La liste de Saint-Cyprien
Ecrit par le fils d'un Juif autrichien réfugié en Belgique et mort à Buchenvald en 1945, ce livre retrace l'épisode peu connu de milliers de Juifs (allemands, autrichiens,...) réfugiés dans notre pays, internés par le gouvernement belge dès le 10 mai 40 avant l'occupation allemande, et déportés dans des camps dans le Sud de la France. De là nombre d'entre eux transiteront par Drancy, antichambre des camps d'extermination.
Dans son rapport le CEGES conclut : "persécutés par l'Allemagne, arrêtés par la Belgique, maintenus en détention par Vichy, ces internés constitueront une part importante des 5.835 Juifs de Belgique transférés de France vers Auschwitz. Ils y seront exterminés après avoir connu pendant près de dix ans la persécution, l'exil, l'internement et la déportation".
Un épisode inédit et méconnu de notre histoire que ce livre, comme le rapport du CEGES, contribue à combler.
Lire aussi l'Interview de Maxime Steinberg dans Contact J (avec un dossier sur le rapport du CEGES)
C'est heureux que l'on sache ainsi faire acte de MEMOIRE, par le document et surtout l'image (cfr. ARTE, BBC). Afin que nos jeunes découvrent l'existence de ces faits innommables, qu'ils puissent développer une compréhension des mécanismes cachés. Les acteurs directement concernés par ces faits ont/auraient aujourd'hui entre 85 et 125 ans. Certains d'entre eux belges, français et d'autres eurent de quoi culpabiliser après ce qui se commis alors: de leur médiocre lâcheté à l'atroce violence qui s'ensuivit. Qu'ils brûlent aux enfers!
Les historiens ont une fois de plus parlé. Tâchons d'entretenir positivement le souvenir, surtout de commémorer par le geste, périodiquement. Je sais, Sénateur, que c'est votre cas. Beaucoup vous en savent gré. Hors ces petits groupes d'adolescents et enfants entraînés par de bons professeurs, je regrette toutefois qu'on ait supprimé les commémorations scolaires: jugées surannées ou pire, ringardes?
Au-delà, j'apprécierais toutefois que nombre d'entre nous, adultes mus par le sens civique et conscients de ce passé, s'ACTIVENT à l'égard de ce qui se passe aujourd'hui, plus loin de chez nous. Repensant au cas du DARFOUR et d'autres zones extrêmement sensibles en NOTRE temps, j'observe que la COMMUNAUTE INTERNATIONALE et nos bonnes presses replongent dans une espèce d'indifférence envers ces cas tout aussi graves. L'ONU gesticule; l'UE - hors les discours - reste aussi trop timide dans ses engagements. Imaginons qu'en nombre de victimes on risque de s'approcher bientôt des chiffres effrayants de ces méfaits du nazisme et du communisme: des morts à compter par centaines de milliers... L'exemple inhumain de certains "vieux" fait encore école chez d'autres cultures ou horizons, au nom d'autres ...idéologies!
Là, les pacifistes sont forts aux abonnés absents.
Rédigé par: E. G. Simon | 19 mars 2007 at 13:29
"Qu'ils brûlent aux enfers!" :je me passerais volontier de cette incantion religieuse. Par ailleurs, les choses sont complexes. Cette complexité, le rapport du ceges en fait état. La docilité n'est pas la collaboration.
On ne peut pas mettre dans le même panier les lâches et les boureaux.
Rédigé par: Geoges | 19 mars 2007 at 15:42
En parlant d'atrocités : Arte a consacré la semaine dernière une émission aux prisonniers allemands en Russie ...ce fut pour moi une découverte, j'avais bien entendu parler des pogroms mais beaucoup moins que des camps de concentration. Pourquoi la narration de certains évènements prend-elle le pas sur d'autre ? Mémoire sélective ?
Rédigé par: Manu | 19 mars 2007 at 15:47
Le rapport du Ceges dit : « Cette étude, que nous avons intitulée la Belgique docile se limite au rôle des autorités belges. Les victimes juives, les responsables nazis allemands et belges, et les témoins – la population dans toutes ses composantes – n’ entrent en ligne de compte que lorsque le contexte le nécessite » .
Mais ce titre est équivoque. Je compatis aux malheurs des juifs pendant cette période. Je condamne la traîtrise et l’immobilisme de certaines instances. Mais je refuse de voir amalgamer « Belgique » et « docile ». Je ne peux tolérer de voir passer sous silence les actes de beaucoup de résistants ( mon père, torturé devant moi est mort à Buchenwald) mais combien d’autres ont été les artisans et les martyrs de la résistance active. En leur mémoire et en leur nom, ce qualificatif « docile » est insupportable.
Rédigé par: JMG | 19 mars 2007 at 17:51
Une visite s'imposerait bien au discret Musée de la Résistance (à Anderlecht).
Sinon un tour des geôles du Mémorial de Breendonck.
Enfin un instant de recueillement à l'enclos des fusillés de Liège-Citadelle et de Schaerbeek.
Pour ne citer que des endroits tous proches!
Rédigé par: Robin ému | 19 mars 2007 at 19:25
Je ne crois pas qu'il faille opposer les victimes aux résistants; les deux mémoires se complètent, mais ce que dit le CEGES, c'est que les autorités ont été dociles; ce qui semble inconstestable.
Quand Chirac dit "la France a commis l'irréparable", il vise les autorités mais il emploi le mot France
Rédigé par: Lucaimelesfrites | 20 mars 2007 at 16:44
@Manu
Arte consacre de plus en plus des émissions parlant des atrocités commises par les Russes ...Je crois que pendant longtemps les allemands se sont tus, à cause de leurs propres atrocités. Les autres ont je crois pensé que c'était mérité. Le temps ayant passé, la vérité historique commence à se montrer.
Aurions-nous pleurer, il y a 20 ans, le sort des soldats allemands prisonniers des russes?
Rédigé par: Aline | 21 mars 2007 at 15:54
When we start with elucidating how much our ancestors have wounded each other we have to be aware that we are not able to turn conversely back the history and events and that we live and build up our mutual relations nowadays. Probably, it would be better to remember the best kind, noble deeds of our ancestors, than re-open old wounds paying each other back ad infinitum, won't it?
Rédigé par: Lina | 28 mars 2007 at 09:40