Le Soir nous annonce - "Le Soir ose le débat" - que Pascal Bruckner rejoint l'équipe des chroniqueurs. En voilà une bonnne nouvelle dans cette actualité marquée par les - assez ridicules et si typiquement belges - interviews aux fenêtres des voitures présidentielles. Voilà qui va un peu équilibrer politiquement un groupe de chroniqueurs assez marqué à gauche (Plenel, ...). Saluons aussi le doyen "Paul Mathil" que je lisais déjà à 14 ans et qui a toujours fait preuve d'une grande lucidité sur le "socialisme réel" à une époque où ce n'était pas si courant.
Ce matin, je conduis ma fille à Zaventem à 4H30 du matin pour un vol Jetair. Première queue à l'accueil Jet air; deuxième totalement bordélique à l'enregistrement Jetair (pourquoi ne pas s'y rendre directement et faire une seule file organisée en fonction des arrivées ?), 3ème au "Flight Care" où je remplis les papiers pour mon enfant qui voyage seul (pourquoi ne pas le faire à l'avance via Internet ? Une seule employée fait tout le boulot, trois autres font semblant de s'activer), puis trois quart d'heures ... au contrôle sécurité. Sympa pour les personnes âgées, les enfants, ceux atteints d'un handicap, ... et pour tous les autres. Louis Michel est dans la file, les employés le reconnaissent, ce qui n'empêche qu'il est longtemps passé au détecteur avec une joie assez suspecte.
Au total deux heures trente d'attente debout. Tout cela pour un vol ... retardé de 6 heures. Coût du parking express où je ne pensais rester qu'une heure ... 30 euros que Jetair ou Biac me remboursera sans doute...
Bref notre aéroport national n'est pas capable d'organiser un jour de départ en vacances. Et pourtant, il prélève pour ces "prestations" des frais prohibitifs qui peuvent s'élever à un tiers du billet d'avion !
PS. J'ai acheté un billet pour Lourdes 59 euros dont ... 34 de taxes d'aéroport.
The Economist relate cette semaine (The jailer's dilemma) les conclusions de deux études scientifiques sur l'évaluation du risque de récidive criminelle; l'une portant sur 7 ans sur la violence en général, l'autre sur 15 ans pour des crimes sexuels. En termes de politiques publiques, les conclusions sont un peu déprimantes. Si l'on prend le groupe des délinquants sexuels, le risque de récidive est de 30 à 43%. Mais si l'on tente d'évaluer la probabilité individuelle de récidive en fonction d'une série de critères, l'intervalle varie de 3% à 95%. Autrement dit, si l'on sait avec certitude qu'un nombre significatif de criminels vont récidiver, il est quasiment impossible de prédire lesquels. Ce qui rend assez aléatoire le travail des commissions de libération anticipée ou conditionnelle,... du point de vue de la prévention de la récidive, en tout cas.
L'Athénée Royal Andrée Thomas a décidé d'interdire le port du voile. Le monde politique a toujours refusé de prendre ses responsabilités à ce sujet et a laissé aux établissements le choix d'autoriser ou d'interdire le port de signes religieux ostentatoires. Dans la grande majorité des établissements où le problème se pose, ce port est interdit. Les quelques écoles qui l'autorisent deviennent donc des écoles "refuges" ou "ghettos" où le port du voile devient très important (130 jeunes filles sur 370) et est incontestablement lié à une forme de prosélytisme islamiste. Les établissements ne prennent pas la décision d'interdiction à la légère. S'ils le font (comme à Laeken il y a quelques années), c'est parce l'affichage ostensible de signes religieux témoigne aussi de problème sous-jacents plus graves concernant l'enseignement du génocide des juifs, les cours de biologie, ceux de sports (refus de participer aux cours de gym ou de natation, etc...). Confronté à des manifestations des élèves, je ne peux que soutenir cette décision prise à l'issue d'un vote (61% contre 37%) des professeurs et des éducateurs. Avec Anne Marie Lizin, nous avions tenté d'ouvrir le débat au sein du monde politique. Mais, autant au niveau du Sénat que de la Communauté française, la discussion a été refusée ... (malgré ... 400 articles de presse en quelques mois). C'est aussi cela la Belgique, le refus de débattre de ce qui fâche...
La campagne anti-sarko se déchaîne sur le net. Les blagues qui circulent à son égard sont parfois bien tapées, parfois franchement de mauvais goût, je vous laisse en juger. Sur le thème "Sarko facho", les qualificatifs dont il a été affublé ne se comptent plus.
De l'extrême droite, Sarko a pourtant été lui-même victime ; lui à qui Le Pen a reproché ses origines hongroises...sans susciter aucune levée de bouclier de l'élite anti-fasciste, à peine choquée de l'insulte. Une telle attaque à l'égard de Ségolène Royal aurait suscité un tollé.
Dans l'ensemble, les invectives des détracteurs de Sarkozy relèvent de pratiques d'amalgames, critiques un peu faciles qui contournent les vrais enjeux du débat présidentiel. Si le candidat les a parfois facilitées par quelques dérapages de langage, c'est surtout sur son programme économique et social qu'il est plus crédible que la candidate socialiste. La France est en déclin (toutefois toutes les régions de la France métropolitaine sont plus prospères que la Wallonie). Elle a besoin de profondes réformes économiques et sociales. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui le meilleur espoir de la France.
Visite avec la société littéraire du chantier de la nouvelle gare Euro Liège TGV. Très belle. Malgré son prix élévé (plus de 400 millions d'euros), les Liégeois pourront être légitimement fiers de cette construction, qui du ciel se voit de très loin. En fait, on ne voit qu'elle et la centrale de Tihange. Reste à voir l'effet d'entraînement qu'elle pourra avoir. Le projet de liaison avec la Meuse est très beau en vidéo, mais dans une perspective futuriste.
Colloque du CHAC, l'association qui défend les malades de l'hépatite C animée avec un courage exemplaire par Muriel Collinet. Je les soutiens depuis 5 ans. Les témoignages sont toujours émouvants car en Belgique on n'arrive toujours pas à rembourser correctement les différents examens de diagnostic et de suivi de l'hépatite C. Une maladie qui touche 1% de la population et qui constitue un problème de santé publique aussi important que le SIDA. Cette réalité m'indigne car nombre de ces traitements sont disponibles et remboursés dans la plupart des pays de l'Union européenne. Pourquoi pas chez nous ? Demotte ne veut rien entendre. Et notre absurde système avec 7 ministres de la santé, chacun dans des compétences propres, ne permet pas une approche globale de la maladie. Les patients enragent - à juste titre.
Ce dimanche, Didier Reynders présentait les listes MR à 10 heures du matin au Hall 3 de la géode du parc des expositions de Charleroi. On n'a pas vu Van Cau mais il présente Michel Daerden ce jeudi au prestigieux Cercle de Lorraine de Bruxelles. A ne pas rater - pour 35 euros - le binôme qui a coulé l'un Liège, l'autre Charleroi.
Enfin, dimanche soir j'ai suivi les résultats du premier tour de l'élection présidentielle et je vous ai sélectionné sur France 2 des extraits des interventions des trois premiers. Puis, j'ai été retrouvé les jeunes du MR et les étudiants libéraux qui organisaient une soirée à la Toison d'or. J'ai aussi lu Ensemble, le livre de Sakozy, dont je vous reparlerai.
Et ce soir, je vous rappelle la projection du film d'Al Gore avec ensuite un court débat.
Maintenant je vais dormir. A demain.
"Nous ne voulons pas d'une société de privilèges, d'une société de castes"
Elio Di Rupo, au congrès du PS
"D'une période de bien être facile sortent des hommes étriqués. Non parce qu'il y naîtrait, par génération spontanée, des gens sans tempérament mais parce que le caractère n'y éclôt pas, et demeure virtuel faute de se trouver sollicité. Une société habitée par la crainte de la grandeur impose le silence aux personnalités trop vastes. Ne sachant pas les empêcher d'exister, elle les oublie et les marginalise. Une très longue et très prospère paix, consacrée au seul souçi du confort, engendre des bonheurs simples, l'habitude comme passion, la défense acharnée du petit avantage. Sans autre espoir que celui de perpétrer l'ordinaire, un peuple se donne alors des élites couleurs de muraille. On ne voit pas par quel miracle il en serait autrement".
Chantal Delsol, Le souci contemporain.
Le dernier sondage de l'institut Voltaire. Très étonnant. Vraiment à découvrir.
Amusant, non ? N'hésitez pas à l'envoyer à vos amis. Dans le monde réel, je serai 7ème sur la liste MR du sénat. Comme on dit dans le jargon, une place de combat car aux dernières élections nous avions 5 élus.
Mon élection dépendra donc directement du nombre de voix que je pourrais recueillir.
Aujourd'hui s'ouvre devant la Cour d'Assises de Bruxelles le procès du major Ntuyahaga, impliqué dans l'assassinat de nos 10 commandos au Rwanda. Dans "Qui a tué nos paras", écrit en 1996 à l'époque où le gouvernement de Jean Luc Dehaene refusait obstinément une commission d'enquête sur ce drame, j'écrivais en conclusion :
"Tous ceux qui ont trempé dans la préparation du génocide, dont la haine des belges, était un des ingrédients, ont aussi du sang belge sur les mains". Et j'ajoutais "Mais - et la responsabilité n'est bien entendu pas du même ordre - nos 10 paras ont aussi été victimes de la négligence et de l'incompétence du gouvernement qui les a envoyés au Rwanda".
L'enjeu de ce procès est de savoir s'il permettra de faire toute la lumière sur les responsabilités de ce drame. Sur les vrais commanditaires rwandais d'abord mais aussi, même s'ils ne sont pas sur le banc des accusés (j'ai longtemps soutenu la thèse que leur responsabilité était politique et non pénale) sur les ministres Claes, Delcroix et Dehaene, respectivement ministre des affaires étrangères, de la défense et premier ministre à l'époque. Leur absence totale de regrets et d'auto-critique, encore mise en évidence par le dossier noir de la RTBF, est effrayante. Nos soldats n'auraient pas du mourir. Et ils n'auraient jamais du se trouver dans cet état de désarmement physique et mental auquel l'armée belge les avaient préparés. Telles furent les conclusions de la commission Rwanda du Sénat. Alors que des parties civiles le demandent, le refus du parquet d'entendre Willy Claes et Leo Delcroix (alors que plus de cent témoins sont convoqués!) en dit long sur les pièges qui planent sur ce procès ....
Enfin, ne l'oublions pas, plusieurs victimes ou rescapés rwandais se sont porté parties civiles. La première ministre du Rwanda, Agathe Uwilingiyimana, a été aussi assassinée cette nuit là et le génocide des Tutsis a commencé. Ce procès constitue une occasion historique de leur rendre un peu de justice. La mort de nos paras marque le début du génocide. Et dans leur assassinat comme dans celui de toute l'opposition démocratique hutue qui survient simultanément, le major Ntuyahaga n'est qu'un petit exécutant.
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