Avant de le critiquer, les francophones feraient bien de lire le volumineux - et non traduit en français - Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe rédigé par le groupe "In de Warande". L'originalité de l'initiative est d'aborder l'éventualité de la scission du pays non sous l'angle traditionnel du nationalisme ou de la culture, mais sous celui de l'économie et du fonctionnement du fédéralisme. Certes, les réformes institutionnelles, la Flandre les a voulues, les francophones les ont surtout subies. Il n'empêche : dans nombre de domaines critiques, comme l'emploi par exemple, le mécano en place est coûteux et peu efficient. La thèse principale des auteurs est cependant que la Wallonie constitue désormais un fardeau économique pour une Flandre qui, selon eux, est peut-être prospère mais insuffisamment préparée aux chocs de la mondialisation. De larges segments de son industrie (automobile, textile, ...) sont menacés. Le taux d'emploi est un des moins bons d'Europe, etc. La Flandre peut-elle mener à bien des réformes douloureuses tout en maintenant un volume important de transferts financiers vers le sud du pays se demandent les auteurs ? Je ne partage évidemment ni les thèses ni les conclusions séparatistes de "In de Warande", mais je suis convaincu que les francophones feraient une grave erreur en mettant, comme certains ont eu tendance à la faire, cette critique argumentée sur le compte d'une énième éruption de prurit nationaliste. Elle dénote une tendance profonde en Flandre. Elle révèle une image très dégradée au nord du pays de la Wallonie, encore alimentée par les récents scandales touchant le PS. Pour le ministre-président flamand Yves Leterme : "Les auteurs de ce manifeste expriment tout haut ce que beaucoup de Flamands pensent tout bas". Nombre de Flamands ne croient pas le rebond wallon possible. A nous de les démentir. En attendant, si l'on tient - ce qui est mon cas - à l'unité de la Belgique, il faut lire ce manifeste pour comprendre ce qui se passe en Flandre.
Alain Destexhe
Si j'étais flamand, je serais séparatiste et ce depuis bien longtemps.
Il y a d'ailleurs au sein de ce groupe des intellectuels très intéressants.
Rédigé par: Molinari | 10 janvier 2006 à 00:50
Je ne crois pas la Wallonie capable de se redresser:depuis des décennies,les Wallons maintiennent au pouvoir les mêmes forces politiques incapables d'améliorer la situation de leur région.J'en viens à me demander si l'avenir de Bxl ne serait pas au nord du pays.(Non, je ne suis pas Flamand.)
Rédigé par: Klausner Robert | 10 janvier 2006 à 16:27
Effectivement,les flamands en ont assez et ne vont plus continuer longtemps à mettre des PAMPERS aux WALLONS !!!....
Rédigé par: jpd. | 10 janvier 2006 à 17:39
Quand on a annoncé la fermeture de la ligne à chaud d'Arcelor à Seraing et Chertal, on a annoncé la création d'ASBL, de grande réunions. Rue du Vertbois à Liège, il y a le Conseil économique et social de la Région wallonne, je passe souvent devant à pied et il ne s'y passe jamais rien ou alors les participants se cachent. Nous verrons bientôt des éoliennes le long de l'autoroute de Wallonie avec des ailes en forme de noeuds papillons. On les appellera des Elioliennes.
Rédigé par: Jean-Paul Leburton | 10 janvier 2006 à 18:11
Le ras le bol flamand est-il économique, culturel ou politique ?
Economiquement la Flandre s'en sort "plutôt pas mal". Mais dans quelle mesure la sortie de Bruxelles de la région Flandre permetttra-t-il de prolongé cette "success story? Bien sûr, ces chefs d'entreprises le savent et Bruxelles est capitale pour eux.
Culturellement, même si cela ressemble fort à des clichés, la Flandre à la culture du travail. L'entrepreneuriat est chose normale et, dans beaucoup de domaine, l'administration est un support à celui-ci. C'est parfois le cas à Bruxelles (je suis moi-même responsable d'entreprises bruxelloise et flamande). Tout qui connaît la fonction publique en Wallonie pourra se faire sa propre opinion.
Politiquement, le PS à travers son président est arrivé à imposer à nos 4 grands partis (du moins aux présidents de ceux-ci) un mode de pensée du politiquement correcte où en dehors de l'économie (qui est de toute façon socialiste et encore pour longtemps en Wallonie) chacun dis la même chose avec des nuances de moins en moins perceptibles.
Dire non aux votes des étrangers non européens, c'est être raciste.
Revendiquer plus de police mieux équipé, c'est être fasciste.
Maintenir les devoirs à l'école pour nos enfants c'est créer des discriminations.
Subsidier des entreprises en pertes depuis des années c'est être sociale.
Je ne partage certainement pas les opinions émises plus haut, mais en Flandre, les grands partis offrent des "alternatives"...
Alors si j'étais flamand, je ne verrais probablement qu'une seule solution pour sortir de cette situation ou un seul parti est parvenu à instaurer un seul discours dans une Belgique où nous devrions vivre à deux...
Rédigé par: Mertens Marc | 10 janvier 2006 à 19:28
Félicitation pour votre article. Je ne suis pas fière d'être wallonne aujourd'hui et je comprend de mieux en mieux les flamands séparatistes bien que je sois pour une belgique unie. A samedi.
Rédigé par: Josine NGUYEN | 10 janvier 2006 à 19:50
Une fois de plus, vous évoquez un sujet important, presque "tabou" en Wallonie. Wallonie où la pensée semble parfois "dogmatique", "monolytique".
Je remarque aussi que les citoyens du Nord du pays, réalisent qu'ils consacrent trop d'argent au Sud. Et c'est une première en ce sens que ce constat est fait sans frénésie communautaire, linguistique. Juste sur une base économique. Je remarque aussi chez les néérlandophones, qui disent : "il resterait juste les affaires étrangères, ou l'armée, comme activité fédérale". Je vais plus loins : pourquoi les relations extérieurs "fédérale" ? Il serait préférable de gérer ce domaine là, également en disparate (raison= si fausse route, il vaut mieux deux ministères que un ! ). Vous voyez, si l'errance économique wallonne continue, la séparation pourrait être totale.
Et pourquoi continuera t'elle cette errance ? Parce que le wallon vote encore et toujours pour le PS, qui ne pense qu'à exclure la composante MR des niveaux de pouvoir.
Un changement dans les urnes ? Je pense qu'il y en aura un, mais sera t'ilsuffisant ?
Rédigé par: Christian Willame | 11 janvier 2006 à 10:21
Les transferts nord-sud ont été pendant longtemps un tabou absolu dans cette partie de la Gaule belgique. A tel point que quiconque aurait osé l'évoquer eut été écorché en Place de Grève.
Le même sort attend icelui qui se permet de "comprendre" les réactions séparatistes des Flamands : il est derechef taxé de social-traître voire d'adepte du national-socialisme.
L'explication en est limpide : reconnaître qu'il est devenu chaque jour plus évident que le retard économique des Wallons par rapport aux Flamands nourrit les forces centrifuges a valeur d'aveu d'incompétence pour la classe politique (au premier rang duquel les politiciens PS puisque, comme le dit le proverbe : on ne prête qu'aux riches).
Il faudra au sieur et valeureux Destexhe la solidité d'un roc pour poursuivre son oeuvre de transparence tant il est vrai que cela lui vaudra des inimitiés jusques et y compris parmi ses amis politiques.
Le "système" a ses lois que la raison n'ignore pas : des centaines de milliers de Wallons profitent depuis vingt ans de ces passe-droits qu'on appelle aujourd'hui du vocable barbare de clientélisme.
Le peuple, bon par nature, mais si facilement corruptible, a dû, lors des dernières décades s'adapter à cette situation tribale et croit dur comme fer qu'il ne devra son salut que par une assistance quelle qu'elle soit. Ah l'Etat! Conspué longtemps parce que arme d'oppression de la classe ouvière, voilà qu'il est paré, par la gauche, de toutes les vertus! Etrange paradoxe!
Mais qui sait si le soutien des urnes ne viendra pas faire d'Alain de Stexhe (qui mérite bien, ma foi, une particule) un héraut de la libre entreprise? Pour cela, chers amis, il faudrait que cette noble acception de "libéralisme" cesse d'être pourfendue dans toutes les gazettes du Royaume. Et cela n'est pas gagné.
Rédigé par: Alexis de Tocqueville | 11 janvier 2006 à 15:48
Cher Monsieur,
Je lis toujours avec beaucoup d'intérêt vos réflexions, qui sont un souffle d'air frais dans un microcosme politique francophone bien terne, et j'y souscris très souvent.
En revanche, comme j'ai déjà eu l'occasion de vous l'écrire, je n'arrive pas à comprendre que vous continuiez à tenir à l'unité de la Belgique, alors que, comme vous le dites vous-même, les velléités indépendantistes contituent "une tendance profonde en Flandre". Yves Leterme ne laisse d'ailleurs subsister aucun doute à ce propos ("Les auteurs de ce manifeste [In de Warande] expriment tout haut ce que beaucoup de Flamands pensent tout bas."). Il est donc évident qu'en adoptant, comme ils le font depuis tant d'années, une attitude purement défensive, les francophones, minoritaires dans l'Etat belge et confrontés à un quasi-consensus flamand, sont, à terme, condamnés à la défaite. Nous sommes, nous francophones, condamnés à espérer un répit dans l'appétit flamand, répit dont nous savons fort bien qu'il ne se produira pas.
Vous dénoncez à juste titre les turpitudes de la classe politique wallonne, qui ont largement contribué, à n'en pas douter, au déclin de la région. Mais je suis persuadé que le cadre belge n'y est pas non plus étranger. Imaginons ce que serait devenue la Wallonie si, depuis trente ans, elle s'était trouvée intégrée à la République française. Pour s'en faire une idée, il suffit de jeter un coup d'œil du côté de Lens, de Lille ou de Valenciennes.
A quoi bon, dès lors, poursuivre l'expérience de la Belgique ?
Les Wallons sont majoritairement favorables au maintien de la Belgique, objectera-t-on (comme le disait encore J.C. Van Cauwenberghe pas plus tard que ce matin à la radio). Soit. Mais n'appartient-il pas aux femmes et aux hommes politiques de montrer le chemin, d'ouvrir des perspectives, plutôt que de suivre le troupeau ?
J.P. Roos
Rédigé par: J.P. Roos | 11 janvier 2006 à 21:06
"les francophones feraient une grave erreur en mettant, comme certains ont eu tendance à la faire, cette critique argumentée sur le compte d'une énième éruption de prurit nationaliste"
Hélas, ce constat ne semble pas encore bien intériorisé par une foule d'apôtres de la béatitude francophone...
Rédigé par: Promethee | 11 janvier 2006 à 21:48
Non, il n'appartient nullement aux politiciens de montrer un quelconque chemin. Les politiciens ne sont pas là pour guider le peuple vers la voie du bonheur, ils sont uniquement là pour représenter leurs électeurs. Aller a contrario de leur électorat et de la population qu'ils sont supposés représenter est totalement anti-démocratique et constitue le préliminaire de la dictature. Les politiciens ne sont à leur place que tant qu'ils appliquent la politique pour laquelle ils ont été élus - axiome démocratique bien oublié en Belgique et dans les démocraties occidentales en général.
Les votes apportés par la population (le troupeau, comme vous semblez vous plaire à l'appeler) ne sont pas des chèques en blanc.
Rédigé par: Gadrel | 11 janvier 2006 à 22:25
@J.P.Roos : Vous plaidez la cause d'une Wallonie intégrée à la république française, pourquoi pas? Personnellement, je n'y ai pas d'objection de principe puisque je ne suis pas nationaliste, et encore moins patriote.
Cependant, j'aimerais vous faire par de mon point de vue en tant que libéral et non en tant que "belge". Il existe un principe, assez largement reconnu chez les théoriciens politiques libéraux, qui veut que la centralisation du pouvoir politique est néfaste à l'individu dans son "rapport de force" avec le pouvoir. Cela s'explique par l'importance que prennent les coûts de sortie à mesure que la centralisation s'accentue (voir par exemple http://www.liberalia.com/htm/hhh_contre_centralisme.htm ). L'idée de concurrence institutionnelle s'inscrit également dans cette réflexion.
De ces analyses, je pense pouvoir déduire que les libéraux wallons (oxymore?) s'ils décident de tourner le dos à la France, seraient plus inspirés de réclamer une Wallonie indépendante qu'une Wallonie 23ème région française. En conclusion, je citerais cette boutade - lourde de sens - de Friedrich Hayek (prix Nobel d'économie 1974) : "Quand la France sera libérale, c'est que le reste du monde le sera déja depuis longtemps".
Rédigé par: Molinari | 11 janvier 2006 à 23:21
* tourner le dos à la Flandre, pas à la France, vous aurez rectifié de vous-mêmes.
J'ajoute que Hans-Hermann Hoppe, l'auteur de l'article que je donnais en lien, est allé défendre sa thèse au congrès économique du Vlaams Belang, on comprend bien la motivation des dirigeants du VB à l'avoir invité.
J'entends déja venir les amalgames entre Hoppe, qui est un intellectuel libéral, et ce parti fasciste qu'est le VB. Il ne faut pas hésiter à prendre la perche tendue par les gauchistes :
- Le dialogue, quelque soit votre interlocuteur, n'implique pas la collaboration avec celui-ci;
- Les tabous ne font pas bon ménage avec la recherche de la vérité;
- Contrairement aux socialistes, nous ne sommes pas des adeptes de la police de la pensée et du délit d'opinion. Dédicace spéciale à Philippe Moureaux, l'inquisiteur en chef, qui a donné son nom à toutes les lois les plus liberticides du pays;
- Puisqu'on parle de programme économique, j'attire votre attention sur la ressemblance frappante entre les politiques économiques socialistes (réformistes) et fascistes. La propriété privée des moyens de production n'y est pas supprimée, mais largement violée et contrôlée par le pouvoir. Ici, une conférence vidéo de Hoppe, "The Economic Doctrine of the Nazis" : http://mises.org:88/ss05-Hoppe
Rédigé par: Molinari | 12 janvier 2006 à 05:42
[Message corrigé, je ne sais pas comment supprimer le précédent.]
Cher J.P.Roos, si vous penser que le nord de la France ce porte mieux que la Wallonie, c'est que vous n'y avait pas souvent mis les pieds. Allez faire un tour à Valencienne ou à Maubeuge, particulièrement dans les petites villes périphériques comme Anzin, ou les villes frontalières comme Quiévrechain ou Crespin. Et vous verrez à quoi ressemblent les assistés français qui vivent avec un RMI de 350€ par mois. Dans des communes ou le taux d'actifs est inférieur à 25 % de la population. Avec tous les investisseurs potentiels qui fuient l'impôt de solidarité sur la fortune.
Non, je ne vois vraiment pas ce que la Wallonie aurait eu à gagner à vivre sous l'air Mitterrand et son successeur depuis 30 ans.
Je me demande bien ce que nous avons à leur envier ? La carte scolaire ? L'Impôt sur la fortune ? Olivier Besancenot ?
Rédigé par: Mercure | 15 janvier 2006 à 12:46
@Gadrel. Vous dites qu’« il n'appartient nullement aux politiciens de montrer un quelconque chemin »
Effectivement pour des questions aussi fondamentales que la scission de la Belgique, le citoyen doit s‘exprimer et le seul moyen démocratique est le référendum, préparé et obligatoire comme le sont les élections. Mais aujourd’hui, il n’est même pas constitutionnel et surtout comment l’introduire alors que l’institution en place s’accommode très bien de son absence ?
En ce qui concerne les questions de simple gouvernance, au 19ème on notait deux écoles: celle du mandat et celle qui disait « vous ne m’avez pas élu pour défendre vos idées, mais pour que la nation profite des miennes ». La vérité est entre les deux. il faut à la fois un mandataire et un pilote qui navigue en temps réel dans un cadre donné.
Rédigé par: Jean-Marie | 15 janvier 2006 à 17:30
Cher Monsieur le sénateur,
Etant Flamand, je suis convaincu que la majorité des Flamands n'ont rien contre la peuple wallonne ni contre les francophones en genéral. La raison de divorce serait seulement d'une raison économique. Les Flamands investissent beaucoup d'argent dans votre région mais, et ca depuis longtemps, l'argent tombe dans les portemonnaies des baronnies locales et incompétents au lieu que dans des projets économiques qui pourraient vraiment aider votre région. Si vous, Monsieur le sénateur, serez le nouveau chef politique de votre région, j'en suis sur que vous n'avez que des amis á l'autre partie de la frontière.
Rédigé par: Christoph | 17 janvier 2006 à 11:06
La Wallonie va mal. Le problème réside au sein des hommes politiques, qui, au pouvoir depuis des dizaines d'années pour certain d'entre eux, ne se rendent pas compte (ou ne veulent pas se rendre compte) qu'ils ne relaient absolument plus les idées et les opinions du peuple. Pour gouverner, il faut pouvoir faire abstraction de ses objectifs personnels et mettre en avant une dynamique dans l'intérêt d'une communauté. Ce que nous montrent les hommes politiques au pouvoir en Wallonie est EXACTEMENT le contraire.
Rédigé par: Tigy | 18 janvier 2006 à 15:11
Le vendredi 20 janvier sur rtl/tvi le Duce de Mons s'est dérobé, et n'a pas répondu aux questions posées,toujours la sempiternelle langue de bois,et l'Ode au PS,ainsi vat-il en république démocratique de wallonie, il faut avoir bien du courage pour vouloir dialoger avec un personnage d'une mauvaise foi aussi évidente les bras m'en tombent.
Rédigé par: francis | 23 janvier 2006 à 17:04