Génocide : "la stratégie des antilopes"
Après "Dans le nu de la vie", le récit des survivants des marais de Nyamata au Rwanda et "Une saison de machettes", celui des tueurs, Jean Hatzfeld publie "La stratégie des antilopes" (Seuil). Le livre suit la coexistence forcée et obligatoire entre rescapés et génocidaires après la libération de ces derniers par les autorités dans le cadre de la politique de réconciliation "pierre angulaire d'une politique autoritaire et le mot-clef de ses donateurs étrangers". A travers le récit des deux camps, loin de la langue de bois, Hatzfeld montre que, si la vie reprend, la réconciliation est impossible. En cause, entre autres, une inégalité fondamentale entre rescapés isolés qui ont tout perdu et massacreurs qui ont retrouvé liberté, famille et biens ("ils trouvent la réconcilitation très profitable") mais qui n'ont - sans aucune exception ! - jamais demandé pardon ...
Un nouveau livre terrible, dur à lire, que pour cette raison on a souvent envie de laisser tomber et que l'on finit par reprendre car nous sommes ainsi faits que l'on cherche sans fin et en vain à comprendre l'incompréhensible : le génocide, une expérience indicible de l'expérimentation humaine que l'on retrouve avec ses similitudes chez les rescapés juifs comme tutsis.
A lundi






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