L'OCDE et l'indexation automatique des salaires
L'OCDE conseille a la Belgique de supprimer l'indexation automatique des salaires, un des grands tabous belges, une exception dans le monde et un débat difficile. Quel est le problème ? Il n'est évidemment pas que les salaires augmentent. C'est bien un des buts de l'économie et de la politique : accroître la prospérité des citoyens. Le caractère "automatique" a cependant trois inconvénients. 1) Il se traduit par de l'inflation et donc par une baisse du pouvoir d'achat des pensionnés du privé, des étudiants, des allocataires sociaux. 2) Il ne permet aucune flexibilité. Ainsi il est très compliqué (voir impossible dans les grands groupes) d'introduire une certaine flexibilité au mérite ou selon les résultats d'une évaluation et en cas de difficultés, l'entreprise est contrainte de licencier car la convention collective s'applique de la même façon pour tous. Au total, un système criticable : des pays qui n'ont pas cette "automaticité" ont connu des augmentations de salaires plus fortes que chez nous. Dans son dernier rapport, l'Ires (l'UCL) va dans le même sens que l'OCDE : des politiques économiques visant à soutenir la création d'emplois sont probablement plus indiquées que celle visant à soutenir le pouvoir d'achat. En Belgique et dans ses régions wallonne et bruxelloise, les chômeurs n'ont jamais été une priorité (quoi qu'en dise le discours officiel). L'augmentation réelle du pouvoir d'achat passe par la compétitivité des entreprises et le taux d'emplois. Ceci dit alors que beaucoup de Belges connaissent de sérieuses difficultés, est ce bien le moment d'aborder ce débat ?
PS. La photo a été prise sur le site de la RTBF. Je la défend souvent, mais là comment faire autrement que de parler de parti pris ? Cette photo, ce n'est plus de l'info mais un commentaire engagé (c'est encore bien plus explicite en visualisant le site). Un cas d'école.
Difficile de ne pas sourire en écoutant ces perspectives économiques de l'OCDE et les conclusions qu'elle en tire...
Donc, nous nous trouvons face à une crise qu'il faut bien qualifiée de financière et au final, ce sont les travailleurs, via la suppression de l'indexation, la limitation des allocations de chômage qui sont utilisés comme variable d'ajustement.
C'est d'un cynisme rare...
Et pendant ce temps, ces fonctionnaires de l'OCDE co,ntinuent eux à être grassement payés (sans parler des autres avantages inhérents à de telles administrations - bizarre que personne ne les dénonce jamais d'ailleurs: les tenants du libéralisme débridé sont plus tolérants avec ces fonctionnaires supranationaux qu'avec les "petits" fonctionnaires étatiques)pour sortir des poncifs de la pire espèce...
Rédigé par: Pierre-Yves | 26 novembre 2008 at 09:28
@Pierre Yves
Les salaires dans plusieurs pays d'Europe (Angleterre, Irlande, Scandinavie,...) ont bien davantage augmenté qu'en Belgique, bien qu'il n'y ait pas de mécanisme d'indexation automatique. Les allocataires sociaux sont les premiers à souffrir de ce mécanisme inflationniste car les allocations ne sont pas indexées. Il est exact que le niveau de rémunérations dans les organismes comme l'OCDE ou d'autres pose question dans la mesure où il ne s'agit pas d'entreprises mais de bureaucraties internationales (j'y reviendrais) Toutefois, la Belgique a besoin d'avis extérieurs étant donné que nous ne sommes pas capables de voir nous-mêmes nos faiblesses (cfr Pisa et l'enseignement par exemple)
Rédigé par: Alain Destexhe | 26 novembre 2008 at 10:13
Sénateur,
Nous sommes d'accord sur cet échange...et vous êtes plus social que moi (avec les allocations non indexées):o) Tout arrive!
Rédigé par: Pierre-Yves | 26 novembre 2008 at 10:22
LLB d'hier s'appesantisait sur la crise. Normal, si nos industries productives s'essoufflent et l'emploi y valse dangereusement, la presse en fait elle ses meilleurs choux gras.
Relancer ou pas? Et comment, sans creuser de nouvelles trappes sous nos pieds, demain? C'est ce que proposait l'article,en confrontant l'opinion d'académiques: Wanet (Solvay-ULB) en pro-relance européaniste, partisan d'investissements ..à moyen terme.. plutôt que la consommation goulue et sa maladie inflatoire. Déficit budgétaire? Wanet dénonce les mesures US de soutien massif aux canards boiteux (haha, Mister Obama qui gesticule avant l'heure fatidique d'une prise de pouvoir euphorisante).
L'autre avis de V.Bodart (économiste FUNDP) est une sérieuse mise en garde sur l'alourdissement d'une dette publique qui - même à hauteur actuelle de 83% PIB - creusera le trou citoyen à horizon 2011-2012. Ceux pour qui le leitmotiv de vie est "Demain est un autre jour" ne tiendront aucun compte de ce dernier avis. L'immédiateté est devenue commune dans nos hémicycles comme chez le citoyen lambda, d'autant qu'en politique on vit sur un siège éjectable de 4 en 4 ans.
De ceci, nos dirigeants devraient avoir le courage politique d'en informer la population quant aux tenants et aboutissants pour les mesures qu'ils décident. Effets immédiats et effets différés. Mais voyez-vous un DiRupo ou une Milquet changer leur style hypocrite et simpliste pour alarmer le troupeau des brebis bêlantes?
Chaque Etat-membre UE27 fait face à un contexte spécifique. Or d'aucuns naïfs vaudraient boire une potion magique universelle. Laissons ça à de petits personnages pour bande dessinées! La "grande illusion", titrait je ne sais quel roman pour public averti. Ceci n'empêche pas un président UE Sarkozy d'ébranler positivement la planète par sa politique volontariste et de la coopération mondialisée, avec certaines chances d'être écouté partout.
Pendant ce temps, deux mégères PS se crêpent le chignon à Solférino...
- ~ + ~ - ~ + ~ - ~ + telle va le refrain d'une chanson...
Le paradoxe soulevé une nouvelle fois par l'OCDE (organe de 35 pays développés) fait partie de ces tabous que la crise mériterait de débattre. Pouvoir d'achat et inflation, donc "revenu net en poche" sont des préoccupations universelles en matière de vie quotidienne.
Cette Nième crise mondiale (la 47e depuis la bataille de Waterloo 1815, citait le prof UCL Siaens) est plus que d'autres une excellente raison de réfléchir, au delà des slogans. Pensons donc, avant de gesticuler?
Au militant Pierre-Yves génétiquement contradicteur: comme chacun sait trop bien ici, suffit qu'on vienne avec un sujet hors votre idéologie à la con pour devoir subir vos vomissements. Vomissez donc jusqu'à la nausée. Santé!
Rédigé par: Cheers | 26 novembre 2008 at 11:11
La VRT annonce la suppression de 150 emplois et à l'appui de sa motivation, elle invoque notamment trois sauts d'index rapprochés qui auraient fait exploser ses coûts de fonctionnement.
Apparemment, la question n'est plus taboux...non oups tabou ;-)
Rédigé par: Christian Bossuroy | 26 novembre 2008 at 11:55
@AD
avant un commentaire sérieux merci!
Ma charmante collègue du SETCA en rouge à gauche a l'air bien mignonne. Quel est son nom?
Rédigé par: Dante | 26 novembre 2008 at 14:17
Valérie d'Orazio.
(Un certain R. D'O. de Clabeq nous fait parvenir l'avertissement suivant: "Si tu touches ma soeur, t'es mort".)
Rédigé par: alex | 26 novembre 2008 at 16:10
Trois sauts d'index ont aussi fait exploser mon loyer. Heureusement que j'ai été indexée.
Rédigé par: Gribouille | 26 novembre 2008 at 18:55
@ Gribouille, vous aimez donc les spirales haussières? :o
rassurez-vous, avec PS+CdH et leurs syndicats comme guerriers de piquets grévistes, ça ne va pas changer de si tôt. Les délocations économiques auront encore une place à l'avenir. Restons logique jusqu'au bout.
Ah, au moins si on pouvait délocaliser les excès des petits camarades vers une île perdue au milieu du Pacifique, le Belgique vivrait un avenir plus souriant et verdoyant.
Rédigé par: José Pasbouvier | 26 novembre 2008 at 20:50
@Alex
bien reçu! -)
@cheers,
n'accablez pas P-Y. S'il vomit c'est à cause de mes tartines. c'est pourquoi j'écrirai demain! (Tiens je sais déjà que je prendrai en partie sa défense ce coup-ci)
Rédigé par: Dante | 26 novembre 2008 at 21:27
@José
juste une première réflexion.
Certes, une main-d'"oeuvre trop chère accélère les délocalisations. Et un saut d'index est payé deux fois par les entreprises: une fois dans l'augmentation des prix d'achat, une fois dans les dépenses salariales.
le débat vaut donc le coût.
Mais ce n'est pas un saut d'index qui changera fondamentalement quoi que ce soit au phénomène dans la mesure ou le capitalisme recherche une rentabilité maximum en toutes circonstances. j'y reviendrai demain.
Ainsi (et grossièrement évidemment), pour éviter la délocalisation de l'industrie textile, il faudrait des salaires = à ceux du bengladesh + le coût du transport + un hypothétique montant correspondant à une plus-value de qualité (ce dont je doute d'ailleurs considérant que le tiers-monde peut apprendre bien et vite).
Donc, un Belge même sans saut d'index sera toujours bien trop cher de toute façon. Ma boite s'installe comme tout le monde en Inde mais elle commence déjà à trouver que le coût salarial des informaticiens explose(trop à son goût). Or ils ne coûtent trois fois rien par rapport à nous.
D'où ma question (que j'ai déjà posée hier mais c'est aussi difficile pour vous que pour moi d'y répondre) jusqu'où devons-nous descendre pour devenir compétitifs? Et dans quels secteurs?
Si on ajoute à cela que l'industrie chinoise ou bengladi ou autre sous-traite pour des enseignes bien connues qui répercuteront en petite partie seulement les bas coûts de production sur le prix de vente, et bien nous sommes perdants deux fois aussi. une fois parce que nous avons moins à dépenser, une fois parce que nous sommes roulés par ces enseignes qui nous font payer les produits à un prix exhorbitant par rapport à leur coût réel.
Et le travailleur bengladi est roulé aussi parce qu'il gagne une croûte de pain si l'on tient compte du prix de vente final.
Sont gagnants...les propriétaires et actionnaires des enseignes bien connues.
Maintenant, on peut parler des effets de second tour: publicité, ouverture de nouveaux magasins --> travaux, plus de vendeuses, transport...je sais tout cela aussi.
Rédigé par: Dante | 26 novembre 2008 at 21:48
oups... le débat en vaut la peine
Rédigé par: Dante | 26 novembre 2008 at 21:49
donc en gros...P-Y a raison selon moi. Dans le capitalisme, le travail et sa rémunération sont les variables d'ajustement.
Le return sur investissement ne l'est jamais.
L'OCDE a-t-elle jamais fait des appels à la modération de la voracité des investisseurs?
Si les entreprises on pu ces 6 dernières années donner les 10% re return exigés dans une phase de croissance de +- 3%, il serait donc logique que les capitalistes n'exigent que 6% dans une phase de récession de 1%.
Or, la chasse aux économies (directes par licenciement, stagnation de salaire ou volonté de les réduire) ou indirectes par réduction des frais avec toutes les répercussions en chaîne (j'avais deux voyages pro ces en novembre/décembre: reportés --> moins de train, moins d'hotels, moins de repas etc etc...sans parler de la qualité qu'elle rendra à ses clients)
que cela amène ne correspondent plus, pour beaucoup de groupes solides à "c'est ça ou on ferme". Ma boite a une trésorerie colossale après 15 années de croissance NON-STOP (en 15 ans une seule année de récession).
certes, sa croissance a été obtenue au prix d'un contrôle sain des dépenses.
Mais elle pourrait parfaitement tenir un an sans changer quoi que ce soit à son fonctionnement si elle et les actionnaires acceptaient une diminution temporaire du bénéfice des plus-values.
Non c'est juste qu'il faut maintenir les 10% pour les actionnaires. Coûte que coûte. Et je considère qu'il y a bel et bien une dictature du capital dans le fonctionnement des entreprises.
Rédigé par: Dante | 26 novembre 2008 at 22:04
Il est assez cocasse, à la lecture des commentaires, de voir que les affiliés du PS réagissent en un bloc: Maintenir l'immobilisme de la situation actuelle. Point. Que cette situation soit, en final, préjudiciable aux travailleurs, ils s'en fichent. Et de ressortir des arguments bateaux comme la "voracité des investisseurs" Notez qu'il n'y a qu'au PS (français) qu'on parle d'éléphants. C'est vrai qu'ai PS wallon, on parle plus de 'parvenus'.
Aujourd'hui, il y a plus de conservateurs aux PS que dans tous les autres partis et il y a plus de progressistes au MR (dont vous, Sénateur)
Pour ce qui concerne les commentaires engagés de la RTBS, tout le monde sait depuis belle lurette, qu'à l'instar de Berlusconni en Italie, Di Rupo a fait main basse sur tous les médias francophones.
Rédigé par: Jean-Philippe | 27 novembre 2008 at 07:59
@Jean-Philippe
il faut apprendre à lire attentivement.
Pour votre info, je ne suis pas affilié PS. Si vous aviez lu (attentivement) mes tartines, vous sauriez que je partage aussi pas mal de vos préoccupations.
Mais bon.....si vous considérez le site comme ayant une fonction psy, celle de vous décharger de vos nombreuses frustrations, pas de pbm pour moi.
Rédigé par: Dante | 27 novembre 2008 at 08:25
Jean-Philippe,
Je trouve ridicule de dire que les conservateurs sont à gauche alors qu'ils sont à droite: c'est le MR qui, oh miracle, se rédécouvre du libéralisme social et veut une économie régulée... Et donc, par électoralisme, ce parti soit-disant libéral donne un coup de barre à gauche... En ce sens, oui, le MR devient un peu progressiste...
Rédigé par: Pierre-Yves | 27 novembre 2008 at 09:13
"Maintenir l'immobilisme de la situation actuelle. Point. Que cette situation soit, en final, préjudiciable aux travailleurs, ils s'en fichent."
C'est vrai: le parti conservateur, en wallonie, c'est le PS (et son frère, le CDH). Cela dit, je ne pense pas que le MR soit particulièrement réformiste. Non, il faut déplorer ce conservatisme ambiant et cet immobilisme politiquement correct assez lamentables en wallonie et à BXL.
Rédigé par: alex | 27 novembre 2008 at 10:41
@Alex,
Je ne dis pas que le MR est réformiste. Pas assez à mon goût. C'est toute la Wallonie qui est sclérosée par des décénnies de socialisme.
@Dante,
Non, je ne considère pas le site comme ayant une 'fonction psy' mais j'aurais préféré que vous soyez affilié au PS, au moins les choses auraient été claires. Ici, je pense que vous êtes victime de la pensée unique, chère à nos édiles de gauche et portée par la RTBS et consort.
@Pierre-Yves,
Ouvrez les yeux et vosu verrez qui est ridicule. Trouvez-moi une idée vraiment progressiste du PS (et/ou du CDh). Et ne venez pas me dire: et au MR ? Trop facile. C'est vous qui prétendez que les forces de progrès sont à gauche, alors prouvez-le!
Rédigé par: Jean-Philippe | 27 novembre 2008 at 10:57
Jean-Philippe,
la guerre froide est terminée.
le plus curieux c'est que je n'ai jamais voté PS.
Ma position perso est que non seulement l'index est discutable mais que les réductions de revenus devraient même pouvoir être envisagées pour faire face à une crise.
Je suis donc de facto un ennemi du syndicat en prenant une telle position.
Mais attention, là où je reste de gauche, c'est que le développement humain doit être solidaire avant d'être un lieu de confrontation.
Donc, moins de richesse, moins de revenus ...mais moins de revenus du capital également, moins de parachutes et moins dorés aussi, etc etc...et
quand ça redémarre, tout le monde en profite équitablement. Voilà ma philosophie générale.
Moi j'aime mieux les sports collectifs que les individuels.
Rédigé par: Dante | 27 novembre 2008 at 12:20
"L'augmentation réelle du pouvoir d'achat passe par...".L'augmentation du pouvoir d'achat passe surtout par une BAISSE de l'IPP en fonction de la situation familiale.La réforme fiscale est un véritable échec!C'est cela qui empêche la création d'emplois,favorise les assistés en tous genre...Moins on gagne plus on est taxé en Belgique,même la France a compris....
Rédigé par: Bof | 30 novembre 2008 at 17:07
Je puis comprendre que l'on refléchisse sur la non indexation sytématique des salaires mais alors il faut bloquer les loyers. Or que je sache le MR est contre. Forcément il est le défenseur des propriétaires.
Rédigé par: Gribouille | 01 décembre 2008 at 12:23
Le MR avait dit qu'il diminurait les impots SUR LE TRAVAIL et tout ce qui a diminué,c'est le pouvoir d'achat des petits salaires,plus personne n'est dupe....
Rédigé par: bredouille | 01 décembre 2008 at 17:31