Vuiton et Gorbatchev, suite
Il y a quelques semaines, je regrettais l'utilisation de l'image de Gorbatchev par la marque de luxe Vuiton. Puis, je suis tombé sur cet extrait hallucinant du directeur de la com de Vuiton publié dans l'Echo du 22 octobre.
"Comment êtes-vous entrés en contact avec Mikhaël Gorbatchev pour réaliser ce cliché plus qu'inattendu ? Nous avions en tête une liste de personnalités plus classiques pour ce genre de campagne, comme Catherine Deneuve. Puis une liste plus farfelue...
Quelles sont les personnalités qui y figuraient ? Bill Clinton, Bill Gates... Par relations, nous sommes aussi entrés en contact avec le directeur de cabinet de Mikhaël Gorbatchev." ...
Liste farfelue ? Il se prend sans doute pour Jean-Marie Messier, J2M, devenu J6M, moi-même maître du monde....
Bah, Gorby est un homme libre, cetains ex-présidents font des meetings à 20.000$ de l'heure, d'autres font vendre des sacs Vuitton. C'est ça la beauté de la liberté. Ceci dit, peut-être que ça lui permet de financer ses bonnes oeuvres? Allez savoir.
Rédigé par: NL | 30 octobre 2007 at 11:24
Tiens ils n' ont pas retenu Anne-Marie la Hutoise dans leur shortlist....
;-)
Rédigé par: Vincent | 30 octobre 2007 at 11:31
Tous les personnages ayant exercé un rôle-clé dans la conduite de la chose publique partagent avec les vedettes du show-business un trait profond: le goût du Narcisse. Puis une crainte maladive d'être relégué à l'arrière-arrière-plan.
Voyez actuellement ainsi DiRupo coincé entre les Onkelinx et Demotte en devenir?
Gorbatchev eut son heure de gloire (:>). On ne retint de Yeltsine (;<) que ses agissements les plus suspects (en oubliant qu'il fut avant même Gorba l'homme grâce à qui les régime soviétique affaibli fut forcé à l'ouverture)! Ingratitude humaine.
Que des Narcisses de la vie théâtrale, du ciné, de la politique ou de la science tâchent de cultiver leur image estompée, de se faire des extras ( €€€ x $$$) ne doit plus nous troubler.
Sacs de Vuitton (LVMH) ou De Haene assis sur un pot de cellule de prison ancestrale, ça relève du même travers: JE, ego ...
Rédigé par: Lui, Elle, Eux | 30 octobre 2007 at 11:31
En homme libre, retiré de la politique, M.G. fait ce qu'il lui plait pour conserver/améliorer son train de vie et, qui sait, s'amuser, faire encore parler de lui. je trouve cela très rassurant et je me demande aussi pourquoi ce sujet revient une seconde fois.
Rédigé par: wallagonie | 30 octobre 2007 at 11:41
Moi, ça me dérange un peu, je ne sais pas pourquoi.
Est-ce que tout s'achète, et de plus en plus? Qu'il écrive des bouquins, fasse des conférences à 200,000 $ "a pop" comme Bill, mais vendre des sacs, tout de même... Bien sûr il est libre, mais bon...
Rédigé par: alex | 30 octobre 2007 at 12:29
Bah, j'imagine que le mot "farfelu" doit s'entendre par rapport au fait que l'on ne s'attend pas à voir Gorbatchev dans une pub pour Vuitton.
Associer Vuitton et Gorbatchev, c'est effectivement assez "farfelu", dans l'esprit d'un publiciste. Question d'image.
Pas de quoi fouetter un chat, me semble-t'-il, Sénateur.
Rédigé par: Hube | 30 octobre 2007 at 14:19
Si j'ai bien lu, Dehaene demande 20.000 euros pour certain speech ! http://www.express.be/zint/dvp_articles.NewsDetail?IdA=6029&TypeA=ZWIJGER
Rédigé par: Lombard | 30 octobre 2007 at 14:28
@ alex: Cher vous êtes parfois sectaire! Je m'en explique:
1) Quelle valeur sociétale dégradée comporte donc un "produit" de très haut artisanat qui a procuré beaucoup de travail payé pas-au-noir (donc € fiscaux + bien-être) à la chaîne de ses nombreux concepteurs, fournisseurs de matières, artisants-manufacturiers, vendeurs, livreurs, administratifs et (j'allais effectivement les oublier) à ces nombreux créatifs de la PUB sans laquelle des acheteurs fricqués ne pourraient déverser leur trop plein de richesses vers des couches sociales qui en ont moins? Doit-on blâmer le fait que ces gens-là ne s'affilient guère à la FGTB ou à la CSC? Ouche diraient les rouges.
2) Quelle valeur comparative devrions-nous attribuer à tous ces mauvais livres, bandes dessinées, musées de , films à la con... dont on nous vend l'idée qu'ils sont de haute valeur culturelle? Des "produits culturels" vers lesquels Lanaan & Co sont si heureux de déverser leurs subsides parfois indûs pour le seul plaisir de se voir TVisés durant la cérémonie de remerciements (pour subsides reçus)?
3) Quelle valeur affirmée "supérieure" y a-t-il d'afficher un(e) politicien(ne) minable éructant dans un micro complaisant, sur fond de slogans éculés à la tribune d'un 1ier Mai "ce jour de combat de nos rouges élites" contre les armées virtuelles d'exploitants capitalistes (sic).
Tous ceci écrit dans une période de recueillement (théorique, de tradition, de nature affective) pour laquelle certains dogmes sans âme nous encouragent plutôt la fuite vers des vacances de soleil (et si possible low-cost, payées par autrui)...
Rédigé par: Simon | 30 octobre 2007 at 14:33
Et bien moi je trouve cela bien de savoir que Gorbatchev aura de quoi manger grâce aux acheteurs de sacs LV (il doit quand même être désespéré pour faire cela), et peut-être même qu'il en fera quelque chose d'utile, cela me gêne bcp moins que ce que beaucoup de politiques font avec leur image.
Rédigé par: olive | 30 octobre 2007 at 17:13
@ Lombard
Bien d'accord avec vous et bonne idée de révéler que Zean-Luc fait de même. A leur place, je n'hésiterais pas une seule seconde.
Finalement, hypocrisie que tout cela. Le problème réside peut-être dans le fait qu'il s'agit de sac(oche), élément féminin.
Ce débat n'a pas d'intérêt majeur. passons à BHV, le nœud du problème qu'on le veuille ou non. Le communautaire EST la priorité dans la mesure où il bloque tout.
Rédigé par: wallagonie | 30 octobre 2007 at 21:28
Simon,
Libre à vous de commenter mon propos, mais de là à sortir "sectaire" puis le gros rouge et la fgtb, à moi, c'est, comment dire? Surréaliste.
Faudra arrêter le gros rouge, précisément, ou plutôt la sangria puisqu'on parle vacances.
Tout est une question d'image, et, si je vous autorise à greffer mes considérations sur un fond (je dis bien un fond) de culpabilité judéo-chrétienne en ce qui concerne le commerce et l'argent, je ne pense pas non plus que ces considérations procèdent d'un sectarisme quelconque.
En d'autres termes, trouver qu'un homme d'état au parcours remarquable en soit réduit (oui, réduit) à vendre des sacs pour payer son appart rue Loubiana, en imaginant - non, c'est impensable - Churchill ou De Gaulle faisant de même, ce n'est pas exactement souffler dans le Q de Trotsky pour le ressuciter.
Le libéralisme, c'est beau, je suis le premier à y souscrire.
Mais soyez gentil, n'assimilez pas ce concept magnifique à celui de mercantilisme.
Rédigé par: alex | 31 octobre 2007 at 11:55
@E.G.
"...donc un "produit" de très haut artisanat qui a procuré beaucoup de travail payé pas-au-noir (donc € fiscaux + bien-être) à la chaîne de ses nombreux concepteurs, fournisseurs de matières, artisants-manufacturiers, vendeurs, livreurs, administratifs..."
Le problème n'est pas pour moi de voir l'image Gorbatchew associé à Vuitton, c'est Vuitton lui-même.
Une marque qui vend de l'image, on ne peut pas vraiment appeler cela de l'artisanat.
On passe son temps à éduquez des enfants en leur disant qu'à l'école, le but c'est pas d'avoir du Nike et du Gap, mais d'étudier. Et ensuite les adultes montrent l'exemple inverse, çàd, l'important c'est l'image que l'on donne, pas ce qu'on est vraiment.
Moralement parlant, vendre de l'image, Vuitton, Dior ou autres Rubinstein, c'est la faillite de l'intelligence face au superficiel.
Rédigé par: Pijean | 03 novembre 2007 at 14:59
@ Pijean, dit gentiment, sur votre
""c'est la faillite de l'intelligence face au superficiel.""
Combien d'années avez-vous consacré à l'entreprise et à animer l'économie?
LVMH vend des produits-luxe (Made in Europe par du haut artisanat d'ici, pas sur des robots à la chaîne de Chine ou d'Asie).
Ils vendent à des ADULTES fortunés (qui ne demandent qu'à zapper leurs dépenses entre chic et choc). Laissez fuir cette possibilité de BEAU travail avec de belles matières et recirculer ainsi de l'argent, c'est indécent? à qui d'autre allez-vous l'offrir (en gardant les deux pieds sur terre)?
Imaginons le schéma inverse: pas vendre, pas fabriquer ici. Chômage en vue => faire circuler alors l'argent du contribuable, de l'Etat ponctionneur vers des chômeurs en manque de resssources?
Vous me faites gentiment rigoler. Fabriquer de l'image, c'est faire rêver. Et pour des acheteurs qui en ont les moyens, ça fait du déversage économique de très favorisés (en moyenne intelligents) vers d'autres puis encore d'autres. Bref de l'économie qui se dynamise, pas celle de la Wallonie en mal de Plan efficace! Quand les slogans mensongers des gauches syndicales garantissent la protection des droits acquis en refusant de se casser au travail, cela a-t-il plus de sens? Si vous dites oui, allez donc vivre sur Mars. D'ac, Pijean?
Rédigé par: E. G. | 03 novembre 2007 at 21:10
@EG
Je n'ai rien à dire sur l'analyse économique qui tiend absolument la route.
Mon analyse était d'ordre éthique... à quoi sert d'enrichir économiquement les acteurs d'une société en vendant uniquement de l'image, qui plus est, est aliénatoire (les gens en sont tellement dépendant qu'il y a un énorme marché parallèle de la copie piratée).
De plus, je me demande si le besoin est arrivé avant l'offre ou bien si c'est plutôt l'offre qui a créé le besoin...
Les adultes (riches ou pauvres, ne fait pas d'importance) deviennent-ils de simples enfants gatés incapables de se soustraire à leur besoin de paraitre, avant celui d'être?
Rédigé par: Pijean | 05 novembre 2007 at 16:16
RE à Pijean: d'accord pour l'ordre éthique. Mais après
""l'analyse économique qui tienT absolument la route.""
Ajoutez encore l'analyse psycho-sociologique? Elle conditionne l'économique aux PREFERENCES manifestées par le consommateur, or celle-ci sont circonstancielles.
Distinguons en fonction des pouvoirs d'achat. Voyons ces comportements qui suivent alors ce que nous enseigne les concepts derrière la "PYRAMIDE DE MASLOW". Googlelez donc sur cet aspect, c'est révélateur de différences.
Ainsi, un militant socialiste avantagé par la situation devient un PARVENU (= abuseur de biens d'autrui) par-delà ce que lui dicterait esthétiquement son dogme.
D'où cela peut-il donc venir? Voyons sous psychosociologie...
Rédigé par: E. G. | 05 novembre 2007 at 16:59
‘savez E.G., ou Simon, enfin peu importe, il me semble juste que vous multipliez les surnoms, je réfléchis à tout ceci et je me dis, fondamentalement, ce qui est un peu gonflant dans tout ceci, c’est le mercantilisme. Attention, ce n’est pas le commerce. C’est cette sorte de pieuvre rampante qui avale tout, cet envahissement de la marque, de la norme, de la pub.
Je vous lis : produits à « haute valeur ajoutée ». Oui, bon, c’est le leitmotiv du luxe, dont la définition s’est, à l’instar de la norme pénale belge, drôlement estompée ces dernières années. On pourrait parler de luxe « populo » : oubliées les malles Vuitton dans le S.S. Normandie, envolée la manufacture à façon, le luxe, c’est juste des produits de grande consommation dont on paye une chose : la marque. Très cher.
Le tout est d’arriver à faire passer le laïus habituel sur, précisément, la haute valeur ajoutée. C’est tout à fait dans l’air du temps, en réalité, si vous y réfléchissez bien : à l’heure actuelle, tout le monde, par voie non d’égalité mais d’égalitarisme, peut, ou pense pouvoir être médecin, avocat ou astronaute. Donc, logiquement, tout le monde a droit à la malle Vuitton et à la traversée sur le Normandie. Ou à ses substituts actuels.
Notez, je ne suis pas amer et je souscris pleinement à cette idée de la dépense inutile pour de la bonne confection, là je vous écris élégamment sapé Hackett, la chemise provenant de Jermyn Street et dans mes sempiternelles Fratelli.
Mais ce à quoi je ne souscris pas, c’est cette arrogante toute puissance du mercantilisme, cette assommante omniprésence de la pub, tellement « généreuse » qu’un Gorbatchev se voit embarqué dans un taxi avec un sac (logique, c’est encore une fois le ressort de l’époque, que les pubeux ont bien compris, l’égalitarisme : Tout le monde a le droit d’être Gorbatchev, non ?) Et parce que je le vaux bien, la pub envahit les écrans, les journaux, notre vie.
Les quotas de pub à la télé publique viennent d’être élargis (NB : la faute à qui ? Les vilains libéraux ou le PS qui a transformé cet instrument en gouffre à pognon ? – poser la question), novembre était curieusement calme sur les conneries hallowinesques cette année, mais décembre annonce l’arrivée du grand saint, fini l’émerveillement des mandarines, des fausses cigarettes en chocolat et des 3 maquettes matchbox, on sera repu de cette image jusqu’à l’arrivée de l’autre gros barbu rouge, et d’ici là on en aura mangé des folders et des pubs à la télé.
Il y a quelques années, l’association des publicitaires avait récupéré l’image de Jesse Owens aux JO de Berlin et nous avait bavé un laïus sur l’indépendance d’esprit. C’est d’un cynisme…
Ici, en général, il y a le libéral téléguidé (si j’étais méchant je dirais le « membre du MR », tant ce parti est au libéralisme ce que le Soir est à la presse libre : une blague) qui me dit que je sonne tout de même alter-tralala, me traite de clown de la décroissance, me fourre no-logo et autres naomi-kleineries dans la bouche.
Tel n’est pas mon propos : on peut tout à fait être libéral et regretter cette dérive mercantiliste. N’oubliez pas : le libéralisme, ce n’est pas le commerce à tout prix et n’importe comment, mais sa liberté. Et surtout, surtout, c’est la liberté contre la tyrannie, toutes les tyrannies, y compris celle du mercantilisme.
Rédigé par: alex | 06 novembre 2007 at 10:56
à alex (un homme de la finance en UK ou quoi d'autre?),
Je soutiens l'idée de commerce en tant que maillon indispensable en soutien à notre production, de qualité. Production occidentale mise à mal par la ...contrefaçon asiatique... se targuant elle d'inonder nos contrées avec ses imitations à la qualité douteuse, façonnées par des esclaves indigènes et robotisée. Esclaves à faible revenu, opérant sans aucune protection sociale ...dont les syndicats de l'autre bord sont si fiers.
Loin de moi l'idée de soutenir un qcq mercantilisme.
Pas plus d'abonder en faveur des milieux de la PUB que je considère en tant qu'irresponsables manipulateurs de notre mental (du moins pour ceux qui acceptent de s'en abreuver). C'est assez clair?
Rédigé par: E. G. | 06 novembre 2007 at 11:27
Pour Gorby, c'est quand meme une progression vis-a-vis de son contrat original avec Pizza Hut, ou il partagait la campagne de pub avec Pamela Anderson.
Le dernier dirigeant communiste qui "trempe" allegrement dans le capitalisme, j'aime beaucoup. C'est iconoclaste a souhait.
Rédigé par: Stef Pire | 08 novembre 2007 at 03:03