Nous avons été, Anne Marie Lizin et moi, les premiers à déposer une proposition de résolution au Sénat visant à interdire le port de signes religieux à l'école.
Nous y rappelions les raisons qui justifiait une législation. 1. Pour défendre dans les espaces publics que sont l'école et les administrations, l'égalité homme-femme, la neutralité de l'État et l'ordre public. 2. Pour réaffirmer le rôle de l'école comme un lieu d'apprentissage de l'autonomie individuelle et de la conscience critique. 3. Pour protéger des mineures, favoriser leur émancipation et leur intégration dans la société où elles vivent 4. Pour ne pas exposer excessivement les enseignants aux conséquences de décisions qui relèvent du pouvoir politique. 5. Parce qu'à l'école, l'apprentissage de la vie en commun passe par une certaine réserve dans l'affirmation de son identité, notamment religieuse.
Après bien des tergiversations qui ont longtemps laissé les profs et les directeurs isolés pour prendre ces décisions courageuses, le Conseil d'Etat va dans notre sens, en disant (saisi par le Mrax) que l'interdiction n'est pas discriminatoire. Aujourd'hui la proposition discutée au sein du Cdh est rétrograde et terriblement électoraliste.
Selon la DH, le Cdh veut "Autoriser le port du foulard dans l'ensemble des établissements du réseau de la Communauté française, cette autorisation étant assortie de conditions, notamment : le respect par l'élève du projet pédagogique de l'école (notamment l'obligation de suivre tous les cours), l'interdiction du prosélytisme [...], le respect du principe général de mixité scolaire et l'interdiction d'arborer un quelconque vêtement couvrant le visage et les mains."
Plus globalement, le texte prône une politique "souple et non prohibitive" sur cette question, s'étendant à l'administration publique où le port du foulard contribuera au "pluralisme d'affirmation, seule manière d'envisager une société réellement tolérante".
Nous sommes nombreux à ne pas vouloir être servi dans une administration par un ou une fonctionnaire portant des signes religieux ostensibles car l'Etat doit être neutre. Et je reste persuadé qu'il serait plus courageux que le politique légifère plutôt que de laisser les directions et les professeurs décider au cas par cas, avec 90% d'interdiction et avec pour résultats des "écoles-refuges" ou "ghettos" dans lesquelles on retouve parfois près de 50% de jeunes filles voilées.
Le communiqué de presse
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