'arguments à l'appui de mes convictions. J'habite la commune "magnifiquement" administrée par notre chère présidente du sénat (ironie à son sens le plus pur), "fleuron" de la baronnerie socialiste de la région liègeoise. A l'approche des élections communales, je tente toujours de faire un bilan personnel des avancées réalisées les six années précédentes dans ma commune, et je ne vois que bourdes, gaspillage, gaffes, imbécilités, mauvaises gestions, et autres. Une question me revient toujours à l'esprit: comment la population peut-elle voter pour un parti qui la déçoit tant? La réponse est simple, le clientélisme continue son chemin, et ce à tous les niveaux, régional, communal ou communautaire. Je ne maintient pas que cette "maladie politique" est l'exclusivité du PS, mais l'épidémie qui y sévit ne permet pas de comparaisons. A force de voir persister cette gangrêne, toujours perfectionnée par ses adeptes, je ne serais pas étonnée de la voir un jour instaurée tel un modèle d'éducation dans les familles socialistes...

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.