19 mai 2007

Chômage et pénuries d'emplois : le bon sens ?

15 mai 2007

Liège - Bierset : une fête pour la stimulation économique

Bierset ou Liège airport. Un superbe hall de verre et d'acier ... entièrement vide. Le fruit du délire politique, du saupoudrage tant de fois dénoncé et une infrastructure inutile puisque l'aéroport de Liège se spécialise dans le fret et Charleroi dans les passagers (cela n'a aucun sens de développer deux aéroports régionaux sur le même marché et c'est un Liégeois qui le dit)

A une extrémité de l'immense hall, quelques ouvriers s'affairent à monter un podium et des projecteurs pour la grande affaire du lendemain : la fête pour l'inauguration de l'ASE. Non, c'est n'est pas l'Agence Spatiale Européenne, comme me l'a dit - sans perfidie - quelqu'un, mais l'Agence de Stimulation économique du Plan Marshall, opportunément inaugurée à 25 jours des élections en présence de "forces vives" de notre Région, comme dit le communiqué.

Un luxueux hall vide et ... 3 vols programmés ce mardi, un seul mercredi (l'écran affiche aisément tous les vols de la semaine) et, puisqu'il y a de la place, une luxueuse fête, confiée à une agence de copains (Cible). Le traiteur officiel de l'aéroport, qui avait gagné la concession, a été gentiment écarté (faut jamais négliger les détails). On est de fait en pleine stimulation économique ...des "amis" !

Photo039 A propos de cette ASE, censée en remplacer 70 autres (sic), on ne peut être qu'inquiet lorsqu'on lit dans le communiqué qu'une "double approche régionale et décentralisée par bassin a été développée" : de la belle langue de bois socialo-wallonne. En français, lisez "on ne remplacera pas les structures existantes (notamment les intercommunales de développement provinciales), mais on créera un bidule supplémentaire". A noter qu'il y aura aussi une "agence de stimulation technologique". Pourquoi deux agences ? Probablement parce qu'il y a deux partenaires au gouvernement wallon.

Bref, toute cette affaire ressemble fort à une caricature de ce que la Wallonie dirupienne prétend ne plus être et ce n'est évidemment pas avec ces pratiques que l'on s'en sortira.

Mais, dans ce même aéroport (décidément bien pratique!), j'ai aussi vu le meilleur et l'espoir. Des élèves motivés de HEC-ULg présentant des études de cas de développement d'entreprises. L'espoir d'une Région gâchée par des politiques publiques d'un autre temps.

Le tour de Bierset, en vidéo en 35 secondes, hier à 15H30 (youtube)

 

06 mai 2007

Sarkozy : et maintenant ?

Nicolassarkozy Victoire nette de Sarkozy. Bravo. Score moins écrasant que celui des lecteurs de ce blog qui le soutenaient à 7O% (25% Royal, 5% abstention).  Ségolène Royal, dont il faut quand même souligner les qualités (puisque depuis quelques jours j'entends surtout ses défauts), a quand même essayé d'amener la gauche française à plus de pragmatisme.

Pour Sarkozy, le risque est qu'il se "chiraquise", oubliant son programme de réformes économiques qu'il a déjà sérieusement atténué en fin de campagne (notamment en adoptant un discours protectionniste).

Sarkozy divise autant en Belgique qu'en France (mais peut-il en être autrement dans une élection à 2 tours?). Au marché de Boitsfort, à Liège, à Charleroi et La Louvière, j'ai entendu beaucoup d'éloges sur la clarté de son programme qui contraste avec le caractère plus flou de la politique belge (proportionnelle oblige). Je suis favorable a une plus grande dose de scrutin majoritaire. Chez nous, le second tour se joue uniquement entre partis après et parfois ... avant les élections ( à ma connaissance ce n'est pas le cas cette fois).

Espérons que la victoire de Nicolas Sarkozy fera réfléchir les Belges le 10 juin. Elle nous évitera au moins un supplément de postures d'auto-satisfaction chez nos propres socialistes. A moyen terme, elle aura peut-être des conséquences sur le débat socio-économique en Belgique francophone. Certains thèmes pourront peut être être plus facilement abordés, tant nous restons tournés vers  la France.

Carnet de campagne

30 avril 2007

"Le second déclin de la Wallonie"

Huwart "La Wallonie n'a aujourd'hui, d'autre ennemi qu'elle-même". Telle est la conclusion de Jean-Yves Huwart, journaliste à Trends-tendances au terme d'une très argumentée analyse du déclin wallon qui vient de sortir. En bon connaisseur du conformisme intellectuel qui domine dans notre société, dans sa présentation de l'ouvrage, l'auteur a préféré mettre l'accent sur les timides signes de redressement tout en insistant sur leurs aspects très insuffisants. Mais le livre se lit d'abord comme une descente aux enfers politiques, un terrible gâchis d'argent public, une série d'occasions manquées. Liège aurait pu devenir une Barcelone-sur-Meuse. Le Hainaut est moins prospère qu'au début des aides européennes. Le chapitre "La grande bouffe" ("comme un pacha dans une intercommunale") illustre la décadence des moeurs politiques.

Comme l'auteur, j'ai montré que la Wallonie avait tous les atouts pour s'en sortir (le livre se termine d'ailleurs sur une fable futuriste où la Région a, comme d'autres en Europe, réussi son entrée en orbite de la mondialisation). Pour réussir, encore faut-il regarder lucidement la réalité et rompre avec le passé, notamment avec un système politique clientéliste qui vise d'abord au maintien des citadelles (locales, intercommunales,...).  "Le second déclin de la Wallonie" y contribue (Editions Racine).

PS. Je commence aujourd'hui un carnet de campagne

26 avril 2007

Sarkozy : lynchage sur le net

Sarkoaffiche_2 La campagne anti-sarko se déchaîne sur le net. Les blagues qui circulent à son égard sont parfois bien tapées, parfois franchement de mauvais goût, je vous laisse en juger. Sur le thème "Sarko facho", les qualificatifs dont il a été affublé ne se comptent plus.

De l'extrême droite, Sarko a pourtant été lui-même victime ; lui à qui Le Pen a reproché ses origines hongroises...sans susciter aucune levée de bouclier de l'élite anti-fasciste, à peine choquée de l'insulte. Une telle attaque à l'égard de Ségolène Royal aurait suscité un tollé.

Dans l'ensemble, les invectives des détracteurs de Sarkozy relèvent de pratiques d'amalgames, critiques un peu faciles qui contournent les vrais enjeux du débat présidentiel. Si le candidat les a parfois facilitées par quelques dérapages de langage, c'est surtout sur son programme économique et social qu'il est plus crédible que la candidate socialiste. La France est en déclin (toutefois toutes les régions de la France métropolitaine sont plus prospères que la Wallonie). Elle a besoin de profondes réformes économiques et sociales. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui le meilleur espoir de la France.

23 avril 2007

Impressions de week end

Visite avec la société littéraire du chantier de la nouvelle gare Euro Liège TGV. Très belle. Malgré son prix élévé (plus de 400 millions d'euros), les Liégeois pourront être légitimement fiers de cette construction, qui du ciel se voit de très loin. En fait, on ne voit qu'elle et la centrale de Tihange. Reste à voir  l'effet d'entraînement qu'elle pourra avoir. Le projet de liaison avec la Meuse est très beau en vidéo, mais dans une perspective futuriste.

Colloque du CHAC, l'association qui défend les malades de l'hépatite C animée avec un courage exemplaire par Muriel Collinet. Je les soutiens depuis 5 ans. Les témoignages sont toujours émouvants car en Belgique on n'arrive toujours pas à rembourser correctement les différents examens de diagnostic et de suivi de l'hépatite C. Une maladie qui touche 1% de la population et qui constitue un problème de santé publique aussi important que le SIDA. Cette réalité m'indigne car nombre de ces traitements sont disponibles et remboursés dans la plupart des pays de l'Union européenne. Pourquoi pas chez nous ? Demotte ne veut rien entendre. Et notre absurde système avec 7 ministres de la santé, chacun dans des compétences propres, ne permet pas une approche globale de la maladie. Les patients enragent - à juste titre.

Ce dimanche, Didier Reynders présentait les listes MR à 10 heures du matin au Hall 3 de la géode du parc des expositions de Charleroi. On n'a pas vu Van Cau mais il présente Michel Daerden ce jeudi au prestigieux Cercle de Lorraine de Bruxelles. A ne pas rater - pour 35 euros - le binôme qui a coulé l'un Liège, l'autre Charleroi.

Enfin, dimanche soir j'ai suivi les résultats du premier tour de l'élection présidentielle et je vous ai sélectionné sur France 2 des extraits des interventions des trois premiers. Puis, j'ai été retrouvé les jeunes du MR et les étudiants libéraux qui organisaient une soirée à la Toison d'or. J'ai aussi lu Ensemble, le livre de Sakozy, dont je vous reparlerai.

Et ce soir, je vous rappelle la projection du film d'Al Gore avec ensuite un court débat.

Maintenant je vais dormir. A demain.

18 avril 2007

Clown, foot et chômage

Clown_wallon Hier soir, j'ai assisté au match Anderlecht - Standard (0-1). Un meilleur spectacle que cette histoire de clown du Forem. Comme certains l'ont relevé hier sur ce blog, afin d'intégrer des personnes en retrait du circuit professionnel, le Forem a donc engagé ...un clown. Ça ne s'invente pas. Pas plus que son nom : Clément Triboulet. Muni du traditionnel nez rouge, le drôle aurait formé déjà 47 stagiaires selon plusieurs journaux.

La réponse énervée de Marie Arena à Serge Kubla, également relevée hier, aurait mérité les honneurs de notre rubrique "sans commentaire":  "Aujourd'hui, il y a des publics qui n'ont pas accès psychologiquement aux centres de compétence. On doit pouvoir utiliser toutes les démarches créatives pour faire tomber les masques".

Il n'y avait d'ailleurs pas besoin d'engager un clown, puisqu'il y en a déjà un au gouvernement wallon.

Pour lutter contre le chômage, je conseille plutôt l'initiative de plusieurs collègues du MR qui me paraît excellente.

16 avril 2007

Syndicats : suite et fin (7)

J'arrête ici cette petite série sur "les syndicats", mais n'hésitez pas à continuer à y poster des commentaires.

A vous lire, je me rends compte que bien d'autres thèmes pourraient encore être abordés. Le droit de grève, par exemple ( grèves sauvages comme elle de ce matin à la SNCB ou à Zaventem vendredi; prises d'otage; piquets et droit au travail; soutien de la base et vote à main levée). Autre sujet mentionné : le rôle des syndicats dans l'indemnisation du chômage, peut-on parler de monopole ? Il existe bien la CAPAC, mais son rôle est limité. Plusieurs commentaires évoquent également un syndicalisme d'affrontement, peu constructif. Ce constat renvoit à la question générale du sens du combat syndical dans le contexte de la mondialisation. Force est de constater que des organisations syndicales adoptent sur un certain nombre de terrain une sorte d'attitude du "toujours non" ("non"à l'intérim; "non" à l'ouverture des magasins le dimanche; "non" au service publique minimum,...). Un point soulevé qui me paraît aussi important : la Communication des syndicats. Les organisations syndicales mettent un point d'honneur à "informer" leurs affiliés et les travailleurs. Sur des problèmes concrets relatifs au droit du travail (etc.) leur effort de vulgarisation est louable et utile. Mais, sur les enjeux socio-économiques, leurs discours est largement idéologique : le cas de la communication des syndicats autour du pacte de génération.

Enfin, s'il ne faut pas réduire les syndicats en Belgique aux deux grandes familles, CSC et FGTB, il faut bien dire qu'elles sont de loin les plus importantes du pays : +/- 1.661.000 membres affiliés à la CSC ; 1.200.000 à la FGTB et...223.325 au syndicat libéral. Sur 140 millions d'euros alloués aux syndicats pour les indemnités de chômage, 41 % échoit à la CSC, 36 % à la FGTB contre 7 % à la CGSLB. Par ailleurs,seules les organisations rattachées aux trois grandes familles (FGTB,CSC,CGSLB) sont impliquées dans la concertation sociale à tous les échelons. Pour être représentative, les organisations syndicales doivent être constituées sur le plan national de manière interprofessionnelle, être réprésentées au Conseil central de l'économie et au Conseil national du travail et compter au moins 50.000 membres. Ces exigences réduisent la possibilité de voir se créer un nouveau syndicat.

PS. Rappel, ce mercredi soir à Bruxelles un conférence, je crois assez exceptionnelle, sur Paul Devaux

 

14 avril 2007

Quelles limites à la protection des délégués syndicaux (5) ?

Dlgus_syndic La protection des délégués syndicaux est parfaitement justifiée. Elle a pour vocation de protéger ces derniers contre les licenciements abusifs. Elle compense les risques, mais aussi le temps pris par l'employé pour la défense des droits de ses collègues.

Le système actuel mène toutefois à des abus, car même pour faute grave, le licenciement d'un délégué Dlgus syndical est devenu un véritable parcours du combattant. Le Tribunal du travail doit reconnaître la gravité du motif. Si le patron passe outre, en cas de désaccord du Tribunal, il peut lui en coûter 8 ans de salaire. Pour les grosses boîtes c'est faisable. Pour les petites, c'est impayable. Mais l'abus ne réside pas tant dans le montant de ces protections, que dans le nombre d'employés qui pourraient en bénéficier. Le dévoiement duDleg  système de protection peut mener, dans une entreprise de 100 personnes, à ce que 66 % du personnel soient protégés ! Ces protections sont par exemple accordées aux travailleurs sur les listes syndicales. Or, les personnes qui se contentent de figurer sur les listes prennent peu de risques. A leur niveau, la protection n'est-elle pas usurpée ?

Le licenciement d'un délégué syndical est par nature très délicat, car les motifs de son renvoi suscitent très vite des suspicions à l'égard de l'employeur. Mais quand a-t-on affaire à l'exercice "normal" ou "anormal" du mandat syndical (dans le cas par exemple de destruction de l'appareil de production; de divulgation de documents confidentiels; etc.) ? La frontière est tenue. La protection ne peut pousser le délégué à commettre des excès : son mandat est limité par l'intérêt des travailleurs et ne doit pas protéger le délégué contre les conséquences des abus qu'il pourrait commettre. L'examen des jugements en la matière montre que la décision dépend souvent du juge et des circonstances. C'est au cas par cas. Il n'y a pas de jurisprudence claire.

Demain: Syndicats tous azimuts!

13 avril 2007

Les syndicats dans les PME (4)

Manifesation_3 La question de la présence des syndicats dans les PME est un véritable dialogue de sourd. Pour les syndicats, l'étendue de leurs prérogatives dans les PME apparaît comme une revendication sociale légitime. Les entrepreneurs, eux, accueillent cette perpective avec effroi. Les uns et les autres avancent des "études" pour prouver la nécessité ou non d'introduire une délégation syndicale dans les PME (voir site CSC ou FEB).

Mais pourquoi les entrepreneurs craignent-ils autant de voir les syndicats entrer dans les PME ? Simple : ils redoutent une couche supplémentaire de rigidité.

Il peut exister un dialogue social dans les PME de moins de 20 ou 50 travailleurs...mais il s'organise de manière indirecte et informelle, à travers des canaux de représentation propres, sans représentation syndicale. La plupart des employeurs veulent garder ce mode flexible de dialogue parce qu'ils sont convaincus qu'une présence syndicale s'opposerait à l'intérêt commun et serait synonyme d'obstruction et d'immobilisme. Et c'est très probablement exact, tant l'action syndicale en Belgique semble plus focalisée sur les revalorisations salariales que sur l'emploi. En outre, la protection contre les licenciements dont jouissent les délégués syndicaux est très lourde à supporter pour les PME. Manif

En d'autres mots, les syndicats font peur. Ainsi, ce qui est possible dans d'autres pays ( les syndicats sont dans les PME en France, Pays-Bas, Allemagne), semble inimaginable chez nous. Est-il normal de constater que les employeurs perçoivent notre modèle de concertation comme un modèle de confrontation ?

Demain: Quelles limites à la protection des délégués syndicaux?

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