Ce matin ont été publiés de nouveaux résultats catastrophiques en sciences, lecture et mathématiques. L'enquête PISA 2006 ne montre, en effet, aucune amélioration par rapport à 2000 et 2003. Une autre enquête internationale (2006) de lecture et de compréhension PIRLS (Progress in International Reading and Literacy Study) portant sur des enfants de 4ème année primaire de 40 pays vient d'être publiée en anglais (le 28 novembre), mais elle est, hélas, passée totalement inaperçue.
Les résultats sont catastrophiques pour l'enseignement francophone. Notre communauté est tout simplement dernière de la classe européenne ! (voir la page 69 en lien) Si l'on prend la "valeur médiane internationale" (c'est-à-dire que la moitié des pays testés sont au dessus et la moitié en dessous), on voit que 7% des élèves atteignent le niveau avancé, 41% le haut niveau et 76% l'intermédiaire. En communauté française ces valeurs sont de 3, 23 et 66%. Un écart de plus de 20 points avec la Flandre qui est à 7, 49 et 90%. Singapour, le meilleur est à 19, 58 et 86%. 23% des élèves sont "bons (high)" chez nous, 49% en Flandre et 58% à Singapour (35% de plus!). Qui est le mieux placé dans le monde de demain ?
Notre pays n'avait pas participé à la première enquête de 2001. La seule bonne nouvelle pour nous est qu'entre les deux tests, 8 pays ont fortement progressé ... ce qui montre que c'est possible. Encore faut-il apporter les bonnes réponses. Je rappelle quelques unes des propositions que nous avons avancées dans notre livre "L'école de l'échec : comment la réformer ?
1. Une culture constante de l'amélioration qui passe par l'évaluation systématique des connaissances et des compétences acquises; 2. Une autonomie des établissements, avec notamment la responsabilité de l'engagement du personnel et la gestion des moyens de fonctionnement; 3. Un stop administratif et une autonomie pédagogique totale des enseignants, les résultats des élèves étant évalués par des épreuves externes ce qui est un incitant suffisant pour amener les enseignants à améliorer les pratiques.
Chez nous, c'est toute une approche pseudo-égalitariste mais qui débouche sur des inégalités extrêmes qu'il faut repenser. Il ne faut pas craindre la comparaison, l'évaluation et l'expérimentation (plutôt que la circulaire pour tous). Il ne faut pas craindre de laisser les professeurs et les établissements s'organiser eux-mêmes pour améliorer les résultats en comptant sur l'évaluation externe des résultats. Ainsi, au Canada par exemple, la province de l'Ontario qui améliore régulièrement ses résultats ne craint pas la comparaison publique et le débat autour de ce qui marche.
Avec de tels résultats, faut-il s'étonner que certains parents acceptent de faire 2 jours de file pour inscrire leurs enfants dans une "bonne école" ? Faute d'indicateurs mesurables, faute de culture de l'évaluation, au nom d'un égalitarisme bidon qui est un terrible déni de démocratie pour les plus démunis, la longueur de la file devient le seul critère d'appréciation des parents dans un système globalement médiocre et indigne.
Les commentaires récents