"Le chômage de masse est en recul dans toute l'Europe"
Selon le titre de la Une du Monde de ce samedi, "le chômage de masse est en recul dans toute l'Europe" ... sauf en Wallonie et à Bruxelles aurait pu ajouter le célèbre quotidien du soir.
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Selon le titre de la Une du Monde de ce samedi, "le chômage de masse est en recul dans toute l'Europe" ... sauf en Wallonie et à Bruxelles aurait pu ajouter le célèbre quotidien du soir.
Reçu le rapport d'activités 2006 de la SWL qui s'ouvre par ces mots : "Le rapport montre toute la dynamique de la SWL et des Sociétés locales" !!!
Rien, bien entendu, sur la crise de gouvernance publique qui a abouti à la mise à pied d'un tiers des directeurs de ces sociétés de logement. Et de belles phrases en bureaucratowallon : "la démarche qualité est en voie d'aboutir à la certification ISO9001. Cette ultime étape confirmera sans nul doute l'avancée culturelle ressentie à chaque niveau de pouvoir traduite tant par l'investissement non négligeable du capital humain dans la démarche que par l'appropriation d'une systématique amélioration de la performance globale de l'Institution." Ouf !
Notons quand même ceci "Entre 1995 et 2005, la proportion d'actifs parmi les chefs de ménage locataires a diminué de 33%" ....
Prix du loyer moyen : 198,11 euros.
Le 10 juin, les citoyens ont voulu la victoire du MR et la défaite du PS. Pour que la Belgique connaisse pleinement l'alternance, il faut que le PS soit renvoyé dans l'opposition au niveau fédéral mais aussi communautaire et régional. Cette volonté d'alternance claire, je l'ai exprimée à de nombreuses reprises et depuis longtemps.
J'interprête mon succès personnel (80.000 voix, 3ème score MR, 8ème francophone) comme un signe de confiance pour les combats que j'ai mené depuis longtemps pour la bonne gouvernance publique, une école performante, le bilinguisme, le redressement économique,...
La Constitution veut qu'il y ait des sénateurs de la communauté française. En accord avec mon groupe politique, j'ai choisi cette voie qui me permettra d'être plus pleinement présent dans le combat électoral en 2009 et de continuer d'ici là à défendre les idées que j'ai développées dans mes livres, notamment "L'école de l'échec : comment la réformer ?".
Nous avons déja eu l'occasion de saluer le départ de Tony Blair sur ce blog.
Citons aujourd'hui Le Monde : Après avoir obligé le Labour à enterrer la lutte des classes, en 1994, et réduit le pouvoir des syndicats en son sein, Tony Blair et Gordon Brown au pouvoir préserveront ce qui, dans l'héritage de la conservatrice Margaret Thatcher - premier ministre de 1979 à 1990 -, a contribué à la renaissance économique : encourager l'esprit d'entreprise, privatiser certains secteurs publics, assouplir la réglementation, libéraliser le marché du travail.
Sous le label clintonien de "troisième voie", théorisée par le sociologue Anthony Giddens, Tony Blair et son chancelier tentent de concilier ce que la "vieille gauche" britannique tenait naguère pour inconciliable : droits et devoirs, sécurité et liberté, promotion de l'entreprise et lutte contre la pauvreté. En économie, il s'agit d'allier l'efficacité et l'"équité", de produire davantage de richesse en s'efforçant, ensuite, de mieux la répartir.
Un programme qui n'est pas réservé à la gauche.
The Economist relate cette semaine (The jailer's dilemma) les conclusions de deux études scientifiques sur l'évaluation du risque de récidive criminelle; l'une portant sur 7 ans sur la violence en général, l'autre sur 15 ans pour des crimes sexuels. En termes de politiques publiques, les conclusions sont un peu déprimantes. Si l'on prend le groupe des délinquants sexuels, le risque de récidive est de 30 à 43%. Mais si l'on tente d'évaluer la probabilité individuelle de récidive en fonction d'une série de critères, l'intervalle varie de 3% à 95%. Autrement dit, si l'on sait avec certitude qu'un nombre significatif de criminels vont récidiver, il est quasiment impossible de prédire lesquels. Ce qui rend assez aléatoire le travail des commissions de libération anticipée ou conditionnelle,... du point de vue de la prévention de la récidive, en tout cas.
Où s'arrêtera la descente aux enfers de Charleroi ? Cette fois, c'est avec les pensions du secteur public - dont ils font si souvent grand cas - que des socialistes wallons ont joué.
A la lecture de la presse de ce matin, on retrouve ce cocktail si typiquement socialiste wallon de conflits d'intérêts, de mélange d'intérêts privés et publics (on est acteur financier privé mais conseiller technique de la région wallonne) , de clientélisme et d'affairisme. A noter que La Libre s'enhardit parlant de système (quasi) mafieux.
On constate également une offensive contre la justice. Pendant la campagne, Elio Di Rupo se refusait à confondre les inculpés et les coupables. Cette tactique de défense avait déjà été utilisée par Jean Claude Van Cauwenberghe et Jean Pierre De Clercq.
Il y a un an, je publiais une brève analyse de la istuation "Grave crise de la gouvernance publique". Je vous invite à la relire ainsi que mes dix propositions concrètes. Qu'est ce qui a changé ?
Beaucoup de Carolos ne se reconnaissent pas dans ces dérives. ils en souffrent en silence. Oui, Charleroi mérite mieux.
"Etat d'urgence approuvé pour Charleroi. La sortie de crise est en vue" (Un des titres de la Une du Soir le 14 juin)
"Je ne comprends pas que l'on donne cette mauvaise image à mon fils. Je peux vous assurer que si un jour il avait dit du mal de la Wallonie, je lui aurais rappelé les origines de sa famille, de son père. Je pense que les Wallons en font leur tête de turc". (Le père d'Yves Leterme à la DH le 12 juin).
"Un monde que se porterait mieux si la Flandre, sa région bien aimée, se débarassait de la Wallonie dénoncée comme une région gangrenée par le chômage, l'inefficacité économique et le clientélisme socialiste" (le monde selon Leterme, dans Libération du 12 juin).
Bénédicte Vaes signe dans Le Soir un papier pas innocent "L'orange bleue amère de 81-87" rappelant les pouvoirs spéciaux, les sauts d'index, les priorités de la FEB,...Cela nous fait penser à Philippe Moureaux le soir des élections affirmant qu'une coalition de centre droit serait "une catastrophe pour la population".
La comparaison est-elle honnête ? Certes Bénédicte Vaes rappelle la dette; mais elle ne précise pas que le déficit budgétaire atteignait le chiffre astronomique de 14%, que la Belgique était quasi en cessation de paiement, à deux doigts d'être traitée par le FMI comme un vulgaire pays du tiers monde, que l'inflation rongeait les hausses salariales, que l'économie n'était plus compétitive. Rien n'est dit sur les responsabilités et le manque de courage des coalitions PS-PSC qui ont amené cette situation avec, par exemple, un Mathot, ministre du budget qui déclarait "le déficit disparaîtra en quelques années comme il est apparu". La dette colossale, cette folie des années 70, nous la payons encore très cher aujourd'hui avec un surcroît d'endettement (et donc d'impôts) par rapport à la moyenne européenne équivalent pour chacun d'entre nous à l'achat d'une maison sur une vie. Oui, l'austérité était nécessaire dans les années 80 d'autant plus que les deux chocs pétroliers avaient mis fin aux trente glorieuses.
Le contexte est radicalement différent aujourd'hui : la dette a été réduite, la bonne croissance mondiale nous porte, le chômage baisse partout en Europe. Une politique d'austérité n'est pas à l'ordre du jour. C'est au contraire un gain de pouvoir d'achat pour tous, un meilleur financement de la santé et des pensions, grâce à une croissance accrue et un chômage réduit, qui est à l'agenda politique ... n'en déplaise à ceux qui cherchent à agiter l'épouvantail de "Martens-Gol".
"Dans la vie politique, il ne faut se préparer à rien et toujours être prêt à tout" (le 15 juin à la RTBF)
Et on s'étonnerait d'être mal gouverné ...
De Standaard m'accorde un long entretien
Je dis à nos compatriotes de Flandre que la priorité doit rester à l'économique et au social. Nous avons une chance historique de faire des réformes (du marché du travail , de l'impôt des sociétés, d'harmonisation européenne de la fiscalité,...) qui entraîneront plus de croissance, plus d'emplois, une meilleure fonction publique,.... Des politiques auxquelles la Flandre tient et qui n'étaient pas toujours possible à cause du PS. Il me semble que, en partie, le discours institutionnel de la Flandre tient au fait qu'elle se sent parfois freinée par le sud du pays. Si on peut désormais - sans le PS - faire ces réformes au fédéral, alors il n'est peut-être pas nécessaire de précipiter l'agenda institutionnel.
Dans l'interview, je réaffirme clairement mon attachement aux droits politiques et culturels des francophones de Flandre et de la "périphérie" (quelle horrible expression!).
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