13 mars 2008

Banque Nationale de Belgique, suite

Nbbfr Bon, j'ai eu quelques contacts avec la BNB ces derniers jours. Mes critiques en ont froissé certains qui ont tenu à me faire connaître leur point de vue. Par correction, je souhaite ici le résumer.

Gérant les réserves monétaires de l'Etat belge, la Banque nationale a aussi une série de fonctions qui lui sont imposées par la loi. Elle est en charge de toute une série d'études statistiques (souvent bonnes d'ailleurs, je lis chaque année le rapport annuel de la BNB qui parmi la tonne de papiers que l'on reçoit est l'un des mieux faits). Elle joue le rôle de centrale pour les collectes de données de crédits aux particuliers et pour les bilans des sociétés. Elle imprime des billets pour le compte de la BCE, ce que ne font pas nombre de banques centrales. Le travail de préparation des conseils de la BCE à Frankfurt demande beaucoup d'études et de temps car le mécanisme de décision de cette dernière est collectif. Les 15 voix du Conseil se valent et, chacun en conviendra, la conduite de la politique monétaire de la zone euro n'est pas une mince responsabilité.

Si l'on tient compte des différentes missions imposées par la loi, le nombre de personnes affectées à l'activité "banque centrale" serait plutôt de l'ordre de 1300.  Nombre de postes ne sont pas remplacés. Il y a quelques années, l'effectif était encore de 3.000 personnes pour deux mille aujourd'hui. Dont Acte.

Précisons enfin que si j'ai donné l'impression de m'attaquer à des personnes, je le regrette. Et je regrette en particulier une ligne injuste dans mon post d'il y a 3 jours (par magie, elle a disparu!) Comme le savent les lecteurs de ce blog, je dénonce  régulièrement les aspects peu démocratiques de notre système excessivement politisé. C'est, hélas, aussi le cas de la BNB où, comme l'écrit l'hebdomadaire Knack cette semaine, se retrouve un condensé de l'institutionnel belge (partis, employeurs et syndicats). Ce système est aussi incarné par des personnes et, ma foi, c'est un peu le lot des postes publics de se voir exposé à la critique parce que c'est cela l'essence de la démocratie...

09 mars 2008

474.000 euros pour Quaden : écoeurant !

Guy20quaden20verhofstadt Le Guy de gauche gagne deux fois plus que celui de droite (sic). C'est l'Echo qui l'a révélé. Le traitement de Guy Quaden est de 474.000 euros alors que celui de Jean-Claude Trichet  de la Banque centrale européenne est de 375.000 euros.

C'est écoeurant, pourquoi ?  1. Cette rémunération ne correspond ni a un risque,  ni à un mérite, pas plus qu'à une responsabilité à ce niveau, un talent, ou une réussite personnelle. 2. Elle est hautement anormale pour une fonction qui est désormais plutôt de type haut fonctionnaire que dirigeant de banque, 3. Elle envoie un très mauvais signal dans tout le secteur public : comment respecter l'Etat s'il autorise de telles pratiques et de tels écarts ?

Les nombreuses hautes fonctions que monsieur Quaeden a occupées, il les doit aussi au PS.  C'est cela la Belgique et c'est triste. L'an prochain, au renouvellement de mandat, il faudra veiller que son successeur ne gagne pas davantage que le Premier ministre (moins de 200.000 euros). Je rassure les inquiets : on trouvera facilement des bons candidats.

04 mars 2008

"L'affaire Sagawé"

Sagawé : le première fois que j'ai lu ce nom, avec cette consonnance, j'ai cru qu'il s'agissait du Rwanda. Et non, nous sommes en Wallonie.  Cette "affaire", c'est le degré zéro de la politique, mais tellement révélateur de l'impuissance politique. 14 ans de procédure pour en arriver là !

1500 euros pour accompagner Sarkozy

251007_airbus_cabines_futur22 1.500 euros : c'est le montant facturé par l'Elysée pour le vol et une nuit d'hotel aux journalistes qui accompagnaient Nicolas Sarkozy en Inde. Chez nous, les Airbus de l'armée sont mis gratuitement à la disposition des journalistes accompagnant les ministres qui peuvent en bénéficier. Nos excellences régionales financent aussi des déplacements, en leur compagnie, sur des lignes régulières. Chacun le sait : ces pratiques constituent un moyen facile même si coûteux de s'acheter une couverture médiatique à bon compte.  Dans "Démocratie ou particratie", nous avions proposé que ces sommes soient mises à la disposition d'un fonds pour financer des déplacements que les rédactions choisiraient ... en toute indépendance.

28 janvier 2008

Pas plus de deux mandats consécutifs pour le bourgmestre

Vrijwilligers3 J'approuve, évidemment, la proposition d'Armand de Decker de limiter dans le temps (un seul renouvellement), le mandat du bougmestre : une pratique fréquente dans les vraies démocraties et une proposition qui figure dans notre livre "Démocratie ou particratie? ". Extraits :

"Comme nombre de bourgmestres ou d’échevins doivent leur mandat parlementaire à leur implantation municipale, il en résulte de nouvelles sources de conflits d’intérêts  (...) ainsi qu’un puissant lobby de municipalistes au sein des parlements, empêchant de facto toute évolution qui permettrait de renforcer les synergies et les contrôles, et de réduire la dimension clientéliste du scrutin local. Cette situation est particulièrement marquée au sein du parlement bruxellois, entravant l’émergence d’une réelle approche régionale, seul niveau vraiment pertinent pour nombre de politiques publiques (transports, urbanisme, culture). Le mandat local restant souvent la clé du mandat parlementaire, voire de celui de ministre, une culture clientéliste tend ainsi à se développer selon un système pyramidal aux divers niveaux de l’Etat. (...) Comptes consolidés des entités paracommunales, réviseurs imposés par la Cour des comptes ou un autre niveau de pouvoir, interdiction ou limitation stricte des cumuls, limitation à deux mandats consécutifs de bourgmestre ou d’échevin comme de nombreux pays, déclaration et contrôle strict des conflits d’intérêts, application réelle de la loi sur les bourgmestres empêchés, contrôle de la Cour des Comptes…  les pistes ne manquent pas pour corriger le flou de la gestion communale, mais le poids des mandataires locaux empêchent trop souvent que ces questions soient ne fût-ce qu’évoquées dans les assemblées parlementaires..". A suivre...

06 décembre 2007

Vive Saint Nicolas !

Stnicolas il y a quelques jours, j'ai reçu une invitation sympathique pour la Saint Nicolas distribuée en toutes boîtes dans mon quartier : une simple feuille A4 pliée en deux sur papier ordinaire. Très bien, mais une initiative que je trouve déjà moins agréable lorsque je lis "Ce petit journal est édité avec le soutien de la COCOF dans le cadre du programme de Cohésion Sociale" !

Vive Saint Nicolas !

30 novembre 2007

Très chers cabinets

Fond1_cabinets Contrairement aux promesses faîtes dans la foulée de l'affaire Arena, les dépenses de cabinets en Wallonie et en communauté française n'ont pas diminué. Elles ont même augmenté. C'est en tout cas le constat du professeur Robert Deschamps (FUNDP). Selon lui, les francophones dépensaient déjà 2,26 fois plus que les Flamands pour leurs cabinets ministériels. En 2007, selon le budget, ce sera 2,74 fois plus.

28 novembre 2007

Plan de fréquence radios et gouvernance publique

Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi les mêmes radios avaient des fréquences différentes selon les sous-régions du pays. Je me souviens d'un ministre qui, à peine nommé, déclarait à la télévision, que c'était sa priorité. Presque 10 ans et quelques ministres plus tard, le problème va paraît-il se résoudre prochainement ?

On comprend que les enjeux soient importants (RTL et RTBF sont à couteaux tirés sur ce dossier, les autres radios ont peur d'en faire les frais), mais voilà encore une belle illustration de l'impuissance relative du politique qui mine la confiance du citoyen.

Dans le Trends, Rudy Aernoudt rappelle les problèmes graves de la Belgique (fiscalité, emploi, complexité, inefficacité publique,...) et ajoute "Le lecteur de Trends dira 'rien de neuf sous le soleil', mais c'est précisément là que réside le danger". Nous sommes tellement habitués que les alarmantes comparaisons internationales ne nous inquiètent plus. Comme disait Martin Heideger, ce qui fût un cri risque de devenir du radotage. Un peu ce que je ressens sur la malgouvernance et la politisation excessive, par exemple.

19 septembre 2007

Plan National de Sécurité

Le syndicat de la police belge s'inquiète du projet de Plan National de Sécurité 2008-2011: les faits criminels les plus graves ne seraient plus prioritaires - Extraits de sa Lettre ouverte

"ne seront plus prioritaires la criminalité grave contre les biens tels que corruption, les fraudes aux marchés publics, la criminalité grave organisée contre des biens, tels que vols à main armée et autres prises otages (tiggerkidnappings, early mornings, Hold-up au préjudice d'institutions bancaires, car-jackings, vols à main armée dans commerces, hold up sur fourgons, lutte contre les trafics d'héroïne (alors que les saisies ont plus que doublé en 2006), les vols de véhicules ou de chargements, certains crimes ou délits dans le cadre de la criminalité économique et financière grave et / ou organisée...

Nous constatons que les vraies priorités criminelles disparaissent, et que d'autres s'ajoutent, et notamment les violences intra familiales, les violences extra familiales (?), la contrefaçon et les cambriolages dans les habitations.

Comble du comble (vu la logique implacable des statistiques) et vraisemblablement parce qu'il n'y a pas eu d'attentats terroristes en 2006, le terrorisme ne figurait plus dans la liste initiale, il a heureusement été ajouté par la Direction Générale de la Police Judiciaire.

...les cambriolages ou la contrefaçon qui y figurent ont un degré de gravité bien inférieur à celui des priorités supprimées" .

17 septembre 2007

Rudy Aernoudt, avec toute ma sympathie

Aernoudt_rudy_column_2 En Belgique, on aime couper les têtes qui dépassent. Rudy Aernoudt vient d'en faire les frais. Son licenciement brutal montre les limites du discours de la Flandre sur la bonne gestion, le "goed bestuur". La gouvernance flamande n'est que marginalement meilleure que celle du sud du pays. On y trouve les mêmes maux : trop d'agents, politisation, création de structures bidon pour recaser des copains, omniprésence des cabinets (500 personnes en Flandre) que Rudy avait eu l'outrecuidance de comparer dans son livre "Wallonie-Flandre" à des Cours ministérielles.

Il paye tout cela, lui qui était arrivé en tête de l'évaluation (par une société externe) lors du recrutement pour la direction de l'administration de l'économie flamande. La semaine dernière, il m'expliquait encore avec fierté les résultats engrangés : travail par objectifs, évaluation et - une grande première - la suppression de la "pointeuse".

Rudy, il te reste à postuler pour le poste de directeur de l'administration wallonne puisqu'on nous annonce une grande dépolitisation .-)

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