01 décembre 2008

Ecole : tirage au sort ou désobéissance civile ?

Loterie2905 Dure journée pour les parents qui attendent avec anxiété les résultats du "tirage au sort" pour savoir si leur enfant pourra aller oui ou non dans une bonne école secondaire. Une école sur deux, 44% dans le Brabant wallon sont concernées. L'Etat, qui ponctionne chaque année 6 milliards d'euros (240 milliards de francs belges), pour l'enseignement obligatoire est incapable d'offrir un enseignement de qualité à une majorité d'élèves. Au fond, pourquoi les directions devraient elles s'incrire dans le jeu décidé par Arena-Dupont ? Pourquoi ne pas laisser notre ministre procéder à ce tirage ?

17 novembre 2008

Inscriptions dans le secondaire

Qe9f4027_8 Large_347532_2 Les inscriptions dans le secondaire pour les "élèves non prioritaires" (sic) commencent ce lundi. Le ministre Dupont propose encore de changer le système l'année prochaine... Cela ne fera jamais que trois fois en trois ans...

En attendant tout ce qu'on entend, voit et lit atteste que la catastrophe scolaire s'amplifie...

25 juin 2008

épreuve commune aux 6ème primaires

L'épreuve 2008 "repose sur un grand principe : l’inférence. Autrement dit la capacité de déduire d’une information donnée des réponses pertinentes. Cette compétence, certes utile, semble être pour certains pédagogues l’arme absolue face à l’ennemi juré : la restitution. Celle-ci est anathémisée avec enthousiasme. Tu ne connaîtras pas les noms des fleuves et rivières par cœur, tu n’apprendras pas tes tables de multiplications, et tu n’honoreras pas les grandes dates de l’histoire sous peine d’excommunication majeure ! Au contraire, tu construiras patiemment ton savoir à partir d’informations glanées ça et là dans les documents les plus improbables. Voilà, en caricaturant un peu, la doctrine qui semble présider à la démarche de l’évaluation certificative".

Claude Wachtelaer,  inspecteur scolaire, carte blanche (dans Le Soir)

03 juin 2008

Langue de bois

Langue_bois_2 "Les enquêtes PISA donnent des indications depuis 2000 à raison d'un exrecice tous les trois ans. Nous en sommes à la troisième. Jusqu'alors, aucune évaluation globale et externe d'un système d'ensiegnement n'a eu lieu. Quant on sait que la Finlande a fait sa réforme sur cinquante ans! Je pense que le contrat pour l'école contient des pistes à mettre en oeuvre pour améliorer globalement les performances. Maintenant, l'objectif n'est pas de faire la course aux résultats mais bien d'organiser un enseignement qui permette à chacun, y compris au plus faible, de s'épanouir et de trouver sa place dans la société grâce à elle".

Annie Taulet, présidente du CPEONS, au Soir du 30 mai

31 mai 2008

Le jugement de Lille & Le voile (presque) interdit à Bruxelles

Voile2 Le jugement de Lille (divorce accordé pour cause de non virginité !)   témoigne une nouvelle fois des ravages du multiculturalisme mais, comme l'a dit Rachida Dati, il vaut sans doute mieux pour la jeune femme qu'elle puisse divorcer rapidement d'un tel fêlé de mari. On peut donc s'interroger ici sur l'attitude de la justice. Protège-t-elle une personne objectivement menacée ou cède-t-elle aux sirènes de la diversité culturelle et son cortège de régressions?

Dans le même registre, selon Le Soir, il ne resterait que quatre écoles secondaires à Bruxelles autorisant le port du voile. C'est quatre de trop étant donné qu'elles risquent de devenir des écoles ghettos où les parents qui veulent vraiment voiler leur fille les inscrivent. Dès 2002, avec Anne Marie Lizin, nous avions proposé d'interdire comme en France le voile à l'école par décret. Tollé à l'époque. Quelques années plus tard on y est presque, même si par hypocrisie et manque de courage politique, le poids des décisions a été laissé aux directions et aux écoles, alors qu'il s'agit d'abord d'une question de principe.

21 mai 2008

PISA suite

Deux précisions:

J'ai effectué tout mon parcours scolaire dans l'enseignement officiel et mes enfants y sont scolarisés. L'objectif est d'améliorer ce réseau et je suis convaincu que cela passe par une plus grande autonomie des établissements : donc une plus grande confiance dans les professeurs et les directions. Dans quel autre pays au monde existe-t-il au cabinet du ministre 14 personnes exclusivement affectées aux nominations ? L'autonomie devrait être accrue 1. dans l'engagement des professeurs;2. dans la gestion des moyens de fonctionnement; 3. dans l'organisation des horaires (par exemple une école devrait pouvoir décider que des classes de maths comptent un peu plus d'élèves pour pouvoir organiser une 'remédiation' en maths) 4. dans les injonctions pédagogiques à travers la remise en cause de ces absurdes socles de compétences (où les connaissances sont trop largement évacuées).

Comme il fallait s'y attendre, c'est l'argument socio économique qui est mis en avant pour contester mes conclusions. Mais alors qu'on m'explique pourquoi il y a une différence de 80 points dans les scores PISA en maths (le même test!) entre les enfants des mères universitaires  scolarisés dans le libre flamand et ceux de l'officiel francophone (tableau 10)? Le diplôme de la mère est le critère le plus admis pour qualifier l'origine socio-économique des élèves et celui qui sert dans nombre de systèmes pour la "discrimination positive". Bref on nous sert l'explication socio économique ou celle du financement depuis 20 ans, en refusant de considérer qu'il s'agit d'abord d'un problème d'organisation de l'enseignement.

Je vous suggère de regarder les reportages que la Une et RTL-TVI ont consacrés à ce sujet.

Enseignement : libre versus officiel

L'enseignement libre, meilleur que l'officiel selon PISA. Analyse des résultats de l'enquête.

Chat sur www.lesoir.be de 12 à 13 heures

19 mai 2008

2 +2 = 5

"En 2e primaire, 60 % des élèves de la Communauté française soumis en février à un test de maths externe l'ont brillamment réussi, démontrant qu'ils maîtrisent les compétences évaluées, tandis que 14 % des élèves ont obtenu un résultat insuffisant. Mais en 2e secondaire, la proportion est quasiment inverse : moins d'un élève sur cinq (17 %) prouve sa maîtrise des compétences. C'est pire encore dans l'enseignement différencié (technique ou professionnel) où la proportion tombe à 13 %, soit un élève sur huit"

07 décembre 2007

PISA : du bon usage de l'information

Présentation mardi du rapport PISA de l'OCDE. Deux conférences de presse sont prévues. La première, en anglais, organisée par l'OCDE en présence d'Arena et de Vandenbroucke; la seconde, en français, dans la foulée par Marie Arena avec l'experte liégeoise qui a coordonné la phase belgo-francophone, mais sans l'OCDE. Il y a peu de journalistes francophones à la première (aucune télé et radio), grande foule à la seconde.

Problème : le contenu des deux conférences de presse est différent. L'OCDE nous dit que ce qui marche, c'est la publication des résultats des épreuves standardisées, l'autonomie des écoles, notamment l'engagement des professeurs, la concurrence entre les écoles. Horreur, stupeur et tremblements discrets de la ministre qui fait semblant de ne pas comprendre et vante la soi-disant autonomie pédagogique de nos enseignants !

Dans sa conférence de presse - sans représentants de l'OCDE - elle relativise les chiffres calamiteux : "on a seulement un problème avec les 25% les plus faibles. Nos bons élèves sont dans la moyenne". Elle oublie seulement de préciser qu'il y a au moins 20% de bons élèves en plus en Flandre. L'experte vient confirmer le discours de la ministre et contredit ce qui figure noir sur blanc dans le rapport. Contre l'évidence, elle affirme que nos élèves ne sont pas si mauvais que ça. "ils ont reçu une éducation scientifique citoyenne" (sic). "Ils savent identifier qu'une question relève de la science" (bravo, ils ne confondent pas science et gym!). Un peu d'idéologie : "les resultats résultent de structures éducatives qui organisent la sélection au détriment de l'acquisition de compétences de base par tous" ... Les profs apprécieront. Et d'ailleurs "cette enquête, c'est un thermomètre comme un autre" et "tout n'est pas négatif" (il n'est donc pas certain que le malade soit gravement atteint).

Bref, l'ambiance est consensuelle, la ministre est ravie, son contrat pour l'école va nous sauver, les journalistes posent peu de questions et aucune, sauf une, ne titille un tant soit peu le discours officiel.

A méditer

PS: Conférence de presse au MR avec Françoise Bertieaux: dossier de presse et annexe.

04 décembre 2007

Lecture-compréhension : la communauté française, dernière de l'Union européenne

Moyentorrepisa Ce matin ont été publiés de nouveaux résultats catastrophiques en sciences, lecture et mathématiques. L'enquête PISA 2006 ne montre, en effet, aucune amélioration par rapport à 2000 et 2003. Une autre enquête internationale (2006) de lecture et de compréhension PIRLS (Progress in International Reading and Literacy Study)  portant sur des enfants de 4ème année primaire de 40 pays vient d'être publiée en anglais (le 28 novembre), mais elle est, hélas, passée totalement inaperçue. 

Les résultats sont catastrophiques pour l'enseignement francophone. Notre communauté est tout simplement dernière de la classe européenne ! (voir la page 69 en lien) Si l'on prend la "valeur médiane internationale" (c'est-à-dire que la moitié des pays testés sont au dessus et la moitié en dessous), on voit que 7% des élèves atteignent le niveau avancé, 41% le haut niveau et 76% l'intermédiaire. En communauté française ces valeurs sont de 3, 23 et 66%. Un écart de plus de 20 points avec la Flandre qui est à 7, 49 et 90%. Singapour, le meilleur est à 19, 58 et 86%. 23% des élèves sont "bons (high)" chez nous, 49% en Flandre et 58% à Singapour (35% de plus!). Qui est le mieux placé dans le monde de demain ?

Notre pays n'avait pas participé à la première enquête de 2001. La seule bonne nouvelle pour nous est qu'entre les deux tests, 8 pays ont fortement progressé ... ce qui montre que c'est possible. Encore faut-il apporter les bonnes réponses. Je rappelle quelques unes des propositions que nous avons avancées dans notre livre "L'école de l'échec : comment la réformer ?

1. Une culture constante de l'amélioration qui passe par l'évaluation systématique des connaissances et des compétences acquises; 2. Une autonomie des établissements, avec notamment la responsabilité de l'engagement du personnel et la gestion des moyens de fonctionnement; 3. Un stop administratif et une autonomie pédagogique totale des enseignants, les résultats des élèves étant évalués par des épreuves externes ce qui est un incitant suffisant pour amener les enseignants à améliorer les pratiques.

Chez nous, c'est toute une approche pseudo-égalitariste mais qui débouche sur des inégalités extrêmes qu'il faut repenser. Il ne faut pas craindre la comparaison, l'évaluation et l'expérimentation (plutôt que la circulaire pour tous). Il ne faut pas craindre de laisser les professeurs et les établissements s'organiser eux-mêmes pour améliorer les résultats en comptant sur l'évaluation externe des résultats. Ainsi, au Canada par exemple, la province de l'Ontario  qui améliore régulièrement ses résultats ne craint pas la comparaison publique et le débat autour de ce qui marche.

Avec de tels résultats, faut-il s'étonner que certains parents acceptent de faire 2 jours de file pour inscrire leurs enfants dans une "bonne école" ? Faute d'indicateurs mesurables, faute de culture de l'évaluation, au nom d'un égalitarisme bidon qui est un terrible déni de démocratie pour les plus démunis, la longueur de la file devient le seul critère d'appréciation des parents dans un système globalement médiocre et indigne.

 

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